L'association Nature Océan Indien dresse la liste des espèces (actualisé) :

Reptiles et amphibiens : héros ou envahisseurs?


Publié / Actualisé
L'association Nature Océan Indien (NOI) a réalisé des travaux sur les reptiles et les amphibiens (herpétofaune) sur l'île en 2015. Au total, ce sont 16 espèces qui ont été naturalisées à La Réunion. Ces reptiles et amphibiens ont été introduits depuis les autres îles du Sud-Ouest de l'Océan Indien (43%), l'Asie (43%) et l'Afrique (6%). Parmi toutes ces espèces on retrouve les geckos verts, le margouillat blanc ou encore la couleuvre loup appelée couleuvre péi. La Réunion, de par son climat, sa localisation et la diversité de sa population, est le lieu idéal pour l'installation de ces reptiles et amphibiens exotiques. (Photos Association Nature Océan Indien)
L'association Nature Océan Indien (NOI) a réalisé des travaux sur les reptiles et les amphibiens (herpétofaune) sur l'île en 2015. Au total, ce sont 16 espèces qui ont été naturalisées à La Réunion. Ces reptiles et amphibiens ont été introduits depuis les autres îles du Sud-Ouest de l'Océan Indien (43%), l'Asie (43%) et l'Afrique (6%). Parmi toutes ces espèces on retrouve les geckos verts, le margouillat blanc ou encore la couleuvre loup appelée couleuvre péi. La Réunion, de par son climat, sa localisation et la diversité de sa population, est le lieu idéal pour l'installation de ces reptiles et amphibiens exotiques. (Photos Association Nature Océan Indien)

31 % des espèces de reptiles et d’amphibiens ont été introduites volontairement par l’homme sur l’île. Il s’agit soit d’une translocation de lézards depuis Madagascar, soit d’une introduction dans le milieu naturel depuis un élevage ou d’une introduction d’amphibien comme agent de lutte biologique contre les moustiques. Cependant, il faut noter que 56 % des espèces présentes sur l’île ont été involontairement introduites, très souvent par voies maritimes.

La majorité des espèces de l’île vivent dans des habitats modifiés, comme les environnements urbains lâches, denses, dans les fourrés et les boisements secondaires. Les autres espèces vivent dans des habitats naturels indigènes tels que les forêts humides, les forêts demi-sèches, la savane…

Une invasion qui augmente

Les espèces invasives telles que les geckos de Madagascar et la couleuvre loup sont présents sur quasiment toute l’île. " On en a retrouvé une couleuvre au Maïdo à 2200m d’altitude " explique Mickael Sanchez, herpétologue et membre de l’association Nature Océan Indien.

Ces deux espèces mettent particulièrement en péril la faune réunionnaise. " Les geckos de Madagascar entrent en concurrence avec les lézards verts réunionnais et peuvent même les manger ". La couleuvre loup, elle, se nourrit essentiellement de petits reptiles, entrainant leur disparition.

L’association NOI a démontré grâce à des calculs que les espèces qui arrivent à La Réunion et qui s’y acclimatent est d’une sur deux, tous les dix ans. Pour lutter contre ce fléau, l’herpétologue rappelle que des actions existent et doivent être engagées : " On a assez d’espèces à gérer sur place donc il faut éviter que d’autres d’entre elles arrivent ". Il ajoute qu’un protocole de contrôle des bateaux doit être effectués comme en Nouvelle Zélande et en Australie pour restreindre leur invasion.

Geckos indigènes menacés

De plus, il faut noter que certaines espèces vendues à La Réunion se sont naturalisées ailleurs dans le monde et sont parfois considérées comme invasives, par exemple l’iguane. L’association NOI préconise un renforcement de la réglementation concernant les espèces commercialisées bien que deux arrêtés préfectoraux existent déjà dans le département.

Mickael Sanchez explique également que l’association souhaite mettre en place un protocole de biosécurité dans les espaces naturels pour préserver et protéger les lézards verts de Manapany et de Bourbon, des geckos invasifs. " On va tout d’abord procéder à la réhabilitation de l’habitat naturel des deux espèces ", lâche le spécialiste.

Ne pas utiliser de produits chimiques

La deuxième étape consiste en une démarche participative avec les habitants de Manapany les Bains. En effet, ces derniers s’engageront à ne pas couper les plantes utiles au développement des geckos et à ne pas utiliser de produits chimiques. L’association s’engage également à fournir les plantes aux ménages.

Ces actions entrent dans une phase de conservation de la biodiversité réunionnaise, puisque, pour rappel, le gecko vert de Manapany est l'un des derniers reptiles autochtones de l’île. Il apparait sur la liste rouge française des espèces menacées, dans la catégorie " En danger critique d’extinction ".

de/www.ipreunion.com (mis en ligne mercredi 19 juillet 2017 à 3h - actualisé)

   

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