Il vit dans un appartement inadapté :

Porteur de handicap, Yannis Guillou-Soundron attend un logement depuis 2015


Publié / Actualisé
Lorsque l'on est porteur d'un handicap, la vie quotidienne peut vite devenir infernale, tout particulièrement lorsque son logement n'est pas adapté. C'est le quotidien de Yannis Guillou-Soundron depuis cinq ans aujourd'hui. Lui et son conjoint, Aldo, lui aussi porteur d'un handicap plus léger au dos, attendent depuis 2015 maintenant d'être relogés dans un appartement adapté. Locataire chez le bailleur social SIDR, le couple dit avoir fait de nombreuses demandes de relogement, restées sans réponses depuis cinq ans. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Lorsque l'on est porteur d'un handicap, la vie quotidienne peut vite devenir infernale, tout particulièrement lorsque son logement n'est pas adapté. C'est le quotidien de Yannis Guillou-Soundron depuis cinq ans aujourd'hui. Lui et son conjoint, Aldo, lui aussi porteur d'un handicap plus léger au dos, attendent depuis 2015 maintenant d'être relogés dans un appartement adapté. Locataire chez le bailleur social SIDR, le couple dit avoir fait de nombreuses demandes de relogement, restées sans réponses depuis cinq ans. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Le logement actuel où nous nous trouvons n'était censé être que temporaire, le temps de trouver un appartement adapté à mon handicap" explique Yannis Guillou-Soundron, "Cela fait maintenant cinq ans que nous attendons" déplore-t-il.

Si son appartement actuel se trouve au rez-de-chaussée, et est donc accessible avec son fauteuil, un lourd grillage en fer a été installé pour rentrer dans la résidence. "Avec mon fauteuil, c'est extrêmement compliqué pour entrer et sortir de chez moi" regrette Yannis Guillou-Soundron. De plus, ce dernier a besoin d'un lit médicalisé, qui ne peut être installé faute de place dans le logement.

En avril 2016, une demande de mutation a donc été effectuée auprès de la SIDR. Sans réponse pendant presque un an, le couple renouvelle donc sa demande en mars 2017. Cependant, ils reçoivent une lettre les informant de leur radiation, ces derniers ayant apparemment fait leur demande en retard. Problème, une demande est valide pour douze mois, et le renouvellement a été demandé onze mois après la première demande.

Yannis Guillou-Soundron renouvelle donc, encore une fois, sa demande pour 2018. La SIDR indique cependant qu'en 2019, un nouveau logement aurait bien été proposé au couple, qui l'aurait refusé car il n'entrait pas dans leurs critères. "Le nombre de logements disponibles est largement inférieur aux nombres de demandeurs (environ 22.000, ndlr). Il peut s'avérer alors extrêmement compliqué de trouver des appartements répondant aux exigences de chaque locataire" explique la SIDR.

Le couple indique cependant que cette proposition n'a pas fait l'objet d'une commission. Depuis, plus de nouvelles du bailleur social.

- Un nouvel appartement… avec des marches -

Parallèlement, en septembre 2019, la Caisse d'allocation familiale classe l'appartement actuel du couple comme étant "non décent", notamment à cause des infiltrations de l'humidité et la difficulté pour Yannis de se déplacer aisément. Il dépose donc des demandes auprès de la Région, du Département, de la mairie de Saint-Denis ainsi qu'à la préfecture.

Depuis février 2020, le couple est donc classé comme prioritaire auprès de la préfecture, comme au Département. Une demande de logement a aussi été déposée en mairie, et la procédure Dalo (Droit au logement opposable) est en cours. Par ailleurs, leur dossier est maintenant disponible à la totalité des bailleurs sociaux de La Réunion.

Chose qui porte ses fruits, puisque la SHLMR leur propose rapidement un nouveau logement… accessible grâce à des marches. "C'est le comble, cinq ans que nous attendons d'être relogé, et tout ce qu'on me propose n'est pas accessible avec mon fauteuil !" s'exclame Yannis Guillou-Soundron.

Contactée, la SHLMR admet son erreur. "C'est une regrettable erreur, liée à un problème de référencement : l'appartement en question est référencé en "rez-de-jardin", sans qu'il ne soit mentionné que des marches doivent être descendues pour accéder à l'immeuble. Bien sûr, nous nous excusons auprès du couple et reprendrons leur dossier dans les plus brefs délais" indique-t-on du côté du bailleur social.

Si les choses semblent donc bouger pour le couple, il incarne à lui seul la difficulté pour se loger aujourd'hui à La Réunion, tout particulièrement lorsque l'on est porteur de handicap. Ils espèrent aujourd'hui pouvoir trouver rapidement un appartement adéquat, afin d'avoir chacun un quotidien plus simple.

as / www.ipreunion.com / [email protected]
 

   

1 Commentaire(s)

Handiréunion, Posté
Les logements accessibles sont donnés aux familles "valides". Il faut louer ! Pour la SHLMR, une dame au Port ne peut pas utiliser son fauteuil roulant électrique car il y a des marches pour accéder à son appartement, résidence Héliotrope. Il n'y a pas de possibilité de ranger le fauteuil hors de l'appartementâ?|
Donc le problème est connu par le bailleur, là encore, il faut alerter les médias ? Le cas de ce monsieur n'est pas isolé, loin s'en faut.