Un nouvel arrêté préfectoral pour préserver les zones indemnes :

Varroa : une ruche peut vivre avec le parasite


Publié / Actualisé
Dès l'apparition du varroa en mai dernier, au sein du rucher sentinelle du lycée Leconte de Lisle, les autorités sanitaires, sous l'égide de la Direction départementale de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt (DAAF) et du Groupement de défense sanitaire (GDS), ont tenté de stopper le phénomène en détruisant les premières ruches infectées par le parasite, porteur du virus de la varoose, qui affecte l'organe des abeilles servant à nourrir leurs larves. La conséquence directe de cet acarien sur les populations d'abeilles est un affaiblissement de leur santé et donc de leur travail, remarquable par une baisse de production de miel. A ce jour, une seule colonie a été trouvée comme malade, tandis que les autres ne comptent que la présence du parasite. Mais les autorités se veulent rassurantes. Oui, les ruches peuvent continuer à vivre avec le varroa, à condition d'être surveillées.
Dès l'apparition du varroa en mai dernier, au sein du rucher sentinelle du lycée Leconte de Lisle, les autorités sanitaires, sous l'égide de la Direction départementale de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt (DAAF) et du Groupement de défense sanitaire (GDS), ont tenté de stopper le phénomène en détruisant les premières ruches infectées par le parasite, porteur du virus de la varoose, qui affecte l'organe des abeilles servant à nourrir leurs larves. La conséquence directe de cet acarien sur les populations d'abeilles est un affaiblissement de leur santé et donc de leur travail, remarquable par une baisse de production de miel. A ce jour, une seule colonie a été trouvée comme malade, tandis que les autres ne comptent que la présence du parasite. Mais les autorités se veulent rassurantes. Oui, les ruches peuvent continuer à vivre avec le varroa, à condition d'être surveillées.

 

Contrairement aux deux arrêtés préfectoraux précédents, interdisant la transhumance des ruches, le troisième, publié en date du 25 juillet 2017 autorise de nouveau le déplacement des colonies sur l’île, sauf vers les cinq lieux déclarés indemnes à ce jour face au varroa. Les trois cirques - Salazie, Cilaos et Mafate - ainsi que le plateau Bébour Bélouve et le site de Grand Bassin au Tampon ne présentent à ce jour aucune trace du parasite.

De plus, les apiculteurs touchés ou non par cet acarien, ont aujourd’hui l’obligation de se déclarer auprès des services de l’Etat, la collecte d’informations sur la population existante d’abeilles à La Réunion étant utile à la formation d’un plan efficace de lutte.

"Ce qui est important pour la lutte et la gestion de cette maladie, c’est que tous les détenteurs de ruchers déclarent dans un premier temps leurs ruches pour que nous puissions repérer où elles sont installées. Egalement, au moment des transhumances, il faut nous signaler les mouvements.

Si les apiculteurs détectent le varroa, il faut que nous sachions quelles sont les ruches touchées et celles non-touchées, ce qui permet d’actualiser en permanence la connaissance sanitaire de la maladie" explique Philippe Sinon, directeur de la DAAF, dans un souci de déculpabilisation des agriculteurs concernés. "Non, on ne détruira pas leurs ruches et ce n'est pas de la fautes des professionnels" rappelle-t-il.

Ce recensement permettra également de faire une expérience inédite pour les services sanitaires, à savoir préserver les zones indemnes, ce qui, de mémoire de la DAAF, n'a pas encore été tenté au niveau national.

- Les ruches peuvent vivre avec le parasite -

Pour l'heure, on estime entre un tiers et deux tiers des colonies touchées par le varroa, sur les 16.000 colonies déclarées à La Réunion. Quelques jours seulement après la découverte du parasite sur l'île, l'éradication, qui s'opère en détruisant les ruches infestées, n'a plus été d'actualité, puisque les autorités sanitaires recensaient une quinzaine de foyers en quelques 72 heures de recherches.

Maintenant, "il conviendra de maintenir le parasite à un niveau acceptable. Un rucher professionnel peut vivre avec le parasite, comme c'est le cas dans beaucoup de territoires et en France notamment, mais il convient par contre de mettre en place des traitements ou des mesures alternatives, toujours dans le but de faire descendre le niveau de parasite", qui doit être maintenu en dessous de 2.000 varroas pour la viabilité de la population d'abeilles, explique Loise de Valicourt, cheffe du service alimentation à la DAAF.

Toutefois, "la ruche peut travailler avec ce parasite et il est possible d'avoir des revenus professionnels avec une ruche infestée" ajoute-t-elle. Les traitements existants s'élèvent à une vingtaine d'euros par année pour chaque ruche traitée, à la charge de l'apiculteur, "qui peut éventuellement être récupérée sur le prix du vente du miel" assure la DAAF.

Le groupement de veille sanitaire s'apprête à monter un dossier pour la demande d'un plan sanitaire d'élevage, qui permettra aux professionnels d'être fourni en médicaments adéquats, pour soigner les ruchers touchées par le varroa, pour ceux qui le souhaitent, car, d'autres apiculteurs, pratiquant la culture bio, ont "décidé de laisser faire".

A noter que l'espèce d'abeille présente à La Réunion, l'est aussi à Madagascar. Après 5 ans d'effondrement des ruches, en raison de d'une infestation par le parasite sur la Grande Ile, il a pu être observé une regénéresence naturelle de l'abeille, qui se défend et s'acclimate seule à la présence de l'acarien. La nature dira si les abeilles réunionnaises sont aussi "hygiéniques" que leurs voisines.

jm/www.ipreunion.com

   

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