La participation électorale à La Réunion en 2017 par l'Insee :

[VIDEO] Les Réunionnais votent plus à la présidentielle qu'aux législatives


Publié / Actualisé
Au sein des locaux de l'Insee Réunion-Mayotte était présentée ce jeudi 26 octobre 2017 l'étude relative à la participation électorale à La Réunion pour l'année 2017, au cours de laquelle se sont déroulés les scrutins présidentiel et législatifs. L'étude pointe qu'un peu plus de la moitié des électeurs ne se sont pas déplacés pour les élections législatives, malgré l'élection de personnalités locales. Nous publions ci-après l'étude dans son intégralité.
Au sein des locaux de l'Insee Réunion-Mayotte était présentée ce jeudi 26 octobre 2017 l'étude relative à la participation électorale à La Réunion pour l'année 2017, au cours de laquelle se sont déroulés les scrutins présidentiel et législatifs. L'étude pointe qu'un peu plus de la moitié des électeurs ne se sont pas déplacés pour les élections législatives, malgré l'élection de personnalités locales. Nous publions ci-après l'étude dans son intégralité.


Un quart des électeurs n’ont pas voté

En 2017, 544 000 personnes inscrites sur les listes électorales et résidentes à La Réunion étaient attendues aux urnes pour l’élection présidentielle et les élections législatives. Les trois quarts ont voté à au moins un des quatre tours, en privilégiant l’élection présidentielle. Les autres se sont tournés vers l’abstentionnisme, comportement électoral vers lequel les jeunes et les personnes sans diplôme ou éloignées de l’emploi se tournent davantage. Aurélien Daubaire, directeur régional de l'Insee Réunion-Mayotte, fait le point.

 

 

Toute personne inscrite sur les listes électorales est libre de participer ou non aux scrutins proposés, en se rendant aux bureaux de vote ou en utilisant une procuration. En 2017, à La Réunion, près d'un quart des inscrits n'ont voté à aucun des quatre tours des deux scrutins nationaux, l'élection présidentielle puis les élections législatives (23 %).

C'est deux fois plus qu'en métropole (13 %). Cette abstention systématique augmente de trois points entre 2012 et 2017,
évolution proche de celle de la métropole.

Hausse du vote intermittent

À La Réunion, les trois quarts des inscrits ont voté à au moins un tour de scrutin en 2017. Mais une minorité d'entre
eux, 26 %, a voté de façon systématique, aux quatre tours de scrutins. La proportion de participation systématique baisse
ainsi de 9 points par rapport à 2012. Au contraire, le vote intermittent augmente de 6 points et concerne un électeur sur deux à La Réunion en 2017. La part des votants à la seule élection présidentielle est en hausse : 27 % des électeurs contre 24 % en 2012. De plus, 22 % des électeurs contre 19 % en 2012 ont voté aux deux scrutins mais se sont abstenus à l'un des deux tours. Les élections législatives mobilisent beaucoup moins les Réunionnais que l'élection présidentielle. La moitié seulement des inscrits ont voté aux législatives contre les trois quarts à la présidentielle. Ces taux de participation sont inférieurs de 9 à 10 points à ceux de métropole : respectivement 59 % pour les législatives et 86 % pour la présidentielle, comme l'explique Olivier Fagnot, repsonsable de la présente étude.

 

 

Profil type d’un abstentionniste : jeune sans diplôme et éloigné de l’emploi

Les départements et régions d’outre-mer restent les régions pour lesquelles les taux d’abstention sont les plus forts au niveau national. Comme en métropole, l’abstention systématique à La Réunion est surtout répandue chez les électeurs qui semblent les moins insérés socialement. Elle peut signifier un désintérêt pour les élections, un choix de comportement électoral ou bien encore une difficulté à participer aux élections dans certaines situations malgré
le dispositif des procurations.

L’âge d’une personne est un premier facteur déterminant pour être abstentionniste. Ainsi, les jeunes de moins de 29 ans, en particulier ceux qui ne sont pas étudiants, s’abstiennent plus souvent que les personnes d’âges intermédiaires. Les personnes âgées de 75 ans et plus vont, eux aussi, moins souvent aux urnes que les 30 à 74 ans. La part des abstentionnistes de moins de 29 ans est ainsi plus de deux fois supérieure à celle des personnes de 45 à 59 ans,
tandis que celle des 75 ans et plus est trois fois supérieure.

La situation vis-à-vis de l’emploi constitue un deuxième facteur déterminant d’abstention : plus une personne est proche du marché du travail, plus elle participe aux élections. Au contraire, les personnes au chômage, qui sont surreprésentées à La Réunion, s’abstiennent deux fois plus que celles qui disposent d’un emploi (30 % contre 14 %).

Parallèlement à l’emploi, le niveau de diplôme est un troisième facteur déterminant pour être abstentionniste. En effet, les
personnes sans diplôme s’abstiennent davantage que les autres. La part de l’abstention décroît à mesure que le niveau de diplôme augmente. Ainsi, 30 % des personnes sans diplôme s’abstiennent contre 14 % des diplômés du supérieur.

La structure familiale est le dernier élément favorisant l’abstentionnisme. Les personnes vivant seules ou appartenant à une famille monoparentale s'abstiennent davantage que celles vivant dans un couple avec enfant(s) : 30 % contre 16 %. Par conséquent, un jeune sans diplôme éloigné de l’emploi et vivant seul réunit davantage de critères pour être abstentionniste. À l’inverse, les votants systématiques sont surtout des personnes en emploi et ayant 30 ans ou plus.

Inscription sur les listes électorales : une mobilisation stable par rapport à 2012 à La Réunion

S’inscrire sur les listes électorales résulte d’une démarche active de chacun. L’inscription est néanmoins automatique depuis 1997 pour chaque Français qui devient majeur, à condition d'avoir effectué les démarches de recensement citoyen
au moment de ses 16 ans. En 2017, 544 000 résidents à La Réunion sont inscrits sur les listes électorales, soit 87 % des personnes de nationalité française, en âge de voter et résidant à La Réunion. Cette proportion est inférieure de 3 points à la moyenne nationale. Elle place La Réunion en fin de classement des régions françaises, aux côtés de l’Île-de-
France, des Antilles et de la Guyane. Au sein des DOM, le taux d'inscription est néanmoins le plus élevé à La Réunion et en Martinique.

Alors que le taux d'inscription sur les listes électorales baisse de 4 points en métropole, il reste stable à La Réunion entre 2012 et 2017. Sur la même période, il diminue également en Guadeloupe et en Martinique.

 

   

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