Un rassemblement est prévu ce mardi :

Entre lassitude et sentiment d'abandon, le secteur de l'événementiel se morfond


Publié / Actualisé
Le secteur de l'événementiel a été l'un des premiers a arrêté son activité au début de l'épidémie. Et pour la plupart, le travail n'a toujours pas recommencé. Entre restrictions sanitaires et protocoles irréalisables, la profession entière est partagée entre un sentiment d'abandon de la part du gouvernement, et la lassitude de ne pas pouvoir travailler. L'Union événementielle de La Réunion (Unev) a donc décidé de se rassembler devant la préfecture ce mardi 15 décembre 2020 pour "montrer qu'ils sont toujours là". (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le secteur de l'événementiel a été l'un des premiers a arrêté son activité au début de l'épidémie. Et pour la plupart, le travail n'a toujours pas recommencé. Entre restrictions sanitaires et protocoles irréalisables, la profession entière est partagée entre un sentiment d'abandon de la part du gouvernement, et la lassitude de ne pas pouvoir travailler. L'Union événementielle de La Réunion (Unev) a donc décidé de se rassembler devant la préfecture ce mardi 15 décembre 2020 pour "montrer qu'ils sont toujours là". (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Nous, tout ce qu'on demande, c'est de pouvoir travailler : nous sommes passionés par notre métier, mais pour l'heure nous avons les mains liées" alerte Chloé Meyssonnier-Merelle, vice-présidente de l'Unev et directrice de l'entreprise "Ma Régisseuse".

La frustration est bien présente chez elle, alors que les professionnels du secteur assurent être en mesure d'organiser des événements fiables et sûrs pour la population. "Nous avons des protocoles sanitaires prêts depuis des mois, nous sommes des professionnels, on est totalement capable de faire notre métier sans mettre la population en danger" s'indigne Chloé Meyssonnier-Merelle. "Notre but ce n'est pas de créer des clusters, mais de pouvoir travailler en toute sécurité" continue-t-elle.

Les événements culturels reprennent tout doucement à La Réunion, mais de façon encadrée, dans des structures dédiées. Exit les cérémonies, mariages, célébrations…"On a vraiment l'impression d'être le secteur qui sert de variable d'ajustement, de ne pas avoir d'importance" souffle Ian Anderson, patron de l'entreprise Stage OI.

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- Sentiment d'amertume -

Plus que de la frustration, c'est surtout le sentiment d'abandon qui prévaut pour lui. "La frustration, on l'a ressentie quand les autorités ont annulé le Sakifo et le Grand Raid. Aujourd'hui, je suis surtout blasé" continue-t-il. Il pointe par ailleurs du doigt les décisions "illogiques" du gouvernement, qui autorisent l'ouverture des hypermarchés, "où tout le monde s'entasse", alors que les cinémas, salles de concert et de spectacle sont toujours fermés en métropole.

"On a espéré un allègement des mesures ici à La Réunion, quand les indicateurs ont commencé à s'améliorer. Mais le préfet a préféré prolonger ces mesures jusqu'au 15 janvier. Si je comprends qu'il faut garder la situation sous contrôle, c'est nous qui payons les pots cassé, le mal est fait" rajoute Ian Anderson.

Tout le secteur devrait être présent ce mardi devant la préfecture, l'Unev tablant sur la présence d'environ 150 personnes. "Ce qu'on veut, c'est montrer que nous sommes toujours là, même si les difficultés s'accumulent et le sentiment d'amertume se fait sentir face aux décisions du gouvernement" indique Jérôme Goulesque, co-fondateur de l'agence Lollipop.

- Détresse psychologique -

Si la Région a accordé des aides au secteur, celles-ci ne couvrent qu'environ deux à trois jours de prestation d'après le chef d'entreprise. "Pas assez pour maintenir la tête hors de l'eau malheureusement" regrette-t-il. Lui, comme d'autres professionnels du secteur, ne pensent pas pouvoir tenir plus de trois mois à ce rythme-là.

"Mais le plus difficile finalement, ce ne sont pas les difficultés économiques, mais psychologiques : nous n'avons aucune visibilité, on ne peut pas se projeter et savoir de quoi sera fait demain, c'est très dur mentalement" alerte Jérôme Goulesque.

400 entreprises composent aujourd'hui le secteur de l'événementiel, dont beaucoup pourraient fermer leurs portes dans les mois à venir. "Il va falloir s'attendre à une hécatombe à partir de janvier" alerte Ian Anderson.

Pour certains, cela a déjà commencé. D'autres se sont reconvertis, en attendant de pouvoir reprendre leur activité. "Il ne faut pas oublier qu'il y a des familles derrières, des foyers qui se retrouvent sans ressource" termine finalement Chloé Meyssonnier-Merelle.

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as/www.ipreunion.com / [email protected]
 

   

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