Le chantier menace une mare naturelle :

Seychelles : polémique autour de la construction d'un nouvel hôtel de luxe


Publié / Actualisé
La construction d'un hôtel de luxe de 120 chambres aux Seychelles divise les habitants. Deux semaines après le début des travaux les organisations non gouvernementales (ONG) pour la protection de l'environnement ne cessent de se mobiliser contre la construction d'un complexe hôtelier à Anse la Mouche dans un des plus jolis sites de Mahé, l'île principale des Seychelles. Les ONG s'inquiètent des conséquences que pourraient avoir la destruction d'une des dernières mares encore à l'état naturel dans le pays. Aux Seychelles avec les constructions multiples, il ne reste plus que 10 % des zones humides. Toutes les autres ont été asséchées pour satisfaire la demande de logement.
La construction d'un hôtel de luxe de 120 chambres aux Seychelles divise les habitants. Deux semaines après le début des travaux les organisations non gouvernementales (ONG) pour la protection de l'environnement ne cessent de se mobiliser contre la construction d'un complexe hôtelier à Anse la Mouche dans un des plus jolis sites de Mahé, l'île principale des Seychelles. Les ONG s'inquiètent des conséquences que pourraient avoir la destruction d'une des dernières mares encore à l'état naturel dans le pays. Aux Seychelles avec les constructions multiples, il ne reste plus que 10 % des zones humides. Toutes les autres ont été asséchées pour satisfaire la demande de logement.

 

Les Seychelles, qui sont signataires de la convention Ramsa, depuis 2005 se sont engagées à  protéger les zones humides. Marie Therese Pervis une des responsables de l’ONG Sustanability for Seychelles (S4S) a dit qu’il y a eu un manque de transparence dans la mise en place du projet, notamment pour la zone sensible où se trouve une marre. "La dernière réunion sur l’impact de l’environnement n’a pas eu lieu pour nous permettre de voir ce que les promoteurs voulaient réaliser pour préserver la mare" a dit Marie-Thérèse Purvis.

La semaine dernière, une cinquantaine de Seychellois ainsi que des responsables d’organisation non gouvernementale, ont manifesté devant le site de construction en respectant les mesures de distanciation sociale, dû au covid pour exprimer leur colère. On pouvait lire sur leurs pancartes "Sauvons la mare". Les manifestants demandent l’arrêt du projet, et refusent la construction d’une nouvelle déviation de la route du littoral qui couperait la communauté d’Anse la Mouche en deux parties. Sustainability for Seychelles a lancé une pétition, contre le projet.

Elle aurait recueilli plus de 2.000 signataires en deux semaines. Mais d’autres habitants accueillent très favorablement ce projet. Ils estiment que cela va permettre de valoriser le site qui est à l’abandon depuis plusieurs années, et que les grands hôtels ont les moyens de financer des projets de protections de l’environnement, tout en valorisant leur site. Pour essayer de calmer le jeu, le président des Seychelles Wavel Ramkalawan, a tenu une conférence de presse pendant plus de 2 heures, en direct à la télévision, en expliquant le bien-fondé du projet.

Le chef de l’État a dit que le projet se poursuivra, car il respecte les lois sur l’environnement du pays. Il a promis que la plage de sable fin restera accessible au public, et que le projet créera 600 emplois pour les Seychellois. Il a surtout dit que l’État seychellois a cédé le terrain pour un bail de 99 ans pour la somme de 4,5 millions de dollars, en assurant qu’à la fin de cette période, le terrain et l’hôtel reviendront aux Seychellois.

Dans la situation économique où se trouvent les Seychelles avec une baisse des touristes de près de 80 % comparait à 2019, le gouvernement encourage ce nouveau projet qui devrait rapporter plus de 25 millions de dollars en investissement au pays pour les 2 prochaines années. Mais de plus en plus de Seychellois se demande si le pays doit investir dans ce genre de projet qui défigure la beauté du paysage de l’île et qui coûte très cher en matière d’infrastructures.

Les Seychellois préféreraient voir à la place des plus petits établissements avec une touche créole qui représente la culture de l’île. Mais pour d’autres personnes impliquées dans la protection de l’environnement ce projet touristique est au contraire une aubaine pour obtenir des fonds pour protéger la mare est les espèces qui vivent dans les zones humides.

rs/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

CAJAOP, Posté
Autour de la mare, je verrais bien un beau chemin bétonné.
Dadou, Posté
Eh oui, hélas!!! Ça fait plusieurs années que les gouvernements vendent ses magnifiques paysages , le pire c'est La destruction de dizaines d'hectares à mahe pour permettre au prince d'Abu Dabi de construire un palais , qui défigure le paysage , en échange de bateaux pour défendre les bateaux de pêche contre les attaques somaliennes. Soi disant il devait y avoir un agrandissement de l'hôpital , mais ils attendent toujours!! Puis massacrer les zones au niveau d'anse Lazio pour construire des appartements de luxe et un hôtel...autant à une époque il y avait bcp de protection, maintenant c'est le fric à tout va?