Volcan :

Faible sismicité mais nombreux éboulements au Piton de la Fournaise


Publié / Actualisé
Ce lundi 1er août 2022, l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise a publié son bulletin mensuel pour le mois de juillet 2022. Une faible reprise de l'inflation est observée, témoin d'une pressurisation du réservoir et de sa réalimentation par des magmas plus profonds. En parallèle, de nombreux éboulements ont eu lieu de côté de la Rivière de l'Est. Nous publions ci-dessous le communiqué de l'OVPF.
Ce lundi 1er août 2022, l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise a publié son bulletin mensuel pour le mois de juillet 2022. Une faible reprise de l'inflation est observée, témoin d'une pressurisation du réservoir et de sa réalimentation par des magmas plus profonds. En parallèle, de nombreux éboulements ont eu lieu de côté de la Rivière de l'Est. Nous publions ci-dessous le communiqué de l'OVPF.

Au mois de juillet 2022, l’OVPF-IPGP a enregistré au niveau du massif du Piton de la Fournaise au total :

- 29 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2,5 km au-dessus du niveau de la mer) sous les cratères sommitaux ;
- 2 séismes profonds (en dessous du niveau de la mer) ;
- 1.178 éboulements (dans le Cratère Dolomieu, les remparts de l’Enclos Fouqué et du Piton de Crac, et de la Rivière de
l’Est).

Le mois de juillet 2022 aura été marqué par une faible sismicité au niveau du Piton de la Fournaise avec une moyenne de 1 séisme volcano-tectonique superficiel par jour. La plupart de ces événements ont été localisés sous le cratère Dolomieu.

Le mois de juillet a également été marqué par de nombreux (1.178) éboulements (dans le Cratère Dolomieu, les remparts de l’Enclos Fouqué et au cassé de la Rivière de l’Est). La majorité des effondrements et les plus importants ont lieu dans le secteur du cassé de la Rivière de l’Est. Une reconnaissance aérienne effectuée par la Section Aérienne de Gendarmerie et le PGHM le 25 juillet montre la présence d’un important cône d’éboulis au pied du cassé de la Rivière de l’Est.

- Déformation -

Après la fin de la dernière éruption, le 17 janvier 2022, une légère reprise de l’inflation sommitale a été enregistrée. Celle-ci, après une accélération à la mi-avril, a stoppé à la mi-mai avant de reprendre début juin à un taux relativement faible.

Cette inflation est liée est à une faible mise en pression du réservoir magmatique superficiel localisé à environ 1,5-2 km de pro-fondeur

Suite à l’éruption de décembre 2020, une augmentation continue des émissions de CO2 du sol est enregistrée au niveau des sites distaux (secteurs Plaine des Cafres) mais aussi proximaux (Gîte du volcan). La dernière éruption a eu lieu du 22 décembre 2021 au 17 janvier 2022. A partir du 27 décembre 2021, l'éruption a été associée à une augmentation rapide et sans précédent des émissions de CO2 du sol sur la station proximale du Gîte et à une inversion de tendance sur les stations distales. L'inversion observée sur les stations distales a duré jusqu'au 7 janvier 2022, puis les concentrations sont restés stables sur des valeurs intermédiaires jusqu'à fin janvier.

Sur le site proximal du Gîte, une chute brutale des flux avec des valeurs très faibles de CO2 a été détectée après le 3 janvier 2022. A la fin de l'éruption une nouvelle phase d'augmentation a été enregistrée, mais avec un taux plus faible. Les fortes fluc- tuations observées au cours du mois de février sont certainement liées à des influences environnementales dues à deux évè- nements cycloniques.

Une nouvelle augmentation a été enregistrée à la fois en champ distal et proche à la fin février avec une forte accélération à la mi-mars 2022. Cette phase d’augmentation a durée jusqu’au 5 mai en champ distal et jusqu’au 19 mai en champ proche. A noter que l'analyse isotopique des gaz prélevés à la fois en champ distal (PNRN, Plaine des Palmistes) et en champ proximal montre une augmentation marquée de la contribution magmatique sur la période mars-avril 2022.

- Bilan -

L’inflation qui a repris au mois de juin fut le témoin d’une faible réalimentation et d’une faible pressurisation du réservoir magmatique superficiel par des remontées de fluides profonds.

Ce processus de recharge depuis les profondeurs vers le réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompe, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et à une éruption, mais peut également s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption.

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !