Centre national de la fonction publique territoriale :

Face à la polémique, Mehdi Boukerrou renonce au poste de directeur du CNFPT


Publié / Actualisé
Mehdi Boukerrou, nommé récemment directeur de la délégation de La Réunion du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), renonce finalement à son poste. Sa nomination a provoqué un tollé du côté des élus réunionnais, qui appellent plutôt à un "recrutement local". Face à la polémique, Mehdia Boukerrou a contacté la présidence du CNFPT pour annoncer le retrait de sa candidature. (Photo : capture d'écran Linkedin)
Mehdi Boukerrou, nommé récemment directeur de la délégation de La Réunion du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), renonce finalement à son poste. Sa nomination a provoqué un tollé du côté des élus réunionnais, qui appellent plutôt à un "recrutement local". Face à la polémique, Mehdia Boukerrou a contacté la présidence du CNFPT pour annoncer le retrait de sa candidature. (Photo : capture d'écran Linkedin)

C'est à travers ce courrier que Mehdi Boukerrou a transmis sa décision de refuser le poste de directeur du CNFPT à la présidence du centre : "J'ai décidé après mures réflexions de ne pas donner suite à votre proposition de recrutement pour le poste de directeur régional de la délégation Réunion du CNFPT, ce qui constitue pour moi un renoncement important à un poste qui correspond à mes valeurs et à mes convictions, celles de contribuer à offrir à tous, par l'acquisition de compétences, des opportunités de réussite professionnelle au bénéfice de l'intérêt général". Cela fait deux ans que l'administrateur travaille à la DIECCTE de La Réunion, indique-t-il.

"J'ai bien conscience que les enjeux de contestation sur cette nomination dépassent ma simple personne, mais il ne m'est pas possible d'admettre que ma famille et moi-même fassions l'objet d'une campagne calomnieuse, bien que mon recrutement ait été fondé sur une analyse précise de mes aptitudes statutaires et de mon expérience professionnelle" ajoute-t-il. "Il m'est vraiment difficile de constater être au coeur d'une polémique autour de la discrimination à l'embauche, alors même que je travaille sur ce sujet depuis de très nombreuses années. Dans ces circonstances dommageables pour moi et ma famille, j'estime que les conditions ne sont pas réunies pour prendre ce poste en toute sérénité. Je le regrette. En responsabilité et en signe d'apaisement, je prends cette décision de retrait tout en vous remerciant pour le soutien et la confiance que vous m'avez accordés."

Le président du CNFPT transmet ce courrier et indique qu'il "regrette son retrait". "Je pensais que travailler et habiter sur une île dont les Réunionnais incarnent si bien la richesse de la diversité, y être engagé professionnellement et familialement, pouvait permettre de se prévaloir comme légitime dans un poste à responsabilité, dès lors que le principe d’égalité de traitement des candidats était strictement respecté" écrit le président François Deluga qui évoque une "campagne nauséabonde, ciblant personnellement le candidat pressenti, et colportant de fausses informations,, retentissant sur sa famille". Ainsi il ajoute :" j’estime que des limites sont franchies, des limites qui fondent notre République, et qui vont à l’encontre de mon engagement au CNFPT. Je prends donc acte de la décision de retrait de Monsieur Mehdi BOUKERROU et lui souhaite, malgré le contexte compliqué du moment, pleine réussite dans la poursuite de sa carrière à La Réunion, où il réside et exerce avec succès les fonctions de directeur adjoint, secrétaire général de la DIECCTE".

Une nouvelle procédure de recrutement sera lancée dans les prochaines semaines afin de pourvoir au remplacement de l’actuelle directrice, qui part à la retraite.

- Nombreuses réactions après sa nomination -

La nomination de Mehdi Boukerrou au poste de directeur de la délégation réunionnaise du CNFPT a provoqué un tollé du côté des élus de l'île. Le 29 mars, la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts a pris la décision de démissionner de ses fonctions au Conseil régional d'orientation de La Réunion (CNFPT) où elle venait d'être élue : "cette nomination (de Mehdia Boukerrou, ndlr) va à l'encontre du combat que je mène depuis des années pour favoriser, à compétences requises, le parcours de Réunionnais compétents".

Le président du Conseil régional Didier Robert s'est lui aussi opposé à cette nomination, tout comme le président du Conseil départemental Cyrille Melchior : "sans préjuger des compétences de Monsieur Boukerrou, je ne peux que regretter cette décision prise alors même que de nombreux Réunionnais vivant sur notre territoire possèdent toutes les aptitudes pour diriger cet organisme". Serge Hoareau, président de l'association des maires (AMDR), s'est dit étonné "de voir qu’un organisme censé gérer la formation des 42.000 agents de la Fonction Publique Territoriale de La Réunion ne promeuve pas un cadre territorial formé en son sein, avec une bonne connaissance des collectivités locales".

Le député Jean-Hugues Ratenon pour sa part avait demandé à Mehdia Boukerrou "de faire marche arrière par respect envers les Réunionnais et ceux qui s’investissent pour acquérir des compétences". Le député Jean-Luc Poudroux quant à lui a souhaité dénoncer "de manière très ferme de telles modalités de recrutement qui sont d'un autre temps". La maire de Saint-Paul Huguette Bello a qualifé ce recrutement de "choix parisien effectué sans concertation avec les élus réunionnais". Le maire de Saint-Joseph Patrick Lebreton avait appelé à "reconsidérer cette décision".

Le CREFOM, sous la signature du délégué régional Richel Sacri, a appelé au boycott de cette instance "car il est à craindre que la nouvelle direction locale trouve un terrain favorable à l'expansion des cadres hexagonaux au sein des collectivités territoriales jusqu’ici préservées". Gilles Leperlier, président de l'association Nou lé kapab, a estimé qu'il était "de la responsabilité de Monsieur Boukerrou de reconsidérer cette nomination et de reprendre son poste au sein de la DIECTTE Réunion, là où son recrutement peut d’ailleurs déjà susciter des questionnements".

D'autres figures politiques de l'île comme l'écologiste Emmanuel Doulouma, ont dénoncé "le déferlement d'une vague de contestations locales" et la mise en avant du concept de "préférence régionale" : "sur la forme cette levée de boucliers me laisse très perplexe notamment sur sa visée purement électoraliste et populiste alors que la "préférence régionale" est contraire aux principes fondamentaux de la constitution".

www.ipreunion.com / [email protected]

   

12 Commentaire(s)

Ti Léon, Posté
En lisant les commentaires de Romuald, j'ai d'abord souri. Le 2ème degré est une arme que je ne manie pas assez,mais qui me ravit.Et puis j'ai eu un doute...C'est du premier degré, quelle horreur ,quelle bêtise, quel égoïsme...
Romu, Posté
La Réunion doit quitter la France. Plus de pognon de l'Europe, plus de loi nationale. Enfin libres et émancipés. Plus de continuité territoriale puisque le territoire fera 2512 km carrés. Fermeture du port et de l'aéroport, vive l'autarcie et ceux qui 'en veulent pas dégagent.
Réaliste, Posté
Quelle honte !Où est le vivre ensemble ?J'imagine l'inverse. Un des nombreux Réunionnais de métropole qui exercent de hautes fonctions était traité ainsi. Sous prétexte qu'il ne soit pas Breton ou Auvergnat l'accès à ce poste lui soit refusé parce qu'il est Réunionnais. J'imagine les réactions.La préférence régionale est une mesure anticonstitutionnelle et purement raciste.J'ai honte d'être Réunionnais
Supprimer l amendement Vira, Posté
L'amendement Virapoule bloque toute initiative locale en effet. C'est un amendement qui correspondait au siècle dernier. Il faut évoluer !
Ti Léon, Posté
Préférence régionale : oui, à qualification égale!Encore qu'il faut s'entendre sur la signification de régional. Le gars qui est installé avec sa famille depuis quelques années , c'est qu'il y est bien, qu'il est intégré. Je ne connais pas M.Boukerrou, mais je suis admiratif de son abnégation et solidaire de son chagrin. Il est grand temps de barrer la route à ces racistes et autres indépendantistes qui n'esperent qu'une chose: le chaos et sÃ"rement tirer les marrons du feu.
LODAS, Posté
Je propose les candidatures de Sandra S et Thierry V..........candidats bien ancrés localement, C.V disponibles au C.D.G .
Grognon, Posté
qu'est-ce qu'il ne faut pas lire ou entendre, quand un métropolitain se voit exclure d'un poste, bien souvent obtenu grâce au réseau au copinage ! et cette technique de retourner la faute sur les reunionnais...il faut arrêter de se courber devant cette populace dont on a eu à subir dans mon ancienne vie, mais dont nous avons su régler le problème, sans violence aucune....
Ouïgour, Posté
Il y'a que Emanuel Doulema pour dénoncer la hypocrisie des nos "zelus". Quand ils/elles sont dans "le pétrin" avec la "justice macro" la préférence n'est pas régionale pour choisir de préférence des avocats parisiens aux frais des contribuables
Jeanbon, Posté
C'est tout à fait logique comme décision, y'en a qui osent quand même !
SOMANKE, Posté
Thierry Robert a gagné, ses subalternes (tout le monde) ont plie, il lui a suffi de s'allonger sur le sol de sa chambre pour montrer sa détermination et sa grandeur pour que raison lui soit donnée. Il a eu son poste.L'annee Prochaine à la même date, il fera chaud pour le ministre des outre-mer.......?
KUNTA KINTé, Posté
Tu ne veux pas qu'on verse une larme : du retrait de Mehdi BOUKERROU au poste de directeur de la délégation de la Réunion du CNFPT, Et puis quoi encore !
REUNIONNAIS, Posté
Il appartient aux élus réunionnais de demander un changement de statut pour La Réunion, comme en Corse ou en martinique, car actuellement la loi est contre nous et doublement avec l'amendement Virapoullé qui supprime toutes initiatives locales...il faut cela cesse pour l'avenir de notre jeunesse...