La Société industrielle de Bourbon a licencié 29 personnes :

La galère des ex-SIB, deux ans après la fermeture de l'usine portoise


Publié / Actualisé
"On nous a oubliés". Deux ans après la fermeture de la Société Industrielle de Bourbon (SIB), c'est le sentiment de Jocelyn Rivière, ex-délégué syndical. Malgré les promesses de reclassement faites aux 29 personnes qui travaillaient dans cette usine du Port, propriété du groupe américain Colgate-Palmolive, seules cinq employés ont décroché un CDI, et deux sont en CDD. Les autres n'ont toujours pas retrouvé d'emploi(photo archives)
"On nous a oubliés". Deux ans après la fermeture de la Société Industrielle de Bourbon (SIB), c'est le sentiment de Jocelyn Rivière, ex-délégué syndical. Malgré les promesses de reclassement faites aux 29 personnes qui travaillaient dans cette usine du Port, propriété du groupe américain Colgate-Palmolive, seules cinq employés ont décroché un CDI, et deux sont en CDD. Les autres n'ont toujours pas retrouvé d'emploi(photo archives)

“Pourtant, il y en a eu des gens qui ont défilé pour nous dire qu’ils ne nous laisseraient pas tomber. On a tous bénéficié d’un congé de reclassement de dix mois et du suivi d’un cabinet de consultants, qui devaient soit disant nous assurer de retrouver un emploi. Mais aujourd’hui, la vérité c’est qu’il y a encore 22 bonhommes qui galèrent, dans l’indifférence générale”, déplore Jocelyn Rivière.

L’ex-délégué syndical continue de prendre des nouvelles de ses “camarades”. Quatre ex-SIB ont ainsi été embauchés par le repreneur du site du Port, le groupe Marbour, via sa filiale Logysma. Dans son plan de reprise, datant de fin 2014, Marbour s’était pourtant engagé à embaucher neuf salariés (cinq salariés au moment de la reprise, puis quatre l’année suivante) et à tenter des reclassements dans les autres filiales du groupe (Edena, Soboriz...).

Mais la majorité des salariés pointe à Pôle emploi.  “L’un d’entre eux est parti à la retraite, un autre s’en rapproche, et puis on est quatre à avoir entamé une démarche de création d’entreprise”, énumère Jocelyn Rivière. Après des années à travailler au sein de l’usine de production de produits d’entretien, il a choisi de changer carrément de voie, et s’est lancé dans la création d’un écolodge sur Saint-Leu.

"On ne fait pas le poids face à des jeunes diplômés"

“C’est pas facile tous les jours, mais on se dit qu’il faut rebondir, souffle-t-il. Le problème, c’est qu’on a quasiment tous la cinquantaine et qu’on travaillait à la chaine sur des machines vieillotes. On a vieilli avec ces machines et on avait pas de formations pour rester à la page. Du coup, on ne fait pas le poids face à des jeunes diplômés”.

Même deux ans après le licenciement des 29 salariés de l’usine de production de produits d’entretiens, l’ex-délégué syndical garde une dent contre Colgate. “Aujourd’hui encore, ça me reste en travers de la gorge. Ce que je retiens, c’est que cette fermeture n’était pas logique. Je crois que j’aurais pu tourner la page si l’usine avait fermé à cause de vrais problèmes économiques, mais on sait tous qu’il y avait encore de l’argent”.

Les difficultés économiques, c’est pourtant la raison invoquée par Colgate-Palmolive pour justifier la fermeture de l’usine, annoncée en novembre 2013 et effective en avril 2014. “Foutaises” pour Jocelyn Rivière, qui rappelle qu’à peine un mois après la fermeture, les salariés avaient reçu une prime de participation de 2000 euros.

En juillet 2014, même la direction du travail semblait ne pas croire aux difficultés évoquées par le groupe américain. L’inspection du travail avait ainsi annulé le licenciement de cinq délégués syndicaux de la SIB, en indiquant que “le motif économique n'était pas constitué”, au vu notamment des bénéfices du groupe Colgate-Palmolive- ils atteignaient 4 milliards! Le ministère du travail a finalement validé le licenciement six mois plus tard.

"Je me souviendrai toujours des paroles de la direction quand on nous a annoncé la fermeture de l'usine : "Le conseil qu'on vous donne c'est de signer, parce que vous allez vous faire écraser". Malheureusement, ils avaient raison", conclut Jocelyn Rivière.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Run, Posté
Jamais un chez d'entreprise n'embauchera un ex Sib. Pas une question de diplôme mais de mentalité. Cette boite était gangrénée de conflits sociaux larvés. Les syndicats sont complètement responsables a commencer par leur délégué SIB qui a tranquillement dégouté les américains .......