Dispositif de lutte contre les feux de forêt :

La Réunion quadrillée pour empêcher les incendies


Publié / Actualisé
En présence du Préfet et des différents acteurs impliqués dans le dispositif, la réunion de présentation du plan de lutte contre les feux de forêt pour la saison 2016 s'est tenue ce vendredi 7 octobre 2016. Au lendemain de l'arrivée du Dash-8 (avion bombardier d'eau) dans la région, les pompiers, le Département, les forces de l'ordre, Météo France, le Parc National, l'Office national des forêts et la DAAF ont fait le point sur le dispositif renforcé mis en place. Plusieurs millions d'euros sont alloués à la lutte contre les feux de forêt.
En présence du Préfet et des différents acteurs impliqués dans le dispositif, la réunion de présentation du plan de lutte contre les feux de forêt pour la saison 2016 s'est tenue ce vendredi 7 octobre 2016. Au lendemain de l'arrivée du Dash-8 (avion bombardier d'eau) dans la région, les pompiers, le Département, les forces de l'ordre, Météo France, le Parc National, l'Office national des forêts et la DAAF ont fait le point sur le dispositif renforcé mis en place. Plusieurs millions d'euros sont alloués à la lutte contre les feux de forêt.

Il a été reconduit parce qu'il est nécessaire. En 2015, 198 hectares de végétations sont partis en fumée, issus de 262 départs de feu. Le dernier important incendie date de quelques jours, ravageant 70 hectares de végétation du côté de la Montagne (Saint-Denis). Si ces chiffres sont en baisse régulière depuis les années 2010 et 2011 (incendies du Maïdo), l'année en cours compte déjà 164 hectares brûlés.

C'est dans ce contexte que le dispositif de lutte contre les feux de forêts pendant la saison seiche a été présenté ce vendredi, avec, autour de la table, tous les acteurs y prenant part. En première ligne, les pompiers du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 974), qui, en plus des moyens tradtionnels, voient leurs équipes renforcées par du matériel et des moyens humains.

Dans ce cadre, le CODIS (centre opérationnel) comptera 70 personnes de plus dans ses rangs, ainsi qu'une cellule de crise. En plus des véhicules, les 80 pompiers qui travailleront quotidiennement sur le terrain pourront compter sur l'intervention des hélicoptères bombardiers d'eau et du Dash-8, arrivé à La Réunion ce jeudi. Ce dernier procédera à un vol d'entraînement ce samedi avant d'être opérationnel ce dimanche après validation. Un drône sera utilisé pour la reconnaissance avant déploiement des personnels. Un marché est en cours pour l'acquisition d'un avion HORUS, lui aussi utile à la reconnaissance du terrain.

Pour le colonel Jean-Marc Loubry, directeur du SDIS, ce dispositif, qui coûte 800 000 euros et qui peut être sujet à des dépassements est nécessaire, compte tenu du relief qui rend parfois la tâche très compliquée.

Si le SDIS est l'un des acteurs majeurs du dispositif, d'autres services tels que celui de Météo France aide à la connaissance du terrain d'évolution des soldats du feu. Un indice "forêt-météo" a été conçu pour évaluer le risque de départs de feu dans les différentes régions de l'île. Les possibilités d'incendies sont connues par un code couleur, avec plusieurs échelons établissant les différents niveaux de risques. Ces derniers vont de "faible" à "exceptionnel", en passant pas "léger", "modéré", "sévère" et "très sévère".

Grâce à cela, les pompiers peuvent prendre connaissance du risque préalable et s'organisent en conséquence.

Pour un maillage du territoire efficace, le Parc national et l'Office national des forêts (ONF) mettent à disposition des brigades dans le but de déceler les départs de feu. Répartis aux quatre coins de l'île, les moyens humains mis en place sensibilisent la population aux risques et aux bons comportements à adopter, notamment dans les forêts et les zones arborées fréquentées.

D'un point de vue environnemental, les incendies, à l'instar des feux qui ont ravagé le Maïdo font partir en fumée les précieuses espèces endémiques de l'île. Si le reboisement n'est pas systématique, compte tenu du risque omniprésent d'incendie et du coût très élevé des opérations - à noter que les frais d'entretien du Parc et des moyens du SDIS sont pris en charge par le Conseil départemental - les espèces invasives qui s'installent donnent du fil à retordre aux services de l'ONF. Les endroits propices au développement des invasives reste l'abord des pistes, dédiées au passage des véhicules de secours, comme l'explique Olivier James, directeur régional de l'ONF.

Enfin, les forces de police et de gendarmerie sont également mises à contribution, dans leurs secteurs respectifs. A titre d'exemple, les gendarmes sont intervenus 67 fois pour des cas d'incendie, dont 37 étaient des feux de broussailles et 28 des feux de forêts. Les effectifs déployés la saison précédente sont donc reconduits pour 2016, avec plusieurs véhicules tout terrain mis à disposition ainsi que des hélicoptères.

La police a de son côté effectué une quinzaine d'intervention par mois en moyenne, pour un total de 80 sur la seule année 2015. Cette dernière pointe un défaut de comportement, notamment en ce qui concerne la ville du port, où une recrudescence d'incendies a été constatée (42, contre 25 à Saint-André, 8 à Saint-Pierre et 3 à Saint-Denis).

En cas de situation extrême, les Forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI) peut déployer d'une à dix patrouilles pour renforcer les effectifs. Le dispositif a pour but de couvrir un maximum chaque zone de La Réunion, pour tenter de réduire le risque. Il est en vigueur lors de la saison sèche, du 15 septembre au 15 janvier.

Pour rappel, l'incendie qui a ravagé le Maïdo montre les dégâts du feu sur les forêts réunionnaises, comme l'a rappelé Dominique Sorain Préfet de La Réunion. Le procès du pompier Patrice Nirlo est encore dans les mémoires, ce dernier ayant écopé d'une peine exemplaire de 12 ans de prison ferme.

www.ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !