L'épidémie est toujours là :

Lutte contre la dengue : l'immense échec collectif


Publié / Actualisé
Alors que La Réunion fait face à une nouvelle résurgence de cas de dengue depuis désormais quelques semaines, le virus n'est jamais vraiment parti. Depuis 2018, chaque semaine, de nouveaux cas sont enregistrés dans l'île. En hiver, il ne s'agit que de quelques malades. Cependant, une fois la saison des pluies de retour, les cas se multiplient, souvent pour arriver jusqu'à 1.000 par semaine. Début 2018, les autorités avaient indiqué que le virus "ne devait surtout pas passer l'hiver". Trois ans plus tard, force est de constater que la lutte contre la dengue est un échec. Et tout le monde a sa part de responsabilité (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alors que La Réunion fait face à une nouvelle résurgence de cas de dengue depuis désormais quelques semaines, le virus n'est jamais vraiment parti. Depuis 2018, chaque semaine, de nouveaux cas sont enregistrés dans l'île. En hiver, il ne s'agit que de quelques malades. Cependant, une fois la saison des pluies de retour, les cas se multiplient, souvent pour arriver jusqu'à 1.000 par semaine. Début 2018, les autorités avaient indiqué que le virus "ne devait surtout pas passer l'hiver". Trois ans plus tard, force est de constater que la lutte contre la dengue est un échec. Et tout le monde a sa part de responsabilité (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les autorités se veulent actuellement rassurantes, bien que près de 1.000 cas ont été confirmés dans l'île en l'espace d'une semaine. Elles se veulent même rassurantes alors que des atteintes ophtalmiques se multiplient, une complication qui n'existait que très peu les années précédentes.

Un discours prudent, qui ne reflète pas toujours la réalité du terrain. Dans les cabinets médicaux de l'île, particulièrement dans l'ouest où l'épidémie est majoritaire – 78% des contaminations y sont enregistrées - les patients s'enchaînent. Les formes graves, elles aussi, semblent être plus nombreuses que les dernières années.

Si l'épidémie de Covid-19 fait rage à La Réunion, la dengue est tout aussi présente. Pourtant, elle semble désormais reléguée au second plan aujourd'hui. L'époque où des renforts de l'armée arrivaient de métropole pour lutter contre la prolifération des moustiques semblent bien lointaine désormais. Et pourtant, les chiffres actuels de la dengue sont comparables à ceux de 2019.

Il y a deux ans, 50 militaires avaient en effet été mobilisés pour venir en aide à la lutte anti-vectorielle dans l'île. Depuis, plus aucune aide n'est venue du national, dans un contexte épidémique qui est similaire, voire pire. Car il y a deux ans, seul un type de dengue circulait dans l'île, contre trois aujourd'hui.

- Une épidémie délaissée pour une autre -

La nécessité de se concentrer sur la lutte contre le Covid-19, et le désir de ne pas affoler la population sont compréhensibles. Mais la présence de la dengue est bel et bien une réalité. Et ce n'est pas parce qu'aucune mort n'a été enregistrée en 2021, qu'il n'est pas important d'enfin prendre ce problème à bras le corps. D'ailleurs, le premier décès de 2020 avait été signalé...le 15 avril. A noter que les ambitions de l'ARS, en 2018 comme en 2019, étaient de ne pas laisser le virus dépasser l'hiver. Une mission non seulement ratée, mais qui semble en plus ne plus être une priorité.

Les démoustications continuent dans l'île, les communes assurent s'engager dans la lutte anti-vectorielle. Mais dans la réalité des faits, les dépôts sauvages pullulent toujours autant, les gîtes larvaires aussi, et les Réunionnais continuent de tomber malade au même rythme que les années précédentes.

L'épidémie de Chikungunya remonte désormais à 15 ans. Et pourtant, les errances des autorités et de la population ne semblent pas avoir évolué depuis. De l'apparente légèreté de l'ARS face à la multiplication des cas à la négligence des habitants, rien ne semble être fait pour arrêter efficacement cette épidémie.

Trois ans de contaminations plus tard, nombre de Réunionnais s'entêtent à laisser traîner déchets, carcasses de voiture, pneus et points d'eau en tout genre aux quatre coins de l'île. 250.000 malades du Chikungunya plus tard, les autorités sanitaires semblent une nouvelle fois minimiser (ou sous-estimer) les dégâts qu'un moustique peut provoquer.

Lire aussi : On veut se protéger du coronavirus, commençons par la dengue

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

6 Commentaire(s)

Oté saint paul, Posté
encore un effort sur le ramassage des ordures un peu partout dans la commune. Domoun lé makot. il fait arrêter de souffler les feuilles et RAMASSER plutôt les déchets. un tas d'employés dans la rue mais domoun y continu jété.
ENA, Posté
Pourquoi il est question de suppression de l'ENA d'apres vous. Le futur président de la Republique reformera plus tard l'ARS en 2022.
Fiasco , Posté
Un fiasco digne de la demi route NRL.
Collectif ? Sans doute pas.
Romuald, Posté
On parle d'échec collectif quand toute la société s'est fixée d'un commun accord un objectif commun à atteindre.
Or aujourd'hui, il n'y a pas de commun accord dans la société sur le respect de l'environnement par exemple. La multiplication des dépôts sauvages est là pour l'attester. On voit même dans certains immeubles des résidents balancer leurs ordures par la fenêtre ! Et puis il y a la pollution industrielle des entreprises dont on parle moins, car il y a en jeu des sommes considérables d'argent.
Irrespect, irresponsabilité individuelle et collective, individualisme obtu sont les caractéristiques de cette société à la dérive. Telle est la société capitaliste qui génère ces comportements a-sociaux depuis le haut jusqu'en bas de l'échelle sociale !
Missouk, Posté
Cet échec n'est pas collectif, il est d'abord celui de l'ARS, qui, chaque année, commence à s'inquiéter quand le virus commence à galoper? Depuis décembre, ils nous promettent des lâchers de moustiques stériles. Ceux-ci ont montré, il y a deux ans je crois, leur efficacité. Cette année, l'ARS en parle en décembre, puis, plus rien... A croire qu'ils s'en moquent!
Gerard, Posté
Contrairement au Covid nous pouvons tous éradiquer cette épidémie la population et les autorités si elle perdure c est entièrement de notre faute