Comité solidarité Chagos La Réunion :

"Le parc marin créé pour bafouer les droits des Chagossiens"


Publié / Actualisé
Dans un communiqué publié ce vendredi 17 décembre 2010, le comité solidarité Chagos La Réunion rappelle que le site Wikileaks a publié des documents indiquant que la Grande Bretagne a créé un parc matin aux Chagos pour empêcher tout retour des Chagossiens sur leur archipel et ainsi permettre aux Américains d'installer une base militaire de Diégo Garcia. Nous publions ce communiqué ci-après.
Dans un communiqué publié ce vendredi 17 décembre 2010, le comité solidarité Chagos La Réunion rappelle que le site Wikileaks a publié des documents indiquant que la Grande Bretagne a créé un parc matin aux Chagos pour empêcher tout retour des Chagossiens sur leur archipel et ainsi permettre aux Américains d'installer une base militaire de Diégo Garcia. Nous publions ce communiqué ci-après.
"Les documents publiés par Wikileaks à propos des Chagos ne constituent pas à proprement parler des "révélations" sur la politique menée par Londres et Washington depuis près de 50 ans à l'encontre du peuple chagossien. Cette politique d'agression est depuis longtemps connue et analysée. Ils ont le mérite de confirmer le pire de ce que l'on savait déjà sur la violation systématique des droits des Chagossiens par ces deux grandes puissances occidentales. Et ils le confirment de la façon la plus accablante, sous la forme d'aveux écrits de la main même des auteurs de ces crimes.

Que confirment donc ces documents? D'abord ils enracinent le "crime originel" dans une géo-stratégie militaire impérialiste dans l'océan Indien. Le peuple des Chagos n'a pas pesé lourd face à la volonté toute-puissante des Etats-Unis, servie par son allié britannique, de créer une fois le vide réalisé une gigantesque base militaire à Diego Garcia. Une base où les Américains, en violation des traités internationaux, ont stocké des bombes à sous-munitions, contenant chacune plusieurs centaines de mini-bombes, qui se dispersent sur un vaste périmètre et ont les effets meurtriers de mines anti-personnelles.

Que confirment encore les câbles secrets de la diplomatie américaine? Ils soulignent la persistance dans le crime et l'acharnement mis jusqu'à aujourd'hui à interdire tout retour des Chagossiens dans leur pays natal. C'est ce qui se cache derrière la création sans concertation par le gouvernement britannique d'un Parc marin aux îles Chagos. Cette "zone marine protégée", affichée comme un souci de préserver faune et flore (tout en maintenant la base hyper-polluante de Diego Garcia !), n'est qu'un cynique subterfuge pour empêcher les natifs de ces lieux de s'y réinstaller. Le subterfuge est éventé, les "éco-impérialistes" sont pris la main dans le sac, et l'aveu suscite la colère. Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos, l'a dit avec force le 2 décembre dernier : "Le parc marin aux Chagos a été créé pour bafouer les droits fondamentaux des Chagossiens".

Un élément clé surnage dans la masse des documents dévoilés par Wikileaks. C'est cette affirmation des Britanniques qu'ils n'ont jamais regretté, et qu'ils ne regrettent toujours pas, d'avoir déporté la population chagossienne. Cette absence de toute remise en question de leur politique d'agression et de domination des peuples est le fil d'une histoire qui relie le complot ourdi dès le début des années 60 au Parc marin d'aujourd'hui. Une histoire faite des souffrances et des humiliations endurées par les Chagossiens (voir la lettre que Rita Bancoult, 85 ans, vient d'adresser au haut-commissaire britannique à Maurice, M. Nick Leake, à fins de transmission au Premier Ministre de Grande-Bretagne).

Avec Olivier Bancoult, les Chagossiens se battent d'une façon admirable pour faire reconnaître et faire appliquer leur droit au retour sur leur terre natale. La prochaine étape décisive n'est autre que le procès devant la Cour européenne des droits de l'homme intenté au gouvernement britannique, qui doit avoir lieu dans les tout prochains mois. Olivier Bancoult a déjà joint au dossier les éléments sortis du secret par Wikileaks.

Le Comité Solidarité Chagos La Réunion milite pour que les Chagossiens puissent retourner sur leur terre d'origine et bénéficier de toute l'aide nécessaire pour la réussite de leur réinstallation.

Le Comité Solidarité Chagos La Réunion entend poursuivre son action pour informer l'opinion réunionnaise sur le drame chagossien et lui faire prendre toujours mieux conscience de l'ampleur du crime commis contre ce peuple frère de l'océan Indien. Au-delà de notre île, le C.S.C.R. souhaite contribuer à une coordination des solidarités qui existent et se développent sur la scène internationale".

Comité Solidarité Chagos La Réunion

(Soutien financier par chèque à l'ordre de : C.S.C.R.
à adresser à : CSCR c/o M. Alain Dreneau
6 place la Folette 97420 Le Port)
   

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