Le Service public de l'emploi dresse le bilan des actions menées en 2016 :

Des emplois aidés dans le public et le privé pour lutter contre le chômage


Publié / Actualisé
Le service public de l'emploi de La Réunion (SPER) se réunissait, ce jeudi 23 février 2017, à la préfecture. L'occasion, pour cette instance de dialogue, composée des services de l'État, du conseil régional, du conseil départemental, de l'association des maires, de Pôle emploi, de l'association régionale des missions locales et des partenaires sociaux, de dresser le bilan des mesures mises en oeuvre en 2016 et de définir les objectifs pour l'année 2017. Avec un constat renouvelé : même si l'économie réunionnaise reste l'une des plus dynamiques de France en matière de création d'emploi, les dispositifs d'aides restent indispensables pour tenter de faire baisser le taux de chômage, qui reste le plus élevé de France.
Le service public de l'emploi de La Réunion (SPER) se réunissait, ce jeudi 23 février 2017, à la préfecture. L'occasion, pour cette instance de dialogue, composée des services de l'État, du conseil régional, du conseil départemental, de l'association des maires, de Pôle emploi, de l'association régionale des missions locales et des partenaires sociaux, de dresser le bilan des mesures mises en oeuvre en 2016 et de définir les objectifs pour l'année 2017. Avec un constat renouvelé : même si l'économie réunionnaise reste l'une des plus dynamiques de France en matière de création d'emploi, les dispositifs d'aides restent indispensables pour tenter de faire baisser le taux de chômage, qui reste le plus élevé de France.

En 2016, la croissance du PIB était toujours aux alentours de 3% à La Réunion, et ce sont 5 660 emplois nets qui ont été créés. "C'est la première fois qu'on passe la barre des 150 000 salariés dans le secteur privé", chiffre Dominique Sorain, préfet de La Réunion. De même, le nombre de demandeurs d'emploi en fin de mois (DEFM), se stabilise: en 2016, il a augmenté de 0,2%, soit 240 demandeurs de plus qu'en 2015.

Pourtant, si ces chiffres semblent encourageants, La Réunion reste le département français qui affiche le taux de chômage le plus élevé, avec 24,6%. 

 

 

 

Comment expliquer ce paradoxe ? A la préfecture, tout le monde répond en choeur: le problème, c'est "la démographie".

Avec toujours plus de Réunionnais qui arrivent sur le marché du travail, l'économie réunionnaise ne créé par suffisamment d'emploi. Autre problématique évoquée par le préfet: le déficit de formation des jeunes. "37 000 jeunes de 18 à 29 ans sont sans diplôme à La Réunion, parmi lesquels 30 000 ne travaillent pas".

 

 

Avec une enveloppe de 268 millions d'euros en 2016, l'emploi reste "la priorité des priorités"

Pour lutter contre ce chômage structurel, l'Etat a mis la main au portefeuille en 2016: 268 millions d’euros ont été consacrés à politique de l’emploi à La Réunion.

 

 

Une enveloppe conséquente pour "la priorité des priorités", martèle le préfet. A la date du 31 décembre 2016, l'engagement de l'Etat a permis de mettre en oeuvre "44 000 mesures d’insertion et d’accompagnement", un chiffre qui regroupe des dispositifs comme les emplois d’avenir, les CUI/CAE, CUI/CIE, CIVIS (contrat d'insertion dans la vie sociale), la Garantie Jeunes, ou encore plan d’urgence en faveur de l’emploi.

 

En 2016, un peu plus de 24 000 contrats aidés ont ainsi été créés, dont une grande majorité de Contrats d'accès à l'emploi (CAE)/Emploi d'avenir (près de 20 000) et un peu plus de 400 CAE DOM/ Contrat initiative emploi (CIE). Pour ces dispositifs, l'aide de l'Etat est conséquente, mais adaptées au vu des difficultés de l'économie réunionnaise, justifie Dominique Sorain. Ainsi les taux de prise en charge financière par l’État des contrats CAE-CUI sont de 60 % à 94% et de 90% pour les emplois d'avenir. Ces contrats aidés sont aussi un peu plus "stables" que par le passé, "puisqu'ils sont passés de quelques mois à une durée moyenne qui atteint presque un an".

 

Des aides à destination du secteur marchand, pour des emplois plus pérennes

Néanmoins, si les contrats aidés restent "le socle" de la politique de l'emploi, selon la préfecture, de nouvelles orientations ont été adoptées en 2016, ce qui explique que 2000 contrats aidés de moins aient été signés par rapport à 2015. "Au total, entre 2015 et 2016, le chiffre de 44 000 mesures, dans leur globalité a été maintenu. Il y a eu moins d'emplois aidés "classiques" mais plus de mesures à destination du secteur marchand ou de la formation", assure Domnique Sorain.

En effet, en 2016, 7630 formations supplémentaires ont été assurées par Pôle Emploi, chiffre son directeur régional, Charles Swieton. L'Etat avait d'ailleurs alloué une enveloppe de 20 millions d'euros à la Région, en mars 2016, pour financer des formations supplémentaires. "On avait jamais autant formé de demandeurs d'emploi à La Réunion", estime Charles Swieton :

En plus de l'aide apportées aux collectivités territoriales, l'Etat a également financé toute une série de dispositifs pour favoriser l'embauche dans le secteur marchand. Ainsi, le CUI/CIE a remplacé à La Réunion le CUI-CAE DOM pour permettre à des publics en difficultés d'insertion de travailler en CDI pour des employeurs du secteur marchand qui bénéficient d'une aide de l’État entre 25 % et 40 % du SMIC horaire brut, voire 45 % pour les CUI-Starter qui s'adressent aux jeunes de moins de 30 ans, sous conditions d’éligibilité.  Dans ce cadre, près de 4 300 contrats ont été réalisés en 2016, dont 1504 CIE Starter. "Nous sommes passés de 10 à 20% d'emplois aidés dans le secteur marchand", chiffre le préfet

 

 

 

 

Pour favoriser les embauches, 9377 aides "embauche PME", qui représentent 4000 euros par an pour les entreprises, ont également été enregistrées en 2016. Plus de 12 000 entreprises ont également bénéficié du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) pour un montant total de créances sur l’Etat de 129 millions d’euros, chiffre provisoirement la préfecture. 

Difficile néanmoins de connaître l'impact de ce crédit d'impôt sur la création d'emploi, puisque les entreprises peuvent allouer ces sommes à autre chose que l'embauche de nouveaux collaborateurs. Une étude macroéconomique, qui permettra d'avoir une vue d'ensemble sur tout le territoire national devrait bientôt voir le jour, selon la préfecture.

ch/www.ipreunion.com, vendredi 24 février 2017, 3:00
 

 

   

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