17 villes sur 24 changent de rythme :

Les communes satisfaites du retour à la semaine de 4 jours


Publié / Actualisé
Les élèves des écoles de 17 des 24 communes de l'île reviendront à la semaine de quatre jours à partir du lundi 29 janvier 2018. Une décision saluée par plusieurs villes. Les élus aux affaires scolaires de Saint-Pierre, du Tampon et de Saint-André évoquent l'abandon des quatre jours et demi de cours. (Photo d'illustration)
Les élèves des écoles de 17 des 24 communes de l'île reviendront à la semaine de quatre jours à partir du lundi 29 janvier 2018. Une décision saluée par plusieurs villes. Les élus aux affaires scolaires de Saint-Pierre, du Tampon et de Saint-André évoquent l'abandon des quatre jours et demi de cours. (Photo d'illustration)


La décision tombait le 19 décembre 2017 après une réunion du conseil académique de l’éducation nationale au rectorat. Sur proposition des maires de La Réunion, le recteur Vêlayoudom Marimoutou validait la modification des rythmes scolaires. Un retour à l’ancien système en vigueur et une décision prise lors de l'année de la crise des contrats aidés en très forte diminution dans le département. Dans le secteur scolaire notamment. Le Port, La Possession, Saint-Benoît, Saint-Denis, Saint-Joseph, Saint-Paul et Sainte-Rose maintiennent eux quatre jours et demi par semaine.

Une décision contraire à celle prise par le maire Jean-Paul Virapoullé à Saint-André. Ce dernier, contacté par téléphone, dit tout le mal qu’il pense de la réforme initiée par Vincent Peillon, ministre de l’Éducation de l’époque en 2012, avec une demi-journée de travail en plus pour les marmailles.

"Cette réforme n’était pas à faire car personne n’en voulait. Cela ne pouvait plus continuer. Je dis donc bravo. Ce retour à quatre jours va permettre à la CIREST d’économiser de l’argent avec un jour de moins de transport scolaire le mercredi", précise-t-il. Le changement ne permettra pourtant pas à la commune de diminuer ses dépenses. "Le plan éducatif territorial et ses financements disparaissent. C’est donc une opération blanche. Les agents communaux vont aussi pouvoir souffler le jour où il n'y a plus classe et ils seront affectés ailleurs. Ce changement n’est pas un bouleversement mais c’est une adaptation", commente l’élu.

Les activités périscolaires se dérouleront désormais à la pause méridienne via des ateliers numériques. Le mercredi après-midi sera consacré aux activités du "mercredi jeunesse". Position similaire au Tampon avec l’adjoint aux affaires scolaires Fred Lauret. L’organisation ne changera pas fondamentalement selon lui. La garderie des enfants reste maintenue le matin avant le début des cours.

"La garderie de 15h15 à 16 heures est supprimée car les enfants seront à ce moment-là en cours étant donné qu’ils finissent désormais à 16 heures. Il n’y aura plus de périscolaire purement communal. Nous prêterons toujours des locaux  aux associations proposant ce type d’activités après la classe. Grosso modo, de 16 à 17 heures", explique-t-il. Le mercredi ne sera donc plus un jour de classe. Cela va permettre aux agents communaux de se consacrer à l’entretien et aux travaux dans les écoles.

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Avec la baisse des contrats aidés, Le Tampon continue à fonctionner avec un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) par classe de très petite section et de petite section, un Atsem pour deux classes de moyenne section. Mais plus d'agent de ce type en grande section. "Le personnel qui travaillait le mercredi dans les écoles va pouvoir souffler un peu car avec la baisse des contrats aidés, c’était parfois difficile pour eux avec la fatigue", lance-t-il.

Un peu plus au Sud, Denise Hoarau, dixième adjointe à la politique de la réussite éducative et à la caisse des écoles à Saint-Pierre, se réjouit aussi de la disparition de la "contrainte" de ces quatre jours et demi. Selon elle, il était logique de revenir à l’ancien système. "La réorganisation s’est faite d’elle même car on retourne à ce qu’on a connu depuis des années. Le périscolaire du vendredi après-midi revient le mercredi après-midi via le mercredi jeunesse avec les effectifs du CCAS", détaille-t-elle. Natation, lecture, informatique, escalade… Voici quelques unes des activités proposées.

Une réunion de préparation se tenait déjà il y a trois mois afin d’anticiper la réorganisation. Les équipes sont déjà "calées" selon l’élue. "Depuis 2001, nous avons énormément d’Atsem intégrés. Nous avons besoin de contrats aidés mais nous ne pouvons plus avoir un Atsem par classe. Par exemple sur une école de 10 classes, nous aurons 7 agents."La ville fera donc des économies car auparavant le périscolaire était assuré par des associations via des partenariats contractualisés avec la mairie.

Désormais, le Centre communal de l’action sociale se chargera du temps périscolaire le mercredi. Libre au monde associatif de proposer des activités dans le cadre d’un partenariat avec la collectivité. Dans l'Ouest à Saint-Leu, nous n'avons pas pu joindre l'élue aux affaires scolaires, Michèle Hoareau malgré nos (multiples) sollicitations. La collectivité revient à 4 jours dans les écoles maternelles et élémentaires publiques de la commune.

Baisse des contrats aidés - La rentrée scolaire ne pourra pas être assurée

Dès le 29 janvier, les nouveaux horaires des écoles seront les suivants : de 8 heures à 11h30 et de 13 heures à 15h30 les lundis, mardis, jeudis et vendredis. Un changement diversement apprécié au sein des associations de parents d’élèves de l'île. Daniel Amouny, président de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE), commente ce bouleversement.

"Il est difficile d’avoir des échos des parents d’élèves car il y eu les vacances. Le ressenti global est mitigé entre les parents satisfaits du retour à 4 jours et les autres, qui le sont pas. Certains d’entre eux déploraient le manque de concertation et la précipitation à cause du décret pris par le président Macron", estime-il.

Selon lui, la modification des rythmes scolaires constitue une réponse à la baisse des contrats aidés et des Atsem. "Aucun bilan des 4 jours et demi n’a été fait. C’est une décision purement financière mais l’intérêt pédagogique n’a pas été pris en compte. Les quatre jours et demi n’avaient jamais posé de problème auparavant", fustige-t-il. Selon Jean-Odel Oumana, chargé de communication de l’union nationale des associations autonomes de parents d’élèves (Unaape), les parents se divisent aussi sur la question.

"Pour l’instant, on trouve de tout. Certains parents se disent : on va revoir l’organisation et profitez d’un week-end de libre. Mais d’autres se demandent pourquoi il faut jouer une autre partition en changeant de rythme. La Réunion est coupée en deux. Ce qui nous inquiète, c’est qu’il y a moins de jours travaillés en outre-mer que dans d’autres pays européens. 144 jours par an contre 180 à 190 jours ailleurs", indique-t-il.

Selon lui, les deux rythmes risquent de créer une inégalité entre les territoires. "C’est un système à deux vitesses. Soit il aurait fallu faire 4 jours pour tous soit 4 jours et demi pour tout le monde", termine-t-il.

ts/www.ipreunion.com

   

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