Le collectif Elianna se mobilise contre ces agressions :

Inceste : 4.000 marmailles seraient victimes à La Réunion


Publié / Actualisé
Le collectif Elianna se rassemble ce lundi 8 février 2021 pour interpeller la population et les pouvoirs publics sur un fléau - et immense tabou - qui touche aussi bien La Réunion que la Métropole : l'inceste. Aujourd'hui, sur l'île, deux à trois enfants par classe seraient victimes d'inceste au sein de leur famille, soit plus de 4.000 marmailles. Une situation dramatique, empirée par un taux extrêmement faible de condamnation (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le collectif Elianna se rassemble ce lundi 8 février 2021 pour interpeller la population et les pouvoirs publics sur un fléau - et immense tabou - qui touche aussi bien La Réunion que la Métropole : l'inceste. Aujourd'hui, sur l'île, deux à trois enfants par classe seraient victimes d'inceste au sein de leur famille, soit plus de 4.000 marmailles. Une situation dramatique, empirée par un taux extrêmement faible de condamnation (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Environ 0,6% des bourreaux sont inquiétés pour violences infantiles, c'est un scandale" explique Marc Julien, de Grin d'Sel. Son association, ainsi qu'une quinzaine d'autres, se sont rassemblées en un collectif nommé "Eliana", le nom d'une petite Saint-Andréenne de deux ans morte sous les coups de son beau-père en 2018. "Les violences infantiles sont un véritable fléau, et pourtant leur prise en charge laisse largement à désirer" souligne-t-il. Une réalité que dénonce le collectif, mais aussi de nombreuses associations nationales.

Un chiffre sur l'île, qui fait froid dans le dos : on estime que deux à trois enfants par classe seraient victimes d'inceste au sein de leur famille, soit plus de 4.000 marmailles, indique le collectif. Une situation dramatique, empirée par un taux extrêmement faible de condamnation.

C'est à la suite du livre "La familia grande" de Camille Kouchner que les langues se sont déliées, notamment sur les réseaux sociaux avec le hashtag #MeTooInceste.  La fille de Bernard Kouchner, ancien ministre, affirme dans son récit que son frère jumeau a été victime d'agressions sexuelles de la part de leur beau-père, Claude Duhamel, figure éminente de la politique en France. Suite à la publication du livre, les témoignages ont afflué.

C'est dans le sillon de ce mot-clé que le collectif Elianna a lancé la page Facebook Metooinceste 974, qui voit affluer depuis quelques jours de nombreux témoignages de Réunionnaises et de Réunionnais victimes d'inceste.

Lire aussi : Nous Toutes lance une co-campagne de mobilisation contre l'inceste

- Multiplication des témoignages -

"Je suis victime d'un inceste. A l'âge de six ans, de la part d'un de mes frères et d'un membre de ma famille. Ceci m'a plongée dans un silence forcé pendant des années" décrit une jeune femme, Mélanie, dans une vidéo publiée sur le groupe.

"Quand j'étais enfant, de l'âge de mes 4 à mes 16 ans, j'ai subi l'inceste. Mon frère, qui était censé me protéger, me viole. Ces viols ont duré deux ans. Aujourd'hui, si j'ai décidé de faire cette vidéo, c'est pour toi petite fille, c'est pour toi petit garçon. Personne n'a le droit de te faire des choses qui te font mal, qui te font honte" témoigne une autre femme.

Des récits terribles, qui sont nombreux désormais sur la page Facebook de Metooinceste 974. Comme pour le mouvement #MeToo, la prise de parole de quelques personnes ont pu ouvrir la voie à d'autres victimes, nombreuses.

Le collectif Elianna réclame aujourd'hui une prise de conscience face à ce problème, mais aussi une considération de la parole de l'enfant, trop souvent ignorée par les adultes. "D'autres problématiques, concernant l'aspect juridique, seront abordées ce lundi avec notre avocat" indique Marc Julien.

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

7AC, Posté
Comme on traite nos animaux, on traite nos enfants ?