4.800 doses vont être livrées à La Réunion :

Covid-19 : le vaccin n'arrive pas en terrain conquis


Publié / Actualisé
La campagne de vaccination contre la Covid-19 débutera officiellement le 15 janvier 2021 à La Réunion. Difficile d'affirmer qu'elle suscite l'engouement de la population. Doutes, interrogations et peur s'opposent à l'idée de se faire vacciner. Certains se veulent même catégoriques sur la question : le vaccin, ce sera "non". (Photo d'illustration : AFP)
La campagne de vaccination contre la Covid-19 débutera officiellement le 15 janvier 2021 à La Réunion. Difficile d'affirmer qu'elle suscite l'engouement de la population. Doutes, interrogations et peur s'opposent à l'idée de se faire vacciner. Certains se veulent même catégoriques sur la question : le vaccin, ce sera "non". (Photo d'illustration : AFP)

Pour Alain Domercq, président du Conseil interrégional de l'Ordre des médecins, une véritable campagne de sensibilisation sur la vaccination devrait être menée afin d'orienter les Réunionnais dans leur choix. "Il y a un réel besoin d'information, qui est actuellement limitée malheureusement. Une information institutionnelle est nécessaire. Il ne suffit pas de regarder BFM TV et lire quelques articles pour se faire un avis", alerte-t-il.

La mise en circulation du vaccin laisse en effet encore perplexe la majorité de la population. Élaboré en quelques mois seulement, le vaccin Pfizer/BioNTech interroge, notamment concernant sa fiabilité. " Je n'ai pas peur mais le vaccin est nouveau. Il n'a pas encore été testé par suffisamment de personnes donc je pense qui faut attendre", déclare ainsi un passant interrogé dans le centre-ville de Saint-Denis.

Même son de cloche pour un autre passant : "Je me ferai vacciner quand on en saura plus sur les effets secondaires et quand il y aura eu plus d'études cliniques. Pour l'instant elles disent tout et son contraire. J'ai travaillé en industrie pharmaceutique et je peux vous dire que la mise sur le marché d'un produit pharmaceutique prend parfois une dizaine d'année. Là on a quelque chose mis à la va-vite sur le marché !"

- Créer un "élan de vaccination" -

D'après Alain Domercq, il est clair que certaines personnes "ont peur de la nouveauté". "L'aspect récent du vaccin et les interrogations concernant ses éventuels effets secondaires ne jouent pas en sa faveur", précise-t-il. "Il faut se tenir à une stratégie et maintenir des conduites qui soient claires. Il ne faut pas entretenir une sensation de doutes qui rajouterait de la confusion mais conserver une logique d'efficacité car les gens ont besoin de repères pour créer un élan de vaccination."

Christine Kowalczyk, présidente de l'Union régionale des médecins libéraux de l'Océan Indien, partage cet avis et déclarait mardi 5 janvier que la communication autour de la campagne de vaccination avait été trop "complexifiée" et que " tous ces discours précautionneux et ce phénomène de prudence n'avaient pas lieu d'être".

Discrètes jusqu'alors, la préfecture et l'agence régionale de santé ont publié le mardi 5 janvier en fin de journée un communiqué dans lequel elles annonçaient le début de la campagne de vaccination pour le 15 janvier ainsi que la livraison de 4.800 doses de vaccin d'ici le 13 du même mois. Au-delà de ces informations, elles y exposaient par exemple en détails quels types de publics seront concernés par les premières injections.

Lire aussi : 4.800 doses de vaccins vont arriver à La Réunion

- Une population réticente au vaccin –

Malgré ces quelques précisions apportées par les autorités, la population est encore loin d'être conquise par le vaccin. "Je ne veux pas me faire vacciner et ma mère de 90 ans non-plus"', livre ainsi une femme interrogée dans la rue. Certains se montrent très méfiants : "Il n'y a aucun recul sur ce vaccin. Je n'ai pas du tout confiance par rapport au conflit d'intérêt qu'il peut y avoir entre les fabricants de vaccins et la nécessité que l'on soit bien protégé." Enfin, d'autres se veulent catégoriques sur le sujet : "pour moi ça ne fait pas l'objet d'une discussion. Je ne me ferai pas vacciner dans tous les cas."

Preuve de cette réticence face au vaccin, chaque publication sur les réseaux sociaux d'Imaz Press d'un article relatif à ce sujet engendre automatiquement des réactions pour le moins négatives de la part des lecteurs. Regardez

Dans le communiqué publié mardi soir la préfecture rappelle que "le premier objectif de la vaccination, est de faire baisser le nombre des formes graves de Covid-19". Elle ajoute que "la stratégie vaccinale en France repose sur trois grands principes : le libre choix des patients - la vaccination ne sera pas obligatoire -, la gratuité du vaccin et sans avance de frais, et la sécurité - la vaccination se fera dans le strict respect de toutes les règles qui encadrent l’utilisation des produits de santé".

asa/vl/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Joseph, depuis son mobile, Posté
Il y a eu des volontaires pour se faire vacciner. A aucun moment on a eu leurs avis sur ce vaccins.
il fait laisser chacun son libre choix !
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Nous nous posons tous des questions , cette rapidité nous inquiète ...
Et plus personne ne parle des réactions à ce vaccin pour les personnes allergiques .... alors que nous sommes très nombreux à l'être ....