Oeuvre sur les victimes de l'esclavage à Paris :

"Nous ne voulons pas de mémorial au rabais" affirme l'Elysée


Publié / Actualisé
Cette semaine nous parlions du projet de mémorial dédié aux victimes de l'esclavage, qui devrait être créé sur la place des Tuileries à Paris d'ici la fin de l'année. Un projet chapeauté par le ministère de la Culture mais qui bat de l'aile, alors que l'appel à candidatures censé sélectionner l'artiste en charge de l'oeuvre a été annulé. Les candidats ne répondaient pas au critère principal : inscrire les 200.000 noms d'esclaves affranchis, venant aussi bien de La Réunion que des Antilles ou de la Guyane. Contacté par Imaz Press, l'Elysée affirme prendre le projet au sérieux et indique qu'un nouvel appel d'offres va être lancé d'ici peu, avec cette exigence inchangée qui est de faire figurer tous les noms sur l'oeuvre finale. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Cette semaine nous parlions du projet de mémorial dédié aux victimes de l'esclavage, qui devrait être créé sur la place des Tuileries à Paris d'ici la fin de l'année. Un projet chapeauté par le ministère de la Culture mais qui bat de l'aile, alors que l'appel à candidatures censé sélectionner l'artiste en charge de l'oeuvre a été annulé. Les candidats ne répondaient pas au critère principal : inscrire les 200.000 noms d'esclaves affranchis, venant aussi bien de La Réunion que des Antilles ou de la Guyane. Contacté par Imaz Press, l'Elysée affirme prendre le projet au sérieux et indique qu'un nouvel appel d'offres va être lancé d'ici peu, avec cette exigence inchangée qui est de faire figurer tous les noms sur l'oeuvre finale. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

C'était l'un des trois engagements du mandat d'Emmanuel Macron sur la mémoire de l'esclavage : installer un mémorial place des Tuileries à Paris. Un appel à candidatures a donc été lancé en juin 2020 pour choisir l'artiste en charge de ce projet, mandaté par le ministère de la Culture. Mais les propositions s'éloignaient hélas trop du cahier des charges, qui demandait à ce que les 200.000 noms répertoriés soient bien inscrits sur l'oeuvre finale.

Le Comité marche du 23 mai 98 (CM98), situé aux Antilles et qui a pris en charge en grande partie le recensement de ces noms, s'était indigné de l'absence de réaction du gouvernement sur ces contradictions. Gouvernement qui a finalement décidé d'annuler purement et simplement l'appel d'offres pour en lancer un nouveau.

Lire aussi - Mémorial de l'esclavage à Paris : l'appel à candidatures tourne au fiasco

Contacté par Imaz Press, l'Elysée assure que "l'objectif est bien de réaliser ce projet, il doit aller à son terme". Le cafouillage de l'appel d'offres serait le résultat de "contradictions internes au sein du comité pilotage" nous dit-on. "On ne peut pas se permettre de ne pas être consensuels sur ce projet". Or les artistes pré-sélectionnés ne prenaient pas suffisamment en compte le cahier des charges alors que l'inscription des noms est essentielle, affirme l'Elysée, "il ne peut pas en être autrement".

Un nouvel appel d'offres va donc être lancé, "nous serons amenés à communiquer dessus très vite" nous dit-on, bien que "la crise sanitaire ralentisse un peu les choses. Mais le projet est défini, le budget aussi. Il risque d'y avoir un peu de retard mais on va essayer de rester dans le calendrier global" ajoute l'Elysée. La date de livraison était jusqu'ici estimée autour des mois de septembre-octobre 2021.

L'Elysée dit cependant comprendre la colère de certaines associations face à ce contre-temps. "Cela montre aussi qu'il y a de la passion autour de ce sujet, et de fortes attentes." Le projet de mémorial aux Tuileries reste "une priorité", pas question d'avoir "un mémorial au rabais, il faut que ce soit quelque chose de réussi."

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

5 Commentaire(s)

JBD CM98, Posté
Un mémorial dédié aux victimes de l'esclavage colonial, pour honorer la mémoire de ceux qui, à des fins mercantiles, furent déportés, mal traités et privés d'humanité. Ces personnes ont participé grandement à la richesse de la France. C'est d'eux et de leur humanité dont on parle lorsque l'on dénonce le crime commis. Eux, ce sont nos parents. Nommons tels quels dignement et honorons ces enfants de la République. Le CM98 entreprend cette démarche depuis plus de vingt ans et a obtenu que la 23 mai soit la date nationale du souvenir des victimes de l'esclavage. Partagez avec nous cette reconnaissance et exigeons que le mémorial soit inauguré à cette date : le 23 mai (www.cm98.fr/[email protected])
Marie-Josèphe, Posté
Ne rien lâcher !
Missouk, Posté
Pour l'instant, ce n'est même pas un mémorial au rabais, c'est pas de mémorial du tout ! Pas forcément la priorité du gouvernement!
Atterré, Posté
Et si on arrêtait de regarder constamment derrière ? ? ?
Point de vue, Posté
Ce serait bien d'avoir le point de vue des associations. Pour une plus grande objectivité.