L'océan va mal :

En 2017, 95% des tortues marines récupérées par Kélonia ont ingéré du plastique


Publié / Actualisé
Les tortues vont mal. C'est l'inquiétant constat fait par Stéphane Ciccione, directeur de Kélonia, au regard des tortues récupérées par le centre de soin de l'île. Selon les derniers chiffres, 95% des tortues arrivées à Kélonia en 2017 ont ingéré du plastique. En 2010, le centre en recensait 30%. (photo Kelonia)
Les tortues vont mal. C'est l'inquiétant constat fait par Stéphane Ciccione, directeur de Kélonia, au regard des tortues récupérées par le centre de soin de l'île. Selon les derniers chiffres, 95% des tortues arrivées à Kélonia en 2017 ont ingéré du plastique. En 2010, le centre en recensait 30%. (photo Kelonia)

"C'est une évolution alarmante" lâche Stéphane Ciccionne, directeur de Kélonia, l'observatoire et centre de soins des tortues marines à La Réunion. "Entre 2010 et 2017, en même pas 7 ans, le pourcentage de tortues récupérées qui avaient ingéré du plastique est passé de 30% à 95%" explique-t-il.

Pour le directeur, le "plus inquiétant" dans ces chiffres établis tout récemment est "la quantité de déchets plastiques ingérée par chaque tortue marine" : "en 2010, la moyenne était de 35 grammes par tortue, contre plus de 150 grammes en moyenne sur nos derniers chiffres". En majorité, ce sont "des bouchons" qui sont retrouvés, mais le directeur raconte être également "souvent tombé sur des objets bien plus gros et dangereux" : "des fourchettes, des sacs plastiques, des cordages, des hameçons et d'autres bouts de plastiques divers".

- Indicateur de l'état de santé de l'océan -

Le centre de soins de Kélonia, unique dans l’Océan Indien, accueille de plus en plus souvent ces tortues blessées. "On qualifie souvent les tortues marines d'espèces parapluies. Autrement dit, elles sont un bon indicateur pour déterminer l'état de santé de l'océan" développe Stéphane Ciccione. "Quand les tortues marines ingèrent autant de plastiques, et qu'elles sont de plus en plus nombreuses à être touchées, c'est que l'océan va mal" affirme le directeur.

Inquiet, il revient sur une triste scène observée sur une plage de l'île australienne Christmas dans l'océan Indien. Sur cette vidéo qui a fait le tour du monde, un chercheur Taïwanais a filmé les efforts désespérés d'une tortue marine qui tente de recouvrir son nid pour protéger les œufs sur une plage polluée. Pour Stéphane Ciccione, "on observe toujours plus de déchets plastiques sur les plages, en particulier en Asie".

À La Réunion, "les déchets embarquées par les ravines finissent dans la mer ou sur les plages" ce qui pourrait à terme "poser le même problème que sur la vidéo". "Même si sur notre île, les pontes se font beaucoup plus rares que sur d'autres territoires, ces déchets peuvent avoir plusieurs conséquences : d'abord, l'impossibilité de recouvrir ses œufs pour une tortue qui vient de pondre, mais également les déchets peuvent gêner les jeunes tortues lors de leur descente en mer". Il tient toutefois à rappeler que "des réseaux de bénévoles surveillent et nettoyent les plages lors des périodes de ponte de tortue marine" sur le département, ce qui permet "d'éviter des scènes comme sur la vidéo".

- "On a tous un moyen d'agir" -

Pour Stéphane Ciccione, "les choses ont évolué à La Réunion en plus de 30 ans au niveau environnemental". Mais "à un rythme peut-être encore trop lent". Il pointe aussi du doigt "les productions de plastique à des quantités impressionnantes au niveau mondial", en insistant sur "la très faible part de plastique qui est recyclée". "On a tendance à oublier que les déchets plastiques ont une durée de vie supérieure à 50 ans" somme-t-il.

La solution ? "Il y en a plusieurs" énonce le directeur, "on a tous un moyen d'agir". "En premier lieu, acheter moins de plastique, juste le nécessaire". Il invite aussi les Réunionnais "à utiliser le recyclage, en faisant le tri qui plus est sur une île tropicale où tout déchet à l'air libre sera emporté à un moment ou à un autre". S'il note "des progrès dans la gestion des déchets" avec les "collectivités qui valorisent la filière", il persiste selon lui "encore de nombreux comportements légers".

Kélonia s'engage elle aussi dans le respect de l'environnement et ainsi des tortues marines : "160.000 personnes visites le site chaque année, on sensibilise évidemment les visiteurs de tous les jours mais aussi en animant des ateliers pédagogiques à destination des écoliers". Le directeur du centre de soins en est convaincu : "c'est par l'éducation qu'on y arrivera".

hf/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Surpris, Posté
95 % des tortues sont mangées par des requins bouledogues et tigres. Mangeons les requins et interdisons les sacs plastiques !