Les programmes d'échanges fragilisés :

Université : promouvoir les voyages à l'international malgré la pandémie


Publié / Actualisé
Dans le cadre de la semaine organisée par la Direction des relations internationales de l'Université de La Réunion, un forum de la mobilité était installé dans l'enceinte du campus universitaire du Moufia ce mardi 13 octobre 2020. L'objectif : promouvoir le voyage à l'international pour les étudiants et les personnels, et ce malgré la pandémie. Un sacré challenge. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Dans le cadre de la semaine organisée par la Direction des relations internationales de l'Université de La Réunion, un forum de la mobilité était installé dans l'enceinte du campus universitaire du Moufia ce mardi 13 octobre 2020. L'objectif : promouvoir le voyage à l'international pour les étudiants et les personnels, et ce malgré la pandémie. Un sacré challenge. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Promouvoir l’ouverture internationale dans un monde fermé... Voilà le problème auquel doit faire face l’Université de La Réunion. Chaque année, la Direction des relations internationales (DRI) de l’université incite les étudiants réunionnais à aller découvrir de nouveaux horizons, notamment grâce à l’organisation d’une semaine internationale, qui inclue les "Erasmus Days" (le programme qui concerne les voyages en Europe, ndlr). Cependant, la crise sanitaire n’épargne pas le département universitaire, bien au contraire.

"Une soixantaine d’étudiants réunionnais sont actuellement en partance, ce qui est beaucoup moins que les années précédentes" déplore Anne-Françoise Zattara-Gros, vice-présidente des relations internationales et de la coopération régionale de l’Université de la Réunion. "On estime cette chute à environ 40%" précise-t-elle.

"Certains étudiants réunionnais qui devaient partir en Espagne ont préféré annuler leur départ cette année" appuie Marc Zemmour, responsable administratif de la DRI.

Cette baisse se remarque aussi au niveau des quotas d’étudiants étrangers venus poursuivre leur cursus à La Réunion lors d'un programme d'échange. "121 étudiants étrangers inscrits en programme d'échange sont sur notre île, ce qui correspond à une perte d'environ 30% par rapport à l'année dernière" explique Marc Zemmour. La DRI précise cependant qu'en dehors de ces programmes officiels, "il n'y a pas de baisse, au contraire, puisque 614 étudiants internationaux sont présents actuellement contre 548 l'année dernière."

"Une quarantaine d’internationaux sont attendus ici pour le second semestre mais tout dépend de l’évolution de la situation sanitaire, pays par pays" précise le reponsable administratif. 

- Des destinations en moins -

La DRI doit s’adapter aux universités étrangères partenaires qui peuvent décider à tout moment de modifier les accords d’échanges : "le Canada a finalement pris la décision la semaine dernière de ne pas envoyer ni recevoir d’étudiants cette année, alors que le pays devait ouvrir pour le second semestre" déplore le responsable administratif. "On verra l’année prochaine !" lance-t-il, plein d’espoir malgré tout.

Pour promouvoir l’international en pleine crise mondiale, la DRI mène différentes actions comme "des réunions sur l’ensemble des programmes de mobilité" explique Anne-Françoise Zattara Gros. Pour la vice-présidente, cette promotion de la mobilité "ne se fait pas sur une seule semaine, c'est le résultat de plusieurs actions menées quasi quotidiennement par l’ensemble des équipes de la direction des relations internationales".

- Pas de regret pour ceux qui sont partis –

Une chose est sûre, ceux qui ont pris le risque de quitter leur pays d’origine pour découvrir de nouveaux lieux cette année, malgré la crise, ne le regrettent pas. Laura, étudiante allemande, venue poursuivre ses études de lettres à La Réunion, fait partie du programme Erasmus et est très heureuse de son séjour sur l’île. "Je pense qu’en Allemagne avec le froid, les masques et tout, c’est gênant. Au moins ici on a les paysages, la nature, la mer, c’est super !" explique-t-elle, enthousiaste.

La jeune Allemande se sent très soutenue par son université d’origine et apprécie la gestion de la crise par la faculté réunionnaise : "au moins ici on peut avoir des cours en présentiel, dans mon pays tout se fait sur internet. Ici je peux avoir une vraie vie étudiante".

Emilie, étudiante en licence d’espagnol est partie à Séville en Espagne début septembre, pour un voyage universitaire d'un an. "Je me plais beaucoup ici, j’aime le pays, j’aime les gens, j’aime les cours" nous explique-t-elle au téléphone, l’air très satisfait. Elle s’est sentie soutenue dans sa décision de partir : "mes proches m’ont tous encouragée et mon prof m’avait conseillé d’y aller".

Concernant les démarches administratives pour constituer son dossier Erasmus, "c’était assez facile, mais je suis restée dans l'attente quelques temps puisqu’on ne savait pas s’ils allaient maintenir ou tout annuler" explique Emilie. L’Espagne, comme tous les pays du monde, connaît son lot de restrictions liées à la Covid-19 mais rien qui pourrait entacher la bonne humeur de la jeune étudiante : "le masque est obligatoire partout, les bars ferment à 1h du matin mais il y a des événements organisés tous les soirs par l’association pour les Erasmus de l’université, j’ai rencontré des Anglais, des Italiens, des Portugais, beaucoup de Français aussi".

- Un accueil qui s'adapte à la crise -

A La Réunion, l’association étudiante Isrun rattachée à la direction des relations internationales de l’Université et chargée d’accueillir les étudiants internationaux s’adapte à la crise. "Il y a moins d’étudiants donc forcément moins de monde pour nos activités mais ils sont aussi plus proches de nous, car moins nombreux" témoigne le président de l’association, Patrick Colly.

"Le vrai souci concerne l’organisation de nos événements qui sont censés rassembler beaucoup de public, on est obligés de réduire nos effectifs, de faire plusieurs petits groupes" se désole l’étudiant en master. "On arrive tout de même à organiser plusieurs événements, on s’adapte et on y arrive plutôt bien pour l’instant" souligne-t-il, confiant.

La semaine internationale continue jusqu’à vendredi dans l’enceinte de l’université. Un arbre à souhait sera planté le dernier jour de l’événement dans les jardins du campus du Moufia, afin de promouvoir les valeurs de la mobilité et de l’Union Européenne. 

vc / www.ipreunion.com / [email protected]

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !