Nouvelle route du littoral :

Carrière des Lataniers : l'Autorité environnementale qualifie l'étude d'impact "d'excès d'optimisme"


Publié / Actualisé
L'Autorité environnementale a publié ce mercredi 24 février 2021 son avis relatif à l'étude d'impact de la réhabilitation des Lataniers. La carrière devrait être exploitée pour fournir en roches massives la Nouvelle route du littoral, cependant l'AE qualifie l'étude d'impact "d'excès d'optimisme", soulignant de nombreux manquements. "Si l'évaluation des enjeux apparaît globalement correcte dans l'étude d'impact, il est à souligner que l'appréciation des incidences souffre d'un excès d'optimisme, l'étude considérant souvent que les précautions usuelles de bonne gestion permettraient de supprimer ou réduire suffisamment la plupart des impacts" souligne en effet le rapport (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'Autorité environnementale a publié ce mercredi 24 février 2021 son avis relatif à l'étude d'impact de la réhabilitation des Lataniers. La carrière devrait être exploitée pour fournir en roches massives la Nouvelle route du littoral, cependant l'AE qualifie l'étude d'impact "d'excès d'optimisme", soulignant de nombreux manquements. "Si l'évaluation des enjeux apparaît globalement correcte dans l'étude d'impact, il est à souligner que l'appréciation des incidences souffre d'un excès d'optimisme, l'étude considérant souvent que les précautions usuelles de bonne gestion permettraient de supprimer ou réduire suffisamment la plupart des impacts" souligne en effet le rapport (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Pour l’Ae, les principaux enjeux environnementaux du projet sont les suivants :

• la protection des habitats naturels, de la flore et de la faune sauvages, notamment des
chauves-souris,
• la préservation des continuités écologiques et en général du fonctionnement des écosystèmes, en particulier pour le Pétrel de Barau et le Puffin de Baillon,
• les nuisances pour les riverains (bruit, vibrations, poussières et risques de projections),
• la qualité du paysage,
• le risque d’inondation.

Si l’évaluation des enjeux apparaît globalement correcte dans l’étude d’impact, il est à souligner que l’appréciation des incidences souffre d’un excès d’optimisme, l’étude considérant souvent que les précautions usuelles de bonne gestion permettraient de supprimer ou réduire suffisamment la plupart des impacts.

L’Ae recommande de mettre à jour l’étude sur le bruit, les poussières, la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre en retenant un trafic maximum de 1 500 passages quotidiens de poids lourds, ce qui correspond à un engagement contractuel du groupement d’entreprises. En outre, l’évaluation du bruit provenant de la piste n’a pas été faite selon les usages pour les infrastructures de transport. L’Ae recommande d’y remédier.

La présence de la zone d’aménagement concerté (ZAC) " Cœur de Ville " à proximité immédiate de la carrière est mentionnée, et sa réalisation (qui a commencé) se poursuivra en parallèle du projet, conduisant à augmenter significativement la population exposée aux nuisances. L’Ae recommande d’en tenir compte dans l’étude d’impact, en particulier pour le bruit, les pollutions, les cumuls d’impacts et dans l’étude de dangers de la carrière. Elle recommande aussi de mettre à jour l’étude de dangers avec l’évolution des enjeux, du fait notamment de la réalisation de la ZAC, et de démontrer la compatibilité de l’exploitation de la carrière avec la présence croissante d’habitants à proximité.

L’existence d’une zone humide à l’embouchure de la ravine n’a pas été prise en compte dans l’étude des incidences. L’Ae recommande de compléter ce point avec les mesures d’évitement, de réduction ou de compensation (ERC2) nécessaires. Plus généralement concernant les habitats naturels, la faune et la flore, mais aussi les continuités écologiques (le site est un corridor majeur pour le Pétrel de Barau), l’Ae recommande de compléter la démarche ERC pour réduire les impacts résiduels à un niveau négligeable – ce qui n’est pas le cas en l’état du projet.

Concernant le Taphien de Maurice, le projet entraîne la destruction d’habitats fonctionnels. Il reste nettement insuffisant et nécessite des mesures complémentaires substantielles.

Lire aussi : exploitation des carrières : les enquêteurs disent oui à la Région, sous conditions

Lire aussi : "Les impacts des carrières concernent tous les Réunionnais"

   

4 Commentaire(s)

ARM, Posté
il est regrettable que la plupart des contestataires ne proposent pas de solution curative.
Dany974, Posté
Pas de carrière aux lataniers, c'est clair non !Vous voulez une nouvelle ZAD kasabona version Possession ?
Stean, Posté
1500 camions par jours?? Je me trompe ou cette carrière est en centre ville, non?
Amateurisme, Posté
Tout viaduc et c'était terminé. Mais comme il fait faire " plaisir " aux transporteurs....Triste bilan. En juin on change.