Mouvements de résistances et d'émancipations :

Un séminaire sur les questions LGBTQI+


Publié / Actualisé
Comment envisager le retour à La Réunion des personnes LGBTQI+ qui sont parties ailleurs "pour s'épanouir" ? C'est la question que s'est posé.e Brandon Gercara, activiste et artiste queer réunionnais.e. C'est à travers ce questionnement qu'iel a organisé le séminaire "Mouvements de résistances et d'émancipations", qui se tiendra les 17 et 19 décembre 2020. Deux journées dédiées à la réflexion autour des questions LGBTQI+ à La Réunion, mais aussi autour du racisme et du sexisme. Les actions et rencontres se tiendront dans plusieurs lieux (Photo rb/www.ipreunion.com)
Comment envisager le retour à La Réunion des personnes LGBTQI+ qui sont parties ailleurs "pour s'épanouir" ? C'est la question que s'est posé.e Brandon Gercara, activiste et artiste queer réunionnais.e. C'est à travers ce questionnement qu'iel a organisé le séminaire "Mouvements de résistances et d'émancipations", qui se tiendra les 17 et 19 décembre 2020. Deux journées dédiées à la réflexion autour des questions LGBTQI+ à La Réunion, mais aussi autour du racisme et du sexisme. Les actions et rencontres se tiendront dans plusieurs lieux (Photo rb/www.ipreunion.com)

Plusieurs invités sont conviés au séminaire, notamment Françoise Vergès, qui animera une conférence sur le thème "décoloniser les luttes" en visio ce jeudi, diffusée à l'Ecole supérieure d'art (tous les autres lieux où se tiennent les actions sont à retrouver ici)

Des ateliers pratiques de drag et de voguing sont aussi prévus, présentés par Sheinara Tanjab et Luna Ninja, tous les deux réunionnais mais résidants désormais en métropole. "Une grande partie des personnes LGBTQI+ réunionnaises font partie de la diaspora, comme tous nos intervenants par exemple. Il y a cette idée que nous pouvons être nous-mêmes uniquement si nous quittons l'île, en plus d'un contexte socio-économique et géographique qui ne favorise pas l’émancipation de la diversité" regrette Brandon Gercara.

L'atelier de drag se tiendra ce jeudi de 8h30 à 12h. Cette pratique "fait référence à la performance des genres" explique-t-iel. "Le pratique viendrait de l’époque où les femmes ne pouvaient pas encore se produire sur scène au théâtre. De l’acronyme DRAGDRessAsGirl, ce sont des hommes qui incarnaient des rôles féminins" détaille-t-iel par ailleurs.

Le vogue, qui sera enseigné entre 14 et 17 heures, est un style de danse "qui a vu le jour grâce à la communauté transafro-latino, et a été repris plus largement par la communauté LGBT racisée" raconte Brandon Gercara. "Il s’agit d’une danse de l’émancipation des personnes queer POC (people of Color)" ajoute-t-iel.

- Luttes décoloniales et intersectionnelles -

Ces deux ateliers ont pour objectif de s'instruire sur ces pratiques, mais aussi de "les envisager comme des pratiques de résistances" face à une société où les personnes LGBTIQ+ racisées ne trouvent pas leur place et dont la voix est étouffée par "des "expatriés" qui lissent les problématiques décoloniales et intersectionnelles" souligne Brandon Gercara.

Ce samedi, à "La Box" au Tampon, une table ronde est par ailleurs prévue avec Sheinara Tanjabi, mais aussi Mathilde Lebon, militante décoloniale, et Raya Martigny, mannequin réunionnaise engagée pour la visibilisation des personnes transgenres, où la question du "retour des LGBTQI+" sera discutée.

"Il y a cette sorte de croyance que pour être soi-même il faut partir de La Réunion, comme les personnes qui seront autour de cette table l'ont fait. Il est nécessaire de réfléchir à une façon de lutter contre les oppressions afin de faire émerger une Réunion queer"

Le séminaire se terminera sur un show "lyp sinc" de Sheinara Tanjabi. Toutes les informations sont à retrouver sur ce lien.

as/www.ipreunion.com / [email protected]
 

   

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