Le Grand port maritime répond à TLF :

Blocage du Canal de Suez : "il y a des perturbations, mais tout va arriver à bon port"


Publié / Actualisé
Dans un communiqué diffusé ce vendredi 9 avril 2021, le syndicat TLF (Transport et logistique de France) Réunion affirmait que le blocage du canal de Suez impacterait fortement La Réunion, contrairement aux affirmations du Grand port maritime. TLF prévoit des embouteillages et des ruptures de stock, ce que dément le GPM.
Dans un communiqué diffusé ce vendredi 9 avril 2021, le syndicat TLF (Transport et logistique de France) Réunion affirmait que le blocage du canal de Suez impacterait fortement La Réunion, contrairement aux affirmations du Grand port maritime. TLF prévoit des embouteillages et des ruptures de stock, ce que dément le GPM.

Après une semaine de blocage, le porte-conteneurs Ever Given, coincé en travers du Canal de Suez en Egypte, a été remis à flots. En tout, 425 bateaux ont été impactés, ne pouvant plus passer sur cet axe économique pourtant crucial.

Lors du déblocage de l'Ever Given, le Grand port maritime (GPM) de La Réunion avait estimé que l'impact serait minime pour l'île, prévoyant un retard de dix jours environ concernant deux bateaux. Des délais qui ne devaient pas perturber le réapprovisionnement de l'île.

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Pourtant TLF affirme le contraire ce vendredi, par voie de communiqué. "La réalité du terrain c’est que ce sont plus de 4.000 conteneurs qui sont attendus en semaine 15-16. Les professionnels du transport et de la logistique tirent donc de nouveau la sonnette d’alarme et attendent du GPM qu’il propose un plan d’actions pour anticiper les problèmes à venir avec l’arrivée de l’ensemble de ces conteneurs."

- Du retard mais pas d'embouteillage -

Interrogé par Imaz Press, le directeur du GPM Eric Legrigeois reste cependant optimiste. "On peut comprendre l'inquiétude des opérateurs, et les ordres de grandeur de 4.000 conteneurs concernés sont dans l'ordre de grandeur qu'on avait annoncé fin mars, à peu près 1.800 conteneurs venant d'Europe chaque semaine. Où on conteste l'analyse, c'est que les opérateurs ont anticipé et les aconiers notamment ont libéré de la place sur les terres plains pour absorber cet à-coup dans les flux logistiques" affirme-t-il.

Pas d'embouteillage donc, grâce à cette anticipation, mais des retards évidents, "d'une ou deux semaines". L'occasion de rappeler pour Eric Legrigois que le bateau qui a été dévié dans un premier temps vers l'île Maurice est une l'initiative de l'armement, "le GPM avait fait en sorte qu'il puisse venir à La Réunion".

- "Pas d'inquiétude" sur les stocks -

Concernant les ruptures de stocks, là aussi le GPM veut temporiser. "On est à l'échelle de quelques jours. S'il y a des produits dont les stocks sont effectivement à quelques jours près, il pourrait y avoir des pénuries. Mais pour le reste je n'ai pas d'inquiétude particulière" déclare le président du directoire. "Il y a des perturbations, on ne va pas le nier, mais tout va arriver à bon port." L'absence de pénurie ne devrait donc, en toute logique, pas entraîner de hausse des prix.

La planification des escales, actuellement calée par la capitainerie, est faite pour que les flux et déchargements restent le plus fluides possibles, tout en gardant la totalité des mouvements prévus. "On a laissé aux compagnies la liberté de prolonger les escales si elles en avaient besoin" précise par ailleurs Eric Legrigeois.

- Tensions autour des concertations -

TLF Réunion accuse également le Grand port maritime d'être "dans le déni" face aux conséquences du blocage de Suez, et malgré cette situation, de plancher sur "les projets de développement de la zone arrière portuaire", qui concerne la mise à disposition d'un foncier de 15 hectares.

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"Je déments ces affirmations parce que notre feuille de route a été présentée aux acteurs économiques, au sein du conseil de développement en novembre 2018, où siège d'ailleurs TLF" affirme Eric Legrigeois qui précise, document en main : "les orientations ont été validées à l'unanimité". Parmi les orientations votées, l'aménagement de la zone arrière portuaire.

"Ce qui a été signé avec le Département, c'est une méthode visant justement à organiser la concertation plus fine de l'aménagement de cette zone. Il est fait sur la base d'une étude diligentée avec le TCO en 2018. Maintenant on va arriver dans des zones plus opérationnelles. On a créé le comité stratégique de valorisation, qui va statuer sur ces sujets, et le monde économique sera représenté aux côtés des collectivités concernées." Le Grand port maritime l'affirme donc : le syndicat TLF fera partie des échanges.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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