Face aux façades décrépies, aux horaires inadaptés, aux parkings jugés insuffisants... :

Commerces de centre-ville : la dure bataille pour la survie


Publié / Actualisé
A Saint-Denis, samedi 1er septembre, c'est la Nuit des soldes, qui marque le coup d'envoi de six semaines de prix cassés faisant suite à plusieurs semaines de braderie et promos diverses et variées. Les étiquettes qui jouent au yoyo toute l'année impactent le commerce de centre-ville déjà mis à mal par la baisse du pouvoir d'achat et l'offre pléthorique des galeries commerciales en périphérie de la ville. Pour dynamiser le centre-ville, la Ville de Saint-Denis a budgété trois millions d'euros sur trois ans et lancé des projets de stationnement. Mais certains commerçants doutent que cela suffise si les mentalités n'évoluent pas.
A Saint-Denis, samedi 1er septembre, c'est la Nuit des soldes, qui marque le coup d'envoi de six semaines de prix cassés faisant suite à plusieurs semaines de braderie et promos diverses et variées. Les étiquettes qui jouent au yoyo toute l'année impactent le commerce de centre-ville déjà mis à mal par la baisse du pouvoir d'achat et l'offre pléthorique des galeries commerciales en périphérie de la ville. Pour dynamiser le centre-ville, la Ville de Saint-Denis a budgété trois millions d'euros sur trois ans et lancé des projets de stationnement. Mais certains commerçants doutent que cela suffise si les mentalités n'évoluent pas.

Rue du Maréchal Leclerc, les piétons sont là. Mais les clients ? Sylvia, habitante de la Source où elle travaille aussi, sort d’une enseigne à bas prix : " Je ne conduis pas, alors je viens en centre-ville parce que c’est plus facile que d’aller à Carrefour ou à Jumbo. Mais je trouve que les magasins ferment trop tôt le soir. "

Sarah, elle, se désole de ne pas pouvoir faire ses courses entre midi et deux heures. " Il y a trop de magasins fermés. Si je cherche de la déco, des vêtements que tout le monde ne porte pas, c’est fermé. Ca m’arrive de filer à Sainte-Marie à l’heure du déjeuner pour un achat rapide dans la galerie. C’est la même distance de mon travail et au moins c'est ouvert et on se gare facilement ". 

Et vlan, après les horaires, le parking. " C’est quand même dommage que les commerces soient fermés en semaine à 12h alors que le parking est justement gratuit à cette heure ", regrette Sabine Quenet, qui tient la boutique Café Cotton, rue Pasteur. " Je ferme à 13h en semaine. Mais si un client arrive évidemment, je le reçois ". Même discours chez Arizona, rue Juliette Dodu.

Pour Salim Ingar, qui gère Esprit Lingerie et Lingerie Boutique, la question des horaires et du parking est en effet vitale. Lui est partisan de la journée continue. Et attend que l’équipe municipale tienne sa promesse électorale d’un grand parking en centre-ville. Le choc centre-ville, centres commerciaux ne l’émeut pas plus que cela : " Le plus grand centre commercial, c’est le centre-ville. On n’y trouve pas les mêmes commerces qu’en galeries commerciales. Les deux sont complémentaires et d'ailleurs je suis dans les deux. Mais pour que le commerce de centre-ville vive, il faut que tous les commerçants s’impliquent pour répondre aux attentes de la clientèle . " Dont l’ouverture méridienne. Mais pas seulement. "Il faut aussi le renouvellement des enseignes, appliquer les prix métropole et proposer de vraies soldes sur les produits de l'année".

"Le centre-ville, c'est mort !"

Dans une petite boutique de prêt à porter féminin, le discours est moins serein : " Le centre-ville, c’est mort ! Vous avez vu le prix du stationnement ?  Et comment voulez-vous faire vivre un centre-ville avec des boutiques ouvertes de 9h à 12h et de 14h à 18h ? ". Et de mettre le doigt aussi sur l’état de certaines façades : " La mairie n’impose pas un ravalement de façade régulier, comme dans d’autres villes. Vous avez vu l'état de certaines boutiques ? Comment voulez-vous que le centre-ville soit attirant pour les clients à côté de galeries commerciales récentes et pimpantes ? ".

A la mairie, Philippe Naillet, l’élu en charge du centre-ville, reconnaît la justesse de ce propos : " Oui, c’est vrai, nous n’imposons pas de rafraîchissement de facades. En revanche, la mairie a effectué un repérage des boutiques qui en auraient besoin. Nous sommes en train de nous renseigner pour savoir si nous avons le droit d’intervenir sur des murs privés. Nous avons aussi budgété trois millions d’euros sur trois ans pour dynamiser le centre-ville, avec des travaux de surfatage, de mobilier urbain et d’éclairage. Le projet et ses étapes successives vont être présentés fin septembre au comité consultatif de redynamisation du centre-ville constitué d’élus, de commerçants et d’usagers du quartier ", souligne Philippe Naillet. Qui explique au passage que ce sont les friches commerciales fermées depuis plus de deux ans qui aident à financer ce projet par une taxe supplémentaire sur la part communale de l’impôt foncier, taxe progressive d’année en année.

Stationnement, le faux problème ?

Quant aux places de stationnement, Philippe Naillet note : " Oui, nous avions promis un grand parking, le dossier avance. Trois cents places vont être créées rue Ah Sam, sur une structure démontable qui devrait être livrée fin 2019 au plus tard. Nous sommes aussi en dialogue avec le Conseil départemental pour reprendre le foncier d’un bâtiment dans le bas de la rue Labourdonnais et y créer un parking. Et il y aura aussi le centre Océan qui proposera bientôt 600 places. "

Une étude pour connaître les vrais besoins de stationnement doit être présentée en mairie jeudi 30 août 2018. Ça bouge donc. Mais pour l’élu, la question du centre-ville ne peut pas être évoquée sans réfléchir aux moyens d’accès à ce centre-ville et à la piétonisation.

Que l’infrastructure urbaine soit en phase de développement est une chose. Cela sera-t-il suffisant pour sauver le commerce de centre-ville dans un contexte économique que tous s’accordent à trouver difficile ?

Lors de notre enquête, les commerçants interrogés étaient tous d’accord pour dire que la journée continue est une clé de l'avenir " mais à condition que tout le monde le fasse ". Comme la Nuit des soldes : "A quoi bon rester ouvert, si les autres sont fermés ?", questionne une commerçante de la rue Jean Chatel.

Tous convaincus aussi que les promos à tout va cassent plus le commerce qu’elles ne le font avancer. " Mais tout le monde le fait quand il faut de la trésorerie ou parce que d'autres sont en braderie, dénonce une commerçante. Qui pointe la braderie de l’Océan programmée un mois avant les soldes, ce qui incite des commerçants à lancer des promos en même temps. " Braderie, soldes... pourquoi ne pas tout faire en même temps ? "

Horaires, braderies, soldes..., un manque de stratégie commune, insuffisamment débattue au sein de l’Union des commerçants dionysiens ? C’est la question que nous aurions aimé poser à son président, Sam Permale, que nous n’avons finalement pas réussi à joindre. En tout cas, dans la bataille contre les centres commerciaux, le compte à rebours semble enclenché pour le commerce de centre-ville.

ml/www.ipreunion.com

 

   

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    3 Commentaire(s)

    Fred , Posté
    Phone island ouvert de 9 hrs à 18.30 journée continue depuis 2003 👏
    Ray_au_Port, Posté
    C'est évident que les commerces (communautaires) du centre ville ouvrent trop tôt, subséquemment ferment prématurément et que la pause méridienne qu'ils adoptent tous leur est préjudiciable !
    Ils ne veulent rien comprendre, et ce depuis toujours, nonobstant les demandes répétées des consommateurs !
    Tant pis pour eux !
    Vae victis !
    Jacques, Posté
    J'ai honte de l'avouer, mais depuis les difficultés à rouler dans St Denis, soit plus de 10 ans, je n'ai plus jamais mis les pieds dans un magasin du centre ville. Ne pas pouvoir se garer, rester coincé dans les bouchons pour y entrer, y circuler et en sortir, je préfère commander sur internet en restant à ma case...