Pêcheurs :

Les professionnels de la pêche contre l'importation des poissons


Publié / Actualisé
Ce mardi 30 mai 2018, les membres du CRPEM (Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de La Réunion) ont une nouvelle fois dit leur mécontentement et leur inquiétude concernant la concurrence qu'ils jugent "déloyale" des importateurs. Les pêcheurs-artisans dit ''ti pêcheurs'' veulent la pérennisation de leur emploi par la valorisation de leur secteur d'activité.
Ce mardi 30 mai 2018, les membres du CRPEM (Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de La Réunion) ont une nouvelle fois dit leur mécontentement et leur inquiétude concernant la concurrence qu'ils jugent "déloyale" des importateurs. Les pêcheurs-artisans dit ''ti pêcheurs'' veulent la pérennisation de leur emploi par la valorisation de leur secteur d'activité.

Manque de volonté de la part de l’interprofession

Mardi dernier, le comité des pêches est allé sonner à la porte de l’ARIPA (Association réunionnaise interprofessionnelle de la pêche et de l’aquaculture) pour lui faire part de ses doléances concernant la précarité des emplois dans le secteur de la pêche. '' Suite à cela, l'Aripa a organisé unilatéralement une réunion, l'a annoncée par voie de presse sans détailler l'ordre du jour et avant même d'en informer les principaux intéréssés, ni vérifier leur disponibilité'', la réunion n'a pas eu lieu indique les ti pêcheurs

'' Le comité des pêches a échangé avec l'interprofession et a proposé d'organiser cette réunion, a envoyé des invitations et s'est vu opposer une fin de non recevoir: ce qui a scéllé la conviction des petits pécheurs du manque de réelle volonté de l'Aripa de les aider '' disent encore les ti pêcheurs.

Nicolas Hibon, secrétaire régionales des comités des pêches de La Réunion déclare qu’en ‘’ayant une confiance érodée et fait un constat du manque de volonté à aider de la part de l’ARIPA, les pêcheurs ont donc décidé de se tourner vers le comité''.

Lire aussi : Les petits pêcheurs veulent vendre leurs poisssons à La Réunion

L’importation, une menace pour l’emploi local

Bertrand Baillif, pêcheur depuis 23 ans et président du CRPMEM déclare que les professionnels de la pêche ‘’n’arrivent plus à écouler convenablement leurs poissons sur le marché local. Ils n’arrivent plus à faire face à l’importation maritime des poissons ‘’ :

 

Il énonce également que ‘’ le bateau qui effectue le voyage entre Madagascar est prévu d’arriver à la fin de le semaine ‘’. Le comité sera présent pour ‘’applaudir et dire bravo aux poissons qui tuent l’emploi réunionnais ‘’.

 

 

 

L'ensemble des membres du comité des pêches ''demande aux acteurs concernés et aux instances officielles de suspendre ces importations de poissons par bateaux qui ne se déroulent pas dans un cadre règlementaire satisfaisant et pénalisent l’emploi local ‘’.

- L'Aripa "déplore l'absence du comité des pécheurs à la réunion de concertation" -

Des petits pêcheurs s’étaient rendus mardi 22 mai 2018 à l’association réunionnaise interprofessionnelle de la pêche et de l’aquaculture (ARIPA) pour l’interpeller sur la problématique d’écoulement des espèces pays sur le marché local au regard de la concurrence des importations de poissons frais.

L'Aripa avait organisé une concertation avec le comité des pêches le mercredi 30 mai 2018 dans le but de "répondre aux préoccupations du comité des pêches et dresser un état des lieux des importations de pêches à La Réunion". Le comité des pêches n'a pas assisté à la table ronde.

L'Aripa a communiqué les conclusions de cette réunion qui s'est déroulée en présence de l’association des patrons pêcheurs côtiers de La Réunion (APPECOR), deux importateurs de poissons frais membres de l’interprofession (MARTIN PÊCHEUR et SDPM) ainsi que la Direction de la mer Sud océan Indien (DMSOI). 

Il en ressort les chiffres des importations. "540 tonnes de poissons frais sont importés par an ils proviennent essentiellement de Madagascar, Maurice et les Sechelles".  L'Aripa souligne cependant, que "le volume de ces importations a baissé au premier trimestre 2018 par rapport à 2017".

Elle précise "la pêche artisanale et côtière n’avait pas été impactée depuis le début de l’année 2018 dans l’écoulement de son poisson du fait des importations", et que "les difficultés d’écoulement rencontrées, qui s’étaient limitées à deux espèces (gros zécal et carangue), avaient été réglées par un achat total de la production des petits pêcheurs au prix de référence par les acteurs de l’interprofession".

L'Aripa conclut enfin "L’administration a confirmé la légalité de ces importations au regard de la réglementation portuaire, douanière et sanitaire".

eg/www.ipreunion.com

 

   

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