Covid-19 dans les Outre-mer :

Entre inquiétude et soulagement, des situations contrastées selon les territoires


Publié / Actualisé
Si tous les départements d'outre-mer sont touchés par la Covid-19, ils le sont de manière différente en fonction des territoires. Si Mayotte commence à souffler après un début d'année catastrophique, La Réunion subit actuellement de plein fouet une vague épidémique. Aux Antilles, les restrictions sanitaires ont été renforcées en Guadeloupe et en Martinique face à la recrudescence du nombre de cas. L'inquiétude enfle aussi en Guyane dont la proximité avec le Brésil meurtri par le variant brésilien fait craindre une flambée incontrôlable dans les prochaines semaines (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Si tous les départements d'outre-mer sont touchés par la Covid-19, ils le sont de manière différente en fonction des territoires. Si Mayotte commence à souffler après un début d'année catastrophique, La Réunion subit actuellement de plein fouet une vague épidémique. Aux Antilles, les restrictions sanitaires ont été renforcées en Guadeloupe et en Martinique face à la recrudescence du nombre de cas. L'inquiétude enfle aussi en Guyane dont la proximité avec le Brésil meurtri par le variant brésilien fait craindre une flambée incontrôlable dans les prochaines semaines (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

- Mayotte : le calme après la tempête -

Le début d’année avait été marqué par une activité épidémique particulièrement virulente à Mayotte avec plusieurs centaines de cas chaque semaine (et même 2500 nouveaux cas en une semaine), entrainant rapidement une saturation des services hospitaliers mahorais et la multiplication des évacuations sanitaires vers La Réunion, et une réflexion autour d’éventuelles évacuations sanitaires vers la Métropole.

Après un pic enregistré fin février, Mayotte a amorcé une lente décrue, grâce notamment aux mesures de confinement strictes prises sur l’île aux Parfums. Ce qui a permis de mieux contrôler l’épidémie et d’enregistrer une baisse notable des cas au fil des semaines, faisant baisser drastiquement les niveaux d’alerte.

Du 5 au 11 avril, Mayotte enregistrait ainsi 135 nouveaux cas, et un taux d’incidence de 48 ,3/100 000 habitants, bien loin du taux d’incidence de 894,2 enregistré au pic de l’épidémie, devenant ainsi le territoire où le taux d’incidence est le plus bas en France.

Mayotte peut donc enfin respirer après trois mois où la tension hospitalière a été d’une rare intensité. Mais la prudence est de mise alors que la population mahoraise, largement de confession musulmane, entame le mois du ramadan qui, bien souvent, engendre des rassemblements notamment au moment de la rupture du jeûne. Les autorités sanitaires restent donc plus que jamais en alerte pour ne pas subir une nouvelle vague épidémique à l’issue de ce mois de ramadan.

- La Réunion : situation stable mais inquiétante -

1435 kilomètres seulement séparent La Réunion de Mayotte. Pourtant, la situation est paradoxale entre les deux îles de l’océan Indien. Alors que Mayotte respire et retrouve un peu de sérénité, l’inquiétude enfle à La Réunion qui subit de plein fouet une nouvelle vague épidémique depuis quelques semaines.

Si la situation semble être stabilisée depuis deux semaines, elle demeure tout de même inquiétante. Ainsi, entre le 3 et le 9 avril, 917 nouveaux cas ont été recensés pour un taux d’incidence de 107/100 000 habitants. C’est toujours le variant africain qui est majoritaire sur l’île (72,7%).

Ce qui préoccupe surtout les autorités, c’est le taux d’occupation des lits en réanimation qui avoisine les 86%. Sur les 121 lits disponibles, 36 sont occupés par des patients Covid+.

Conséquence de cette situation, le préfet Jacques Billant a décidé de reconduire les mesures restrictives mises en place jusqu’à maintenant, et ce, jusqu’au 23 avril prochain, le couvre-feu à 18 heures et la fermeture des bars et restaurants notamment.

Le spectre d’un éventuel confinement est pour autant loin de s'être éloigné. En effet, pour la seule journée du mardi 13 avril, 200 nouveaux cas avaient été recensés, indiquaient les autorités sanitaires. Cela, sans compter les effets des rassemblements du week-end de Pâques qui devraient se faire sentir dès la publication des prochains chiffres, ce mardi 20 avril. En cas de nouvelle détérioration, un nouveau tour de vis est probable, plongeant un peu plus La Réunion dans la crise sanitaire.

- Guyane : la peur du variant brésilien -

Alors que le Brésil est submergé par le variant brésilien et ses données alarmantes (3000 morts hebdomadaires ces dernières semaines, un record mondial, un virus plus virulent, plus mortel, résistant aux vaccins), les regards en France se tournent avec inquiétude vers son voisin, la Guyane française.

Selon les derniers chiffres ; 409 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés entre le 5 et le 11 avril. Le taux d’incidence explose, passant de 84/100 000 habitants la semaine précédente à 141/100 000 habitants. La flambée épidémique est réelle et pour ne rien arranger, c’est le variant brésilien est aujourd’hui le variant majoritaire sur ce territoire de 300 000 habitants avec près de 84% des nouveaux cas.

C’est d’ailleurs cette circulation active du variant brésilien sur le territoire guyanais qui font craindre aux autorités une situation incontrôlable dans les semaines à venir, laissant planer le spectre d’une nouvelle vague particulièrement meurtrière, à l’image de ce qui se passe actuellement au Brésil.

D’ores et déjà, plusieurs mesures ont été prises telles que le couvre-feu avancé à 19 heures dans les grandes villes de Guyane. Les voyageurs en provenance de Guyane doivent désormais passer un test antigénique à l'arrivée en métropole. La frontière terrestre entre le département ultramarin et le Brésil est fermée. Les arrivées en provenance du Brésil ont également été stoppées, alors que les départs vers le Brésil sont pour l’instant maintenus. Le plan blanc a par ailleurs été activé dans les hôpitaux guyanais, en vue d’anticiper un afflux massif de malades, notamment dans les services de réanimation.

- Martinique : on confine -

Depuis le début du mois de mars, la Martinique enregistre une hausse inexorable des cas Covid-19, entraînant la saturation de son système hospitalier. Pour faire face à la situation, le préfet de Martinique avait décrété au 1er avril dernier le couvre-feu à 18 heures ainsi que la fermeture des restaurants. Si les mesures ont permis de " freiner " l’épidémie, selon les autorités, la situation demeure préoccupante.

Entre le 5 et le 11 avril, l’île antillaise a enregistré 862 nouveaux cas et 7 décès. Le taux d’incidence est particulièrement important : 240/ 100 000 habitants. 121 personnes sont par ailleurs hospitalisées, dont 24 en service réanimation qui se trouve saturé.

A la lumière de ces derniers chiffres qui traduisent une " intensification de la circulation virale sur le territoire ", le préfet de Martinique a décidé de décréter un confinement total à compter de ce samedi 17 avril pour 3 semaines. Comme en Métropole, il s’agit d’un confinement allégé durant lequel les déplacements dans un rayon de 10 kilomètres est toléré. Les commerces non essentiels doivent quant à eux baisser le rideau. Les crèches et écoles restent néanmoins ouvertes.

En ce qui concerne l’origine des variants qui circulent sur l’île, " le variant anglais circule de manière active dans la population et une circulation à bas bruit des variants Brésil/Afrique du Sud est constatée ", notent les autorités locales.

- Guadeloupe :  Le couvre-feu avancé face à une situation préoccupante -

Alors que la Martinique voisine subit de plein fouet l’épidémie de Covid-19, les derniers chiffres publiés par les autorités guadeloupéennes sont source d’inquiétude. Du 5 au 11 avril, 506 nouveaux cas positifs ont été recensés, soit une hausse de 41,7% du nombre de cas sur le territoire. Le taux d’incidence y est de 94,7/100 000 habitants avec un taux assez remarquable dans la région du Sud Basse-Terre (256,8/100 000 habitants). Toujours au 11 avril, 15 personnes étaient hospitalisées en réanimation.

Autre chiffre inquiétant, le taux de positivité en Guadeloupe est de 11,5%. A titre de comparaison, il est de 4,2% à La Réunion où la situation est déjà préoccupante. Cela démontre que le virus circule de façon extrêmement active sur l’île antillaise, et que les autorités pourraient rapidement être submergés par une nouvelle vague épidémique.

C’est la raison pour laquelle le préfet de Guadeloupe a choisir de durcir les mesures sanitaires sur le territoire. A compter de ce samedi 17 avril, et jusqu’au 9 mai, le couvre-feu est avancé de 22 heures à 19 heures avec fermeture des restaurants le soir. Par ailleurs, les cinémas, théâtres et musées ont été fermés. Les jauges dans les établissements recevant du public a également été abaissée. Enfin, il a été décidé un passage en demi-jauges pour les élèves dans les collèges et lycées.

Ces mesures pourraient rapidement être encore plus contraignantes dans les prochaines semaines, le préfet de Guadeloupe n’excluant pas un confinement si la situation venait à dégénérer.

Comme en Martinique, c’est le variant anglais qui est dominant sur l’île, représentant 97% des nouveaux cas.

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