Réforme de la dépendance :

Le Conseil général inquiet des projets gouvernementaux


Publié / Actualisé
Lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 16 février 2011, la présidente du Conseil général, Nassimah Dindar s'est inquiétée des propositions gouvernementales en matière de dépendance. Dans l'île, l'instauration du recours sur succession pour les personnes bénéficiant de l'aide personnalisée à l'autonomie (APA) augmenterait leur précarité.
Lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 16 février 2011, la présidente du Conseil général, Nassimah Dindar s'est inquiétée des propositions gouvernementales en matière de dépendance. Dans l'île, l'instauration du recours sur succession pour les personnes bénéficiant de l'aide personnalisée à l'autonomie (APA) augmenterait leur précarité.
" Si on touche l'allocation personnalisée d'autonomie pendant 6 ans, le bien de 100 000 euros y passe ", explique Nassimah Dindar, en réponse aux récentes propositions gouvernementales en matière de dépendance. Sur le sujet, les rapports des députés Rosso Debord et Vasselle préconisent respectivement, un seuil de 100 000 et 150 000 euros de patrimoine au delà duquel pourrait être appliqué un recours sur succession aux personnes ayant bénéficié de l'APA. Cette allocation de solidarité est versée à 12 152 personnes dans l'île.

Si ces mesures restent à l'état de proposition, Nassimah Dindar verrait ce seuil plutôt aux alentours de 300 000 à 400 000 euros pour éviter de déposséder des familles déjà pauvres. Car quand les familles sont propriétaires, c'est souvent de petites cases, qui avec la flambée des prix de l'immobilier, ont dépassé les 100 000 euros. L'application de ces propositions pourraient aussi inciter les personnes éligibles à renoncer aux allocations pour conserver leur bien. Et augmenter leur précarité, toujours selon le Conseil général. "Les données de l'Hexagone ne sont pas les mêmes qu'à la Réunion", souligne Nassimah Dindar.

Autre piste envisagée par le gouvernement : le recours à une assurance privée pour la prise en charge de la dépendance. Une proposition que rejette également l'institution même si " le Conseil Général paie une grande partie des mesures de prise en charge de la dépendance ", a indiqué sa présidente.

A la Réunion, 10 fois plus de personnes âgées se trouvent dans la précarité, en comparaison avec la Métropole. Sur 1000 personnes âgées de 60 ans et plus, 49 touchent l'allocation de solidarité en métropole, contre 422 à la Réunion. Une prévalence de la dépendance plus forte mais aussi, une entrée dans la dépendance plus précoce tandis que la croissance de la population vieillissante attendue est plus rapide qu'en métropole. Selon l'INSEE, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans devrait doubler d'ici 2030 pour atteindre 250 000 personnes.

Marine Veith pour
   

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