Fouilles archéologiques :

L'île de Tromelin dévoile ses derniers secrets


Publié / Actualisé
La quatrième campagne de fouilles archéologiques sur l'île de Tromelin a pris fin ce vendredi 4 octobre 2013. Neuf archéologues étaient partis le 20 août dernier vers cette île française au nord de la Réunion. Dans la continuité des missions des années précédentes, les chercheurs ont découvert les conditions de survie des esclaves à bord de l'Utile, cette flûte de la Compagnie des Indes Orientales naufragée en 1761.
La quatrième campagne de fouilles archéologiques sur l'île de Tromelin a pris fin ce vendredi 4 octobre 2013. Neuf archéologues étaient partis le 20 août dernier vers cette île française au nord de la Réunion. Dans la continuité des missions des années précédentes, les chercheurs ont découvert les conditions de survie des esclaves à bord de l'Utile, cette flûte de la Compagnie des Indes Orientales naufragée en 1761.

Perdue au milieu de l’océan Indien, l’île de Tromelin n’est pas qu’un territoire français revendiqué par l’île Maurice. Au milieu du 18ème siècle, en 1761, le territoire a été le témoin d’un terrible drame. L’Utile, emmenée par le capitaine Jean de Lafargue, transportait une cargaison d’esclaves malgaches vers l’île de France. Les négriers se sont sauvés sur un bateau de fortune, abandonnant leurs captifs sur l’île déserte. Au final, 81 d'entre eux mourront. Seuls sept femmes et un enfant de quelques mois arriveront à survivre. 15 ans plus tard, c’est le chevalier de Tromelin qui recueillera ces survivants et donnera son nom à l’îlot.

Aujourd’hui, ces conditions de survie sont le centre des recherches des archéologues. La mission de 2006 a permis de découvrir l’épave du navire, l’habitat des esclaves et le four dont ils se servaient. L’expédition de 2008 a été l’occasion de mettre à jour les bâtiments, de retrouver un mobilier archéologique ainsi que des ossements humains. De cette deuxième fouille, les chercheurs ont compris l’organisation des esclaves et leurs techniques de construction. La troisième session de fouille a été le théâtre de la mise à jour de trois nouveaux bâtiments ainsi que de nombreux outils, dont des briquets.

La quatrième recherche s’est achevée ce vendredi 4 octobre, après 45 jours passés sur île. Neuf archéologues de différentes nationalités avaient pour objectif de mieux comprendre les conditions de survie matériellement, mais aussi psychologiquement et socialement. Cette année, les recherches ont permis de terminer l’étude de l’ensemble de l’habitat. De nombreux nouveaux outils ont été découverts dans cette nouvelle campagne. 150 mètres carrés ont été fouillés à la main, et 200 mètres carrés par une mini-pelle mécanique. La totalité des vestiges archéologiques accessibles a été explorée. Le travail de terrain est aujourd’hui terminé. Place à l’étude, à la conservation et à la restitution des découvertes.

Les campagnes de fouilles ont été réalisées par le groupe de recherche en archéologie navale, l’institut national de recherches archéologiques préventives, et sous l’autorité de la collectivité des terres australes et antarctiques françaises.

   

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