15 blessés sont toujours hospitalisés

Hollande à Nice pour un hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet

  • Publié le 15 octobre 2016 à 11:10

François Hollande doit rendre hommage samedi à Nice aux victimes du 14 juillet, trois mois après l'attentat et les violentes polémiques sur les failles de sécurité et les moyens de la lutte anti-terroriste, des sujets au coeur de la campagne présidentielle.

Le chef de l'Etat arrive à Nice après une séquence politique ruinée par la parution d'un livre de confidences et ses commentaires sur les magistrats pour lesquels il a dû exprimer ses "regrets".

Demandée par les Niçois et les associations de victimes qui ont contribué à l'organiser, la cérémonie, qui doit débuter à 11H00, aurait dû se tenir symboliquement vendredi, trois mois jour pour jour après l'attaque au camion bélier sur la Promenade des Anglais le soir du feu d'artifice, mais elle a été reportée de 24 heures en raison d'une météo exécrable.
Dans un climat alourdi par son impopularité et l'annonce répétée aux Français que cet attentat ne serait pas le dernier, M. Hollande aura la difficile tâche d'offrir aux familles endeuillées et nombreux blessés un moment de recueillement et d'unité nationale dans une ville qui est aussi un fief sarkozyste.
Quatre jours après le drame, le Premier ministre Manuel Valls y avait été copieusement hué lors d'un rassemblement pour une minute de silence.


L'hypercommunicant Christian Estrosi, premier adjoint LR à la mairie de Nice et président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a promis une dignité absolue - "que ce soit pour les victimes, pour Nice ou pour la France", a-t-il déclaré lundi.
Durant l'été, la droite avait accusé le gouvernement de laxisme dans la lutte antiterroriste et l'extrême droite, très enracinée à Nice et sa région, avait appelé à la démission du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.


- 15 blessés toujours hospitalisés -


Le gouvernement n'est cependant pas le seul mis en cause: le parquet de Nice est saisi d'une dizaine de plaintes pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui visant l'Etat mais aussi la mairie, accusés d'avoir mal protégé le site ou sous-évalué le danger, après le sans-faute sécuritaire de l'Euro de football 2016.
Les huées et la colère qui avaient visé Manuel Valls et tout le cortège officiel lors de la minute de silence avaient été perçues comme le signe des tensions croissantes de la société française, déjà traumatisée par les attentats de janvier (17 morts) et novembre 2015 (130 morts) à Paris et Saint-Denis.
Les attentats ont aussi creusé le fossé avec une communauté musulmane, qui peinait déjà pour échapper aux discriminations et au sentiment de rejet.


Plus qu'une simple cérémonie, cet hommage est équivalent à celui qui peut être rendu aux Invalides aux militaires. Il sera strictement fermé au public et retransmis en direct à la télévision, sans écran géant dans Nice.
Autour de François Hollande, seuls des membres du gouvernement, des élus, des délégations étrangères, 200 familles endeuillées, plus 1.000 de victimes et personnes choquées ont été invitées sur la Colline du Château qui s'élève en bord de mer près du Vieux-Nice.
Les noms des 86 victimes décédées, dont près d'un tiers de personnes musulmanes, seront lus, et une rose blanche sera déposée pour chacune d?entre elles par des lycéens. Quinze enfants ou adolescents sont décédés le 14 juillet, et 98 ont été blessés.
Outre les Français, 19 nationalités ont été frappées. La Côte d'Azur reçoit 11 millions de touristes chaque année, la moitié de l'étranger. Pénalisés économiquement par l'attentat, les hôteliers et taxis de Nice ont offert la gratuité aux victimes venues pour l'hommage.


Après la lecture d'un texte par un membre d'une famille de victimes, le chanteur Julien Clerc prêtera sa voix aux disparus tout comme le choeur des enfants de l'Opéra de Nice.
Quinze blessés sont toujours hospitalisés en France et à l'étranger.
Le soir du 14 juillet, environ 30.000 personnes assistaient à la Prom'Party. L'auteur de l'attentat, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien installé à Nice depuis plus de dix ans, avait loué un lourd camion et repéré les lieux les jours précédents. A ce stade, les enquêteurs n'ont pas établi ses liens directs avec le groupe Etat islamique qui a revendiqué l'attentat.


Par Claire GALLEN - © 2016 AFP

guest
0 Commentaires