Dernier round pour boucler le budget :

Jeux des Iles : les financer, c'est du sport !


Publié / Actualisé
Le collectif Prezisports, qui rassemble 13 Ligues sportives de l'île, est ressorti un peu serein de sa réunion avec la Direction régionale de la jeunesse et des sports jeudi 6 septembre 2018. Si les obstacles sur le financement des Jeux des îles semblent moins infranchissables qu'il y a quelques semaines, tout n'est pas rose dans le monde du sport.
Le collectif Prezisports, qui rassemble 13 Ligues sportives de l'île, est ressorti un peu serein de sa réunion avec la Direction régionale de la jeunesse et des sports jeudi 6 septembre 2018. Si les obstacles sur le financement des Jeux des îles semblent moins infranchissables qu'il y a quelques semaines, tout n'est pas rose dans le monde du sport.

Après la Région qui s’est montrée encourageante quant à sa participation au financement de la délégation réunionnaise aux Jeux des Iles, c’est au tour de la DRJS d’annoncer un quasi accord aux demandes du collectif. " Comme à la Région, on nous a prévenus à la DRJS que nous ne recevrions pas la totalité de ce que nous avons demandé, mais que la baisse ne serait pas aussi importante que ce qui nous avait d’abord été annoncé ", explique Johann Guillou, président de la Ligue réunionnaise de basket.

Effets d’annonces qui doivent passer en commission permanente à La Région mi-septembre, et en commission à la DRJS, début octobre. " On ne crie pas victoire mais on a bon espoir d’obtenir ce que ces deux financeurs nous ont promis ", se réjouit Johann Guillou.

Quant au troisième financeur, le Conseil départemental, le collectif Prezisports le rencontre lundi matin 10 septembre 2018. Dernier tour de piste pour boucler ce budget. Financer les Jeux des Iles, c’est du sport !   

Lire aussi Sports - La Réunion ira bien aux Jeux des Iles

6,2% en moins en 2019

Mais la rencontre du jeudi 6 septembre 2018 à la Direction régionale de la Jeunesse et des sports a aussi levé le rideau sur des parts d’ombre que le monde du sport redoute depuis un moment.
En effet, l’avis de décès du Centre national pour le développement du sport, appelé à laisser place à la future agence nationale du sport d’ici le premier trimestre 2019, pose de nombreuses questions sur l'héritage à venir. A commencer par le devenir des Directions régionales de la Jeunesse et des Sports. Qui sera qui, qui fera quoi, avec quel budget… ? Mystère.

L’ex-ministre des Sports, Laura Flessel, avait annoncé courant juillet des moyens " conséquents ". Ce que semble contredire une lettre de cadrage du Premier Ministre à sa ministre des sports, révélée par notre confrère L’Equipe dans son édition du 4 septembre 2018 et qui annonce clairement que le budget des Sports de 2019 serait en baisse de 6,2% par rapport à 2018. Au temps pour les moyens conséquents.

Pour Johann Guillou, il y a tout de même des avancées prometteuses : " La future agence du Sport sera administrée à 30% par l’Etat, 30% par les collectivités, 30% par les représentants des fédérations sportives et 10% par des partenaires. C’est plutôt une avancée que le monde du sport soit associé à 30%, parce qu’avant ce n’était pas le cas du tout.

Jeux de hasard et taxe Buffet : la roulette russe

Mais on peut lire aussi dans cette nouvelle répartition des forces un probable désengagement de l’Etat qui, jusqu’ici, exerçait un rôle de tutelle et de principal financeur, notamment via la Française des Jeux.

En effet, les jeux de hasard assuraient jusqu’à 80% du budget du bientôt défunt CNDS. La privatisation annoncée de la FDJ va-t-elle changer la donne ? L’Etat, minoritaire, pourra-t-il encore influer sur l’attribution des fonds pour financer le sport ? Les actionnaires privés de la FDJ continueront-ils à honorer les missions d’intérêt général telles que l’insertion par le sport, et notamment pour les personnes en situation de handicap ?

Lire aussi Les limites de la politique du toujours moins

Même l’Etat se désengage au-delà de la seule baisse des subventions. Récemment, une ponction à hauteur de 50% sur la  taxe Buffet (5% des droits TV reversés au profit du sport amateur) effectuée par le gouvernement pour résorber le déficit public a scandalisé le monde sportif, à La Réunion comme ailleurs. " 25 millions qui n’iront pas au sport amateur ", s’inquiète Johann Guillou. Qui se dit très inquiet, comme les autres présidents de Ligues à La Réunion sur le risque de disparition des Pôles Espoir, sur l’arrêt acté des contrats aidés, sur les baisses de subventions et tout le saint bataclan.

Lire aussi Baisses des subventions : des ligues sportives veulent une Journée NO sports

" Ces coupes sombres sont en train de créer du chômage ", s’indigne Johann Guillou qui se refuse pour l’heure encore à envisager des licenciements économiques dans sa Ligue.
En tout cas, les menaces de baisse de moyens pour l'année 2019 décident le collectif Prézisports, en accord avec le CROS, à maintenir le boycott des Journées Sports à La Réunion, prévues les 22 et 23 septembre. 
 

ml/www.ipreunion.com

 

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !