Installation d'une instance locale de concertation pour le traitement des déchets :

Comment éliminer proprement les ordures


Publié / Actualisé
Mardi 3 octobre 2006 au musée Stella Matutina à Saint-Leu, le préfet Pierre-Henry Maccioni, a inauguré la nouvelle instance locale de concertation pour le traitement des déchets. La cérémonie a eu lieu en présence de représentants de l'ADEME (agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et de la CIVIS (communauté des communes du Sud). Il s'agit d'une unité de réflexion en attendant l'action
Mardi 3 octobre 2006 au musée Stella Matutina à Saint-Leu, le préfet Pierre-Henry Maccioni, a inauguré la nouvelle instance locale de concertation pour le traitement des déchets. La cérémonie a eu lieu en présence de représentants de l'ADEME (agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et de la CIVIS (communauté des communes du Sud). Il s'agit d'une unité de réflexion en attendant l'action
Le problème du traitement des déchets n'est pas nouveau, mais s'il n'est pas traité de manière urgente, il va nous envahir, nous rendre malade, nous empester. Bref, nous gâcher la vie. Car sous l'effet de la croissance démographique et économique, La Réunion produit aujourd'hui 430 000 tonnes de déchets par an, soit deux fois plus qu'il y a 10 ans.
Difficile à contrer, le phénomène doit être accompagné et géré de manière à préserver l'environnement. Mardi à Saint-Leu, l'inauguration d'une instance locale de concertation pour le traitement des déchets visait à poser la première pierre d'une réflexion globale sur la question.

Incinérateurs contestés

Déjà en 2002, la CIVIS avait engagé une étude et des réflexions pour aboutir à une solution de traitement des déchets. Cette démarche s'inscrivait dans le plan départemental d'élimination des déchets prévoyant la réalisation de deux unités de traitement thermique. L'un de ces incinérateurs, d'une capacité de 97 500 tonnes/an, serait opérationnel pour le Nord et l'Est. Le second, d'une capacité de 150 000 tonnes/an, recevrait les déchets du Sud et de l'Ouest.
Mais la forte opposition au projet d'incinérateur a conduit les élus de la CIVIS à demander la création d'une commission locale d'information et de surveillance. Et pour élargir encore la discussion, le ministre de l'outre-mer, François Baroin, a souhaité la création d'une instance locale de concertation", lieu d'échanges et de débats.
C'est chose faite depuis ce mardi

Solution disponible au mieux en 2011

Cette instance, l'ILC est composée des collectivités territoriales (structures compétentes pour la collecte et le traitement des déchets) et des services de l'État (qui assurent le contrôle des installations et l'accompagnement financier des projets). Les organismes socioprofessionnels, les entreprises exploitant ou utilisant les équipements, les associations de défense de l'environnement et les organismes spécialisés sont également représentés. L'ILC n'a pas vocation à voter quelque motion que ce soit. Il s'agit simplement d'une instance d'information, la prise de décision revenant aux élus compétents.
Mais si la concertation est fondamentale, la décision ne peut attendre longtemps. Car il faut environ 5 ans environ pour conduire un projet. La solution serait donc disponible au mieux en 2011, année de la saturation des centres d'enfouissement de la Rivière Saint-Étienne et de Sainte-Suzanne. "Le
statu quo laisserait donc sans aucune solution une politique publique essentielle pour le quotidien de La Réunion et des Réunionnais qui pourraient alors légitimement nous en faire le reproche", a estimé Pierre-Henry Maccioni.

Enjeux évidents

Il apparaît que dans l'île, les équipements restent insuffisants et les objectifs du "plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés" approuvé en 1996 et révisé en 2002 n'ont pas été respectés. Les deux centres de stockage des déchets arrivent à saturation en 2011 sans que de nouvelles unités d'incinération n'aient été lancées.
Pourtant, les enjeux sont évidents : environnementaux bien sûr, mais aussi touristiques, économiques et sanitaires comme en témoignent l'épidémie de chikungunya mais aussi la progression inquiétante du nombre de cas de leptospirose.
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !