[PHOTOS/VIDÉOS] Confinement :

Reprise des adoptions sur les chapeaux de roue à la SPA


Publié / Actualisé
Grâce à l'assouplissement annoncé par le gouvernement mi-avril, les adoptions en refuge peuvent reprendre. Pour la SPA de La Réunion, c'est un vrai soulagement. Les venues des visiteurs se font donc uniquement sur rendez-vous et dans le strict respect des gestes barrières. Mais même sans ouvrir toute la semaine, on observe un véritable engouement pour les adoptions en période de confinement. Cette semaine, la SPA enregistre une trentaine d'adoptions sur deux jours seulement. Une bouffée d'air pour la trésorerie de l'association actuellement en difficulté et un échange donnant donnant permettant à la fois aux adoptants de se sentir moins seuls et aux animaux adoptés de sortir du refuge. Reportage. (Photos mm/www.ipreunion.com)
Grâce à l'assouplissement annoncé par le gouvernement mi-avril, les adoptions en refuge peuvent reprendre. Pour la SPA de La Réunion, c'est un vrai soulagement. Les venues des visiteurs se font donc uniquement sur rendez-vous et dans le strict respect des gestes barrières. Mais même sans ouvrir toute la semaine, on observe un véritable engouement pour les adoptions en période de confinement. Cette semaine, la SPA enregistre une trentaine d'adoptions sur deux jours seulement. Une bouffée d'air pour la trésorerie de l'association actuellement en difficulté et un échange donnant donnant permettant à la fois aux adoptants de se sentir moins seuls et aux animaux adoptés de sortir du refuge. Reportage. (Photos mm/www.ipreunion.com)

Munie d'un masque noué derrière la tête, Chloé passe la porte du bureau pour signer officiellement les papiers d'adoption du petit "Moon". Le jeune chaton mâle, né fin janvier, a trouvé un nouveau foyer.

"Pourquoi je fais ça ? Pour sauver un petit chat…" nous murmure la jeune fille un peu timide. L'adoption, elle y pensait bien avant le confinement. Et ce n'est pas le fait de rester confinée dans son appartement qui lui a fait changer d'avis, bien au contraire. "Autant le faire maintenant", estime-t-elle.

Face à elle, Isabelle, visière fixée au front et qui remplit tous les documents nécessaires avec les conseils qui s'imposent : "veillez à lui donner des croquettes pour chaton, vous reprendrez contact avec nous à la fin du confinement pour caler le rendez-vous vaccination, la stérilisation c'est à partir de 7 mois, pour un mâle ce n'est pas obligatoire mais on vous le conseille fortement, même en appartement…"

Aux pieds de Chloé, le petit chat noir et blanc miaule doucement dans sa cage. Comme lui, les chatons sont particulièrement prisés des visiteurs de la SPA notamment dans ce refuge du Grand Prado à Sainte-Marie. "Notre administrateur a dû ramener 8 chatons du refuge du Tampon ce matin, nous n'en avions plus ici" nous explique Isabelle. Les chats adultes, eux, partent beaucoup plus difficilement.

- Des règles sanitaires strictes -

Depuis le jeudi 16 avril, les adoptions en refuge peuvent reprendre, suite à une décision du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait indiqué que "nos animaux de compagnie ne doivent pas être des "victimes collatérales" du confinement d'où cette "tolérance concernant les déplacements pour l’adoption d’animaux en refuge".

Le refuge du Grand Prado étant fermé, il est nécessaire de prendre d'abord contact avec la SPA après avoir consulté son site internet sur lequel on peut voir les animaux à adopter, chiens comme chats. Avec ces nouvelles modalités, le site est actualisé en continu.

Une fois le chien ou le chat de son choix repéré, il faut contacter la SPA sur les numéros indiqués et prendre rendez-vous. Quand l'animal est réservé, un document est envoyé à la personne, lui permettant de se rendre ensuite au refuge en toute légalité. Cette semaine, deux jours entiers étaient dédiés aux créneaux adoptions, à raison d'une visite toutes les demi-heures environ.

Sur place, une seule personne est autorisée à entrer, le reste de la famille reste à l'extérieur des bureaux. Les box habituels des animaux sont fermés, seuls les animaux "sélectionnés" par les visiteurs sont sortis.

Munis de masques, de gants, de visières, les employés et bénévoles de la SPA gèrent l'accueil et la signature des papiers d'adoption. Bien entendu il est toujours possible que le courant ne passe pas… Dans ce cas, les membres de la SPA présentent d'autres animaux aux visiteurs. Il arrive aussi, comme lors d'une visite classique, que l'on reparte bredouille…

- Passion adoption -

Avec cette procédure et les gestes barrières qui vont avec, la SPA assure la continuité de ses adoptions tout en s'adaptant au confinement. "Sinon on aurait eu des animaux au refuge depuis très longtemps et un manque de ressources financières" explique l'administrateur et trésorier de la SPA, Bertrand Chevallier.

Installé sur un banc à l'entrée des bureaux, il gère le va-et-vient des visiteurs, fiche à la main, téléphone portable dans l'autre (souvent vissé à l'oreille) pour gérer les nombreuses demandes d'adoptions, qui explosent depuis le début du confinement.

"On sent qu'il y a un engouement de la part des gens pour adopter un animal, c'est peut-être lié à la période de confinement qui fait que l'on peut un peu plus s'occuper du chien ou du chat." En deux jours seulement, une trentaine d'adoptions ont été organisées.

Bien entendu, la SPA reste vigilante face aux envies parfois trop "compulsives" d'adopter un animal. "On fait très attention" nous assure Paule, qui travaille habituellement au dispensaire. "On pose des questions sur l'environnement, la motivation de l'adoption, est-ce que ces gens ont déjà des animaux chez eux etc…"

- Donnant donnant -

Parmi les visiteurs, Isabelle observe beaucoup de jeunes et énormément de familles avec enfants. "Il y a parfois une pression des enfants parfois auprès de leurs parents pour avoir un animal de compagnie. Avec le confinement, les parents cèdent peut-être plus facilement. Certaines personnes se sentent seules aussi enfermées chez elles." Quant à l'animal, celui lui permet de trouver une famille. Un rapport donnant donnant.

C'est le cas pour Ophélie qui s'ennuie chez elle, alors que son compagnon travaille. "J'avais un chat siamois avant et j'avais envie d'en retrouver un. J'ai vu sur la page Facebook de la SPA qu'il y avait une femelle siamoise à l'adoption, je me suis dit que c'était l'occasion."

Au moment où Ophélie nous explique ses motivations, Sylvie passe avec la jeune Océane, un petit chaton tigré entre les mains. "Ça fend le coeur, on a envie de tous les prendre !" s'exclame-t-elle. "Ce n'est pas nous qui avons choisi ce petit mâle, c'est lui qui nous a choisi."

Les deux visiteuses ont en effet été menées à la chatonnerie suite à une rencontre peu concluante avec la femelle réservée sur internet. Le petit mâle, lui, n'a pas laissé beaucoup de place à l'hésitation. "Dès que je suis entrée, il est tout de suite venu vers moi" raconte Océane, le petit fauve dans les bras.

- "Bouffée d'oxygène" -

Il faut dire que pour motiver ceux qui ont envie d'adopter, les prix de la SPA sont attractifs : 90 euros pour un chat et 160 euros pour un chien. Pour Frédéric et Corinne, accompagné des deux enfants de Corinne, le choix est difficile. La petite famille s'est autorisée une pause réflexion à l'extérieur des bureaux, dans les jardins. Sur leurs genoux trônent deux petits chiots en train de commencer leur sieste. L'un est couleur chocolat, l'autre beige… mais il faut faire un choix.

"Ça faisait un bout de temps qu'on voulait adopter" nous raconte Frédéric. "En travaillant ce n'est pas facile de trouver le temps. Mais on a aussi appris qu'avec le confinement la SPA était en difficulté. Et puis quand on connaît le prix d'une stérilisation, ici ce n'est pas cher, c'est plutôt un prix symbolique." Le tarif inclut en effet l'identification, la vaccination et la stérilisation.

Ces adoptions permettent à la SPA de respirer à nouveau, Bertrand Chevallier ne le cache pas. Une cagnotte a été lancée dès la mise en place du confinement, qui compte plus de 9.000 euros. En effet, le dispensaire est fermé et le personnel en chômage partiel ce qui représente des pertes importantes. Par ailleurs les stérilisations remboursées par la Cinor pour les foyers non imposables sont toutes stoppées. Et plus aucun chien n'est envoyé en Métropole. "On a estimé la perte à 40.000 euros" indique l'administrateur de l'association. Les adoptions ne vont pas combler le retard mais "c'est une bouffée d'oxygène".

Raison de plus pour notre petite famille de "sauter le pas, et il y a tellement d'errance animale à La Réunion" ajoute Frédéric. Et c'est avec le chiot beige qu'ils repartiront dans leur maison du quartier de La Bretagne. Petit chien que les enfants ont l'air bien décidés à nommer "Macaron".

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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