Assemblée nationale - Une résolution sur les enfants de la Creuse bientôt votée :

E.Bareigts: "un devoir de mémoire pour les générations qui viennent "


Publié / Actualisé
Après l'avoir fait adopté par le groupe socialiste républicain et citoyen (SRC) mardi dernier, la députée Ericka Bareigts soumettra au vote dans le courant du mois de février une proposition de résolution relative aux 1630 enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960-1970, notamment vers la Creuse. Pour la députée, ce texte est une "première" et a une "valeur historique" car il contribuera à "faire reconnaître ce passé douloureux". "Je souhaite faire un devoir de mémoire pour les générations qui viennent", a-t-elle déclaré
Après l'avoir fait adopté par le groupe socialiste républicain et citoyen (SRC) mardi dernier, la députée Ericka Bareigts soumettra au vote dans le courant du mois de février une proposition de résolution relative aux 1630 enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960-1970, notamment vers la Creuse. Pour la députée, ce texte est une "première" et a une "valeur historique" car il contribuera à "faire reconnaître ce passé douloureux". "Je souhaite faire un devoir de mémoire pour les générations qui viennent", a-t-elle déclaré

Co-signée par quelques députés ultramarins mais aussi métropolitains, la résolution propose que "la connaissance historique de cette affaire soit approfondie et diffusée" et que "tout soit mis en œuvre pour permettre aux ex-pupilles de reconstituer leur histoire personnelle" et considère également que "l’État a manqué à sa responsabilité morale envers ces pupilles". "Réparer ce qui est possible de réparer, voilà tout le sens de cette résolution", a ainsi expliqué, ce vendredi, Ericka Bareigts.

Sur le parvis des droits de l’Homme à Champ Fleuri (Saint-Denis), entourée de responsables associatifs, cette dernière a pointé du doigt une "affaire politique", car dit-elle, "il y a eu, à l’époque, une volonté, basée sur un problème démographique, de vidanger La Réunion d’une partie de ses enfants". Des enfants "pauvres", a-t-elle souligné. "Aucun enfant ne peut se constituer, se construire, s’épanouir, sans avoir la mémoire de son origine, de son lien culturel", a ajouté Ericka Bareigts, notant qu’elle souhaite faire un "devoir de mémoire pour les générations qui viennent".

"L’histoire des enfants de la Creuse, c’est celle de la France mais aussi des Réunionnais. Cette résolution qui va être votée à l’assemblée nationale est exceptionnelle. Dans l’avenir, nous souhaitons que cette histoire ne se reproduira plus dans n’importe quel pays", a indiqué Jean-Philippe Jean-Marie, président de l’association Rasinn an ler. "Ce combat est important pour nous. Nous devons faire tout notre possible pour que tous ceux qui sont restés en métropole puissent venir au moins une fois dans leur île natale", commente, pour sa part, Valérie Andonson, trésorière de l’association.

La résolution sera soumise au vote à l’assemblée nationale d’ici la fin février.

www.ipreunion.com

 

   

1 Commentaire(s)

J.Claude Barret MAR/LPLP, Posté
« Cette épisode de l’histoire de la Réunion qui est aussi une histoire de la France, doit être diffusée », estime Ericka Bareigt, bien sûr Madame que cette tragique histoire qui remonte un peu plus que les autres doit être porté à la connaissance des nouvelles générations, la déportation deces 1630 enfants résulte d’une volonté politique – de tous les gouvernements français, depuis Debré avec son BUMIDOM et le gouvernement socialiste de 1981 avec son ANT, baptisé par certains concernés, Agence Nationale de la traite. Ainsi à partir des années 60, des milliers de filles et de fils de la Réunion ont subit cette politique de déportation sous le prétexte de résoudre le problème de l’emploi et du logement. Aujourd’hui, plus de 200 000 réunionnais vivent, travaillent et chôment en France. Il y a toujours 170 000 chômeurs inscrits au Pôle Emploi, plus de 25000 foyers attendent depuis des deccenies un logement décent. Pour le même phénomène, de remplacement de population par de blanvenus, Aimé Césaire employa le mot « génocide par susbtitution ». La même chose se produit à la Réunion, « nos » blanvenus qui pointent rarement à Pôle emploi, s’installent massivement au détriment des travailleurs de la Réunion qui doivent continuer de s’expatrier, le CNARM remplace le BUMIDOM, les cargos bétaillères aériens remplacent les bateaux négriers d’antan.