La Confédération nationale du logement donne son avis :

Loi Elan : un projet "sans ambition" pour le logement réunionnais


Publié / Actualisé
Ce samedi matin, la Confédération nationale du logement (CNL) de La Réunion a invité la presse afin d'évoquer le projet de loi Elan. Une loi portant sur l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique. Selon la Confédération, il s'agit d'une "loi sans élan" qui "manque d'ambition (et) de lisibilité dans un département sinistré comme le nôtre en terme de construction, de réhabilitation avec des enjeux forts sur le prix des loyers pour les personnes âgées, les célibataires etc."
Ce samedi matin, la Confédération nationale du logement (CNL) de La Réunion a invité la presse afin d'évoquer le projet de loi Elan. Une loi portant sur l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique. Selon la Confédération, il s'agit d'une "loi sans élan" qui "manque d'ambition (et) de lisibilité dans un département sinistré comme le nôtre en terme de construction, de réhabilitation avec des enjeux forts sur le prix des loyers pour les personnes âgées, les célibataires etc."

À La Réunion, le nombre de logements s'élève à 70 450 "alors que nous avons environ 1500 demandeurs de logements qui ont déposé une demande il y a plus de trois ans" rappelle la Confédération nationale du logement avant de préciser : "14% des demandeurs d'emploi ont moins de 25 ans et 24% ont plus de 50 ans". 

Concernant le projet de loi Elan, Erick Fontaine, administrateur de la CNL de La Réunion a déclaré : "on n'a rien retenu de ce projet porté par le gouvernement Macron car il n'apporte, justement, aucun élan aux logements de La Réunion". 

Plus de protection pour les séniors

Pour preuve, l'administrateur a épluché les 65 articles que comporte le projet de loi Elan. Il donne quelques exemples : "Pour nous, il y a quelques pièges. Les articles 35 à 37 précisent que, tous les six ans, les bailleurs sociaux vont pouvoir se réunir pour revoir les dossiers de leurs locataires. Mais les articles ne précisent pas ce qu'il va se passer alors qu'ils présentent un risque. Par exemple, le bailleur pourra demander à une personne âgée de quitter son T3 car c'est un logement trop grand pour une personne seule. Aujourd'hui, les personnes âgées sont protégées. Avec la loi Elan, elles ne le seront plus". 

Menace sur les APL

De même, l'article 33 inquiète la CNL puisqu'il annonce la mise en place d'une actualisation des bases ressources plus contemporaines pour les aides personnelles au logement. "Les APL sont donc menacées affirme Erick Fontaine. C'est inquiètant car à La Réunion, 114 000 personnes bénéficient en moyenne d'une allocation de 290 euros par mois". 

"On va vendre des logements sociaux à des gens qui sont riches"

L'article 29, quant à lui, concerne la vente des logements sociaux. Il permettra aux bailleurs sociaux de fixer leur prix de vente. "Le risque c'est qu'on va vendre des logements sociaux à des gens qui sont riches déclare l'administrateur de la CNL. On voit que Macron a l'intention de remettre les locataires dans des quartiers difficiles pour intégrer un nouveau type de population dans les quartiers prisés."

Enfin, la CNL "aurait aimé que le projet de loi s'attaque aux logements indignes puisqu'ici, on compte entre 18 et 20% de Réunionnais qui vivent dans des conditions indignes". 

Travail avec les députés

Pour partager son avis, la Confédération n'a pas hésité à interpelle certains députés locaux tels qu'Ericka Bareigts, Jean-Hugues Ratenon ou encore Huguette Bello sur le sujet. La Confédération appelle également à la grève nationale du mardi 22 mai. 

Erick Fontaine conclut : "Nous avions reperé, dans l'article 52 du projet de loi de finances 2018, la suppression de l'allocation accession logement. On a eu raison. Je pense que nous allons nous retrouver face à la même situation avec ce projet de loi Elan". 

sw/www.ipreunion.com

   

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