La première distillerie de fruits tropicaux d'Europe :

La "Part des anges" distille les arômes de la Réunion


Publié / Actualisé
La part des anges, c'est le nom donné à l'évaporation des alcools qu'on fait vieillir en fût... Mais c'est aussi le nom d'une nouvelle entreprise implantée avec l'accompagnement de l'Agence de développement (AD) sur la ZAC de Vue Belle (la Saline les Hauts) née de l'envie d'un couple, elle, ancienne sommelière, lui, ancien informaticien héritier de plusieurs générations de distillateurs d'Aquitaine. A eux deux, ils allient nez, patience, traditions et technologie pour donner le jour à la Réunion à la première distillerie de fruits tropicaux légale en Europe. Un alambic en cuivre et à clavier numérique, leur permet de revisiter des produits anciens avec les saveurs tropicales.
La part des anges, c'est le nom donné à l'évaporation des alcools qu'on fait vieillir en fût... Mais c'est aussi le nom d'une nouvelle entreprise implantée avec l'accompagnement de l'Agence de développement (AD) sur la ZAC de Vue Belle (la Saline les Hauts) née de l'envie d'un couple, elle, ancienne sommelière, lui, ancien informaticien héritier de plusieurs générations de distillateurs d'Aquitaine. A eux deux, ils allient nez, patience, traditions et technologie pour donner le jour à la Réunion à la première distillerie de fruits tropicaux légale en Europe. Un alambic en cuivre et à clavier numérique, leur permet de revisiter des produits anciens avec les saveurs tropicales.
Céline et Ludovic Maufras ont ouvert les portes de leur atelier La Part des Anges. Lui, issu d'une famille de distillateurs d'Aquitaine, elle ancienne sommelière, ils ont déposé leurs bagages à La Réunion voilà 15 ans. Ils avaient la possibilité de reprendre la distillerie familiale en métropole ; mais l'attachement à La Réunion et la tentation de créer ce qui ne semblait n'exister nulle part ailleurs au monde - de façon légale tout du moins - pour valoriser les fruits tropicaux réunionnais a été la plus forte.

Située dans les ateliers de la ZAE, zone d'activité économique de Vue Belle, l'entreprise a trouvé l'implantation rêvée pour son activité : "il nous fallait de l'espace en quantité suffisante pour entreposer notre alambic et nos 8 cuves de fermentation, stocker nos produits avant leur commercialisation, avec bien sûr un coût du mètre carré raisonnable, avoir un approvisionnement en électricité adapté à nos pics de consommation, un lieu où on puisse faire de la transformation
agroalimentaire, ce n'était pas gagné", explique Ludovic Maufras qui poursuit : "c'est vraiment l'Agence de Développement qui nous a accompagnés dans ce parcours de combattant pour nous permettre d'être éligible à l'obtention de ce local, après le passage devant plusieurs commissions, au TCO, à la Mairie de Saint-Paul, à la Région".

Le métier de distillateur exige deux qualités, qui sont aussi des compétences : de la patience et un odorat aiguisé. Avant de mettre l'eau de vie en bouteille, il faut être très patient et avoir du nez pour être dans les vergers, choisir les fruits, ramasser les fruits ; il faut continuer à être patient pour les laisser fermenter, puis les distiller, et toujours être patient pour laisser reposer, et dans chacune de ces étapes, mettre son nez à l'épreuve.

"Nous avons choisi de fabriquer un produit haut de gamme, destiné au marché local et à l'export, explique Céline Maufras. On ne fait que des alcools de haute qualité (coeur de chauffe), qui se dégustent en toute petite quantité, il n'y a pas d'incitation à consommer de l'alcool".

Il a fallu deux années pour mettre en oeuvre le projet. Quant à la construction de l'alambic, elle a duré presque un an, avec des calculs sur la puissance électrique nécessaire et mobilisable. Cet alambic est le fruit du mariage de savoir faire
traditionnels transmis de génération en génération et des technologies les plus modernes. Le tout a mobilisé un maître distillateur autrichien, un ferronnier allemand, un électricien allemand, et les compétences informatiques de Ludovic Maufras pour la partie modélisation et le clavier numérique.

Un prix accordé par une radio locale avec une banque partenaire a permis au couple de financer une étude de marché. Globalement, au-delà des investissements nécessaires pour la conception et la fabrication de l'alambic et l'achat des cuves, le business plan a très vite fait apparaître des besoins importants en trésorerie pour payer les cautions douanières.

C'est d'ailleurs au contact des douanes que le couple vérifie l'originalité de leur concept : les eaux de vie sont des produits qui font l'objet d'une classification très rigoureuse. Or, aucune classification ne prévoyait les eaux de vie de fruits tropicaux. Cela n'existe ni en France, ni en Europe, et visiblement nulle part au monde, assure l'Agence de développement. "Les douanes ont été nos partenaires pour combler ce vide et nous devons dire combien ce dialogue, conduit avec l'appui de l'AD, fut constructif pour trouver des solutions" commentent les deux chefs d'entreprise.

Aujourd'hui, la Part des anges commercialise ses eaux de vie de banane et d'ananas dans le réseau des cavistes et des épiceries fines de La Réunion. Les expérimentations actuellement en cours permettront de mettre sur le marché les eaux de vie de goyavier, de tangor, de mangue et de gingembre. Pour le letchi, il faudra encore attendre, car "la mauvaise saison passée n'a pas permis de réaliser les tests nécessaires" indiquent les gérants. Suivra également une eau de vie de jamblon. "Si le marché local est évidemment ciblé, tous les espoirs sont mis sur l'export pour mettre en avant les fruits tropicaux réunionnais" conclut le couple Maufras.
   

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