Un défi planétaire à résonnance locale :

Saint-Pierre : elles et ils vont marcher pour le climat


Publié / Actualisé
Ce dimanche 28 mars 2021, plusieurs organisations telles que Europe Ecologie les Verts, Attac Réunion, AID, FSU Réunion, QG Zazalé, Greenpeace Réunion, Alternatiba, Collectif Citoyen pour le Climat ou encore Extinction Rebellion organisent une marche pour le climat à Saint-Pierre. L'action veut ensibiliser la population sur les enjeux climatiques présents à venir, tant au niveau mondial que pour notre territoire, mais aussi pour dénoncer le projet de loi " Climat et résilience " qui sera débattu à l'Assemblée Nationale à compter du 29 mars. Pour les organisateurs de cette marche, ce projet de loi n'est pas à la hauteur des espérances nées à la suite de la "Convention citoyenne pour climat" mise en place par Emmanuel Macron (Photo rb/www.ipreunion.com)
Ce dimanche 28 mars 2021, plusieurs organisations telles que Europe Ecologie les Verts, Attac Réunion, AID, FSU Réunion, QG Zazalé, Greenpeace Réunion, Alternatiba, Collectif Citoyen pour le Climat ou encore Extinction Rebellion organisent une marche pour le climat à Saint-Pierre. L'action veut ensibiliser la population sur les enjeux climatiques présents à venir, tant au niveau mondial que pour notre territoire, mais aussi pour dénoncer le projet de loi " Climat et résilience " qui sera débattu à l'Assemblée Nationale à compter du 29 mars. Pour les organisateurs de cette marche, ce projet de loi n'est pas à la hauteur des espérances nées à la suite de la "Convention citoyenne pour climat" mise en place par Emmanuel Macron (Photo rb/www.ipreunion.com)

- Le projet de loi "Climat et résilience" au cœur de la contestation -

C’est avant tout le projet de loi "Climat et résilience" qui est au cœur de la contestation. Ce dernier, qui sera débattu à l’Assemblée Nationale à compter du 29 mars prochain, est censé avoir repris les principales recommandations de la Convention citoyenne pour climat. Pas pour Europe Ecologie les Verts qui, dans un communiqué, estime que " malgré les promesses ", ce texte "n’est pas à la hauteur des enjeux climatiques". "Seules 30% des propositions sont reprises partiellement, et nombre d’entre elles sont repoussées dans le temps ou voient leurs périmètres d’application restreints", explique l’organisation écologique.

Ce document a fait l’objet d’âpres discussions au sein de la Commission spéciale de l’Assemblée Nationale où les débats ont pris fin ce vendredi 19 mars. Pour la députée Delphine Batho, ce texte enregistre ainsi plusieurs reculs par rapport aux propositions émises durant la Convention citoyenne pour le climat : suppression de la généralisation de la consigne de verre, le maintien des échantillons de publicité distribués par certains magazines, le retrait de la possibilité pour un maire de ne pas autoriser la publicité numérique dans les vitrines… Les parlementaires ont également noté un recul en matière de performance thermique et énergétique des bâtiments.

Europe Ecologie les Verts dénonce par ailleurs des délais d’applications "plus tardifs" pour les Outre-mer, et évoque le fait que certaines mesures soient " décalées ", sans détailler les mesures concernées. Pour l’ensemble des marcheurs, ce projet de loi, en l’état, n’apporte en tout cas pas de réponse concrète à " l’urgence climatique mondiale ", dont les répercussions se font aussi sentir au niveau local.

- Le réchauffement climatique mondial… -

Le réchauffement climatique est une réalité. Selon les dernières prévisions du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), la Terre devrait subir une augmentation de températures de 3°C d’ici la fin de ce siècle. Cela, dans les prévisions les plus optimistes puisque l’ONU n’hésite pas à évoquer une hausse comprise entre 3°C et 5°C.

Preuve que cette tendance au réchauffement climatique se confirme, l’année 2020 fut "l’année la plus chaude jamais enregistrée" selon l’ONU, dépassant le record de 2016. Cela, malgré une année perturbée par la Covid-19 qui avait fortement diminué l’émission de gaz à effet de serre à cause du confinement quasi mondial.

Ce triste record a eu comme corollaire une hausse des catastrophes météo majeurs sur la planète, des méga feux ayant ravagé l’Australie et les Etats-Unis, des ouragans en série dans les Caraïbes, des inondations au Bengladesh, les pires de l’histoire de ce pays d’Asie, selon l’organisation Christian Aid, les 10 catastrophes météo les plus importantes de 2020 auront été la cause de 3500 décès, du déplacement de 13,5 millions de personnes, et de 150 milliards d’euros de dollars de dommages assurés.

- … a un impact au niveau local -

Selon Météo France, la hausse des températures est une réalité à La Réunion. Selon une étude de 2015, l’analyse des tendances depuis 40 ans révèle une hausse significative des températures moyennes sur l'ensemble des postes de mesures de l'ordre de 0,15°C à 0,2°C par décennie, soit près d’1°C sur un demi-siècle. Une tendance qui, sans nul doute, s’est accélérée ces dernières années puisque l’été 2019, par exemple, fut l’été le chaud à La Réunion des 51 dernières années.

L’autre principale conséquence de ce réchauffement est une raréfaction des pluies, ce qui engendre des phénomènes de sécheresse sur l’île. Ainsi, la période de mai à décembre 2020 a été qualifiée par Météo France d’"exceptionnelle" en termes de déficit hydrique sur une grande partie de La Réunion.

Cela a eu des conséquences non négligeables, tant pour les agriculteurs, se retrouvant en difficulté dans le cadre de leur activité, que pour les Réunionnais en général qui ont été nombreux à subir des coupures d’eau, dans l’Est de l’île notamment.

Et la situation ne va allant qu’en se dégradant selon les projections de Météo France. "Sur La Réunion, la hausse des températures prévue pour la fin du siècle s'établit dans une fourchette comprise entre 1,7 et 2,6°C selon les 2 scénarios étudiés ", explique l’organisme en charge de la surveillance Météo dans la zone. Il prévoit par ailleurs " des épisodes plus "soutenus" d'alizés en hiver".

Côté précipitation, Météo France prévoit une diminution des précipitations durant l’hiver, tout particulièrement pour la région sous le vent (moitié ouest de l’île) tandis que l’été devrait enregistrer une hausse des précipitations, du fait d’un rallongement de la période des pluies qui pourrait s’étirer jusqu’au mois d’avril ou de mai.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

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