Assemblée nationale :

Leucose bovine : George Pau-Langevin répond à Huguette Bello et annonce un plan d'action


Publié / Actualisé
Ce mardi 21 octobre 2014, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale la députée Huguette Bello a interpellé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur la "surmortalité inquiétante enregistrée dans les cheptels laitiers de La Réunion", évoquant " un maladie (...) très contagieuse, la leucose bovine enzootique". C'est la ministre des Outre-mer George-Pau Langevin qui lui a répondu, annonçant le lancement d'un "plan d'action global" visant notamment à "connaître précisément la situation épidémiologique" et à "définir les conditions d'éradication de la maladie".
Ce mardi 21 octobre 2014, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale la députée Huguette Bello a interpellé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur la "surmortalité inquiétante enregistrée dans les cheptels laitiers de La Réunion", évoquant " un maladie (...) très contagieuse, la leucose bovine enzootique". C'est la ministre des Outre-mer George-Pau Langevin qui lui a répondu, annonçant le lancement d'un "plan d'action global" visant notamment à "connaître précisément la situation épidémiologique" et à "définir les conditions d'éradication de la maladie".
  • La question de la députée Huguette Bello :

" Ma question s’adresse à M. Le ministre de l’Agriculture. Elle porte sur la surmortalité inquiétante enregistrée dans les cheptels laitiers de La Réunion. Selon une récente expertise, la cause principale se trouverait dans une maladie, non transmissible aux hommes, mais très contagieuse, la leucose bovine enzootique.

Alors qu’il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire et que, depuis 1990, les cheptels font l’objet, en France et dans l’Union européenne, de mesures de dépistage et de plans d’assainissement, La Réunion est restée à l’écart de toutes ces précautions, à l’exception d’un éphémère plan d’éradication en 2002.

Résultat : 70% du cheptel laitier est atteint. Des éleveurs sont ruinés et ont dû abandonner leur activité. La production laitière a chuté.

Inédite, cette absence durable de dépistage de la leucose bovine reposerait sur des dérogations successives. La dernière a été renouvelée en 2007 sous la forme d’une simple lettre émanant de la Direction en charge de la santé et de la protection animales du ministère de l’Agriculture. Cette dérogation est toujours en vigueur bien qu’aucun texte réglementaire ne soit venu la valider.

Sans doute la crainte que trop de bêtes ne soient abattues explique-t-elle que la leucose bovine n’ait jamais été combattue à La Réunion. Cependant, l’ensemble de la filière laitière a fini par être fragilisé. Un grand nombre d’élevages sont en difficulté ou, pire, ont déjà disparu.

Pourtant les éleveurs, qui supportent seuls les conséquences de ces décisions, sont disposés à relancer l’activité laitière pour peu que des mesures appropriées les accompagnent dans cette sortie de crise sanitaire.

Quelles décisions le gouvernement va-t-il prendre pour que La Réunion ne soit plus le seul territoire de l’Union européenne où la leucose bovine ne fasse pas l’objet d’un contrôle obligatoire et systématique ? "

 

  • La réponse de la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin :

" Je vous remercie pour votre question, qui traite  de la situation sanitaire préoccupante de nombreux élevages laitiers à La Réunion, situation qui soulève de vraies questions en termes de viabilité du secteur de l’élevage sur l’île.

Parmi les difficultés auxquelles sont confrontées les éleveurs, il y a celle de la prévalence de la leucose bovine,  une maladie d’évolution lente, qui n’est pas comme l’avez souligné transmissible à l’homme.

Plusieurs études scientifiques et expertises menées successivement par le Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux (CGAAER), par l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, de l’environnement et du travail (ANSES), le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Institut de l’élevage et la DAAF, ont conclu que les surmortalités observées n’étaient pas uniquement imputables à cette maladie et ont recommandé un meilleur encadrement technique des éleveurs dans le domaine des bonnes pratiques d’élevage.

Ainsi, cette maladie, dont la prévalence est assez mal connue à La Réunion n’est visiblement pas à l’origine de l’ensemble des problèmes sanitaires rencontrés par les éleveurs de l’île.

Par conséquent, un plan d’action global va être engagé, avec un triple objectif :

- Connaître précisément la situation épidémiologique

- Définir les conditions d’éradication de la maladie

- Préciser les mesures techniques et financières mobilisables au bénéfice des éleveurs dans ce contexte.

Enfin, je tiens à ajouter que le 6 novembre prochain, le directeur général de l’alimentation se rendra à La Réunion. A cette occasion, il est prévu un échange avec les professionnels et les services de l’Etat à ce sujet.

Le gouvernement est mobilisé pour répondre à cette difficulté le plus efficacement possible, et l’ANSES sera saisie pour apporter l’appui scientifique nécessaire. "

   

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