Condamné à un an de prison ferme :

Mayotte: chargé de surveiller les plages de ponte, il braconne des tortues


Publié / Actualisé
Une mer turquoise, des cocotiers, du sable fin et des coquilles éclatées, des carapaces vides, et des tas d'ossements... Ce triste spectacle semble se répéter sans cesse sur les plages mahoraises. Chaque semaine, des tortues venues pondre tranquillement se retrouvent dans les griffes des braconniers. Et c'est une drôle d'histoire qui s'est jouée la semaine dernière... Un employé du département, chargé de la protection d'une plage a été attrapé, transportant de la viande de deux tortues marines qu'il avait capturées, tuées et découpées. Il a été condamné lundi 27 mai 2019 à de la prison ferme.
Une mer turquoise, des cocotiers, du sable fin et des coquilles éclatées, des carapaces vides, et des tas d'ossements... Ce triste spectacle semble se répéter sans cesse sur les plages mahoraises. Chaque semaine, des tortues venues pondre tranquillement se retrouvent dans les griffes des braconniers. Et c'est une drôle d'histoire qui s'est jouée la semaine dernière... Un employé du département, chargé de la protection d'une plage a été attrapé, transportant de la viande de deux tortues marines qu'il avait capturées, tuées et découpées. Il a été condamné lundi 27 mai 2019 à de la prison ferme.

Surpris en flagrant délit. Sur la plage de Papani (Petite-terre), accompagné d’un complice, l’homme a été filmé en train de capturer deux tortues marines. Ils les ont battues à coups de pied avant de les étourdir et de les dépecer au couteau. Repérés par des agents de l’AFB (Agence Française pour la Biodiversité) ils ont tenté de prendre la fuite à bord de deux pirogues, en prenant soin de charger la viande braconnée. Pris en chasse pas la brigade nautique, ils ont été interceptés quelques minutes plus tard et placé en garde-à-vue.

Récidiviste employé par le Département

L’homme est déjà bien connu… Il avait été condamné en 2009 pour la vente de viande de tortue marine et en 2017, pour détention et transport d’espèce protégée. Pourtant, cet "ex-braconnier" a été embauché pour la garde des tortues sur la plage de Moya en 2018 par le Conseil départemental de Mayotte. "Des anciens braconniers peuvent être employés pour surveiller des plages, cela c’est déjà-vu. Ils connaissent ainsi très bien les techniques et les terrains, le problème c’est que ces personnes n’ont pas de suivi," déplore François-Eli Paute, chargé de mission à l’association Oulanga na Nyamba qui œuvre pour la protection des reptiles.

Le braconnier a été condamné lundi 27 mai a de la prison ferme avec un mandat de dépôt décerné à l’audience. Son complice écope lui d’une peine de six mois de prison avec sursis et 180 heures de travail d’intérêt général. Une victoire pour Oulanga na Nyamba qui s’était portée partie civile aux côtés de l’association One Voice. Les deux hommes devront leur verser solidairement 800 euros de dommages et d’intérêts. "C’est assez exceptionnel, les procès pour des faits de braconnage sont rares. C’est le deuxième de l’année," signale François-Eli Paute.

Si en 2017, la réglementation s'est durcie, la loi reste peu appliquée et seules quatre à six affaires parviennent jusqu'au tribunal chaque année. "Il y a quand même une prise de conscience, la justice réagit. Mais ce sont surtout les "petites mains" d’un réseau bien structuré qui sont attrapées et condamnées," ajoute le chargé de mission de l’association François-Eli Paute.

Lire aussi => A Mayotte, le braconnage des tortues se porte bien

Déjà 57 tortues tuées sur la plage de Papani

D’après des études scientifiques près de 3.000 femelles tortues viennent pondre sur les plages mahoraises tous les ans. Selon le REMMAT (Réseau d’Echouage Mahorais de Mammifères marins et de Tortues marines), elles étaient 230 a avoir été braconnées en 2016, et près de 300 en 2015. En sachant que ce réseau n'échantillonne que la partie visible de l’iceberg…

"Les braconniers se débarrassent généralement des carapaces des tortues dans la mer," détaille François-Eli Paute. Rien que sur la plage de Papani, l’association Oulanga na Nyamba a dénombré depuis janvier 2019 pas moins de 57 cadavres…

Les moyens engagés pour protéger les animaux s’améliorent mais sont toujours insuffisants, selon les associations. Il n’y ainsi que sept agents dédiés à la lutte contre le braconnage. Sept agents pour surveiller une cinquantaine de plages de ponte.

nt/www.ipreunion.com

   

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