L'épidémie s'accélère :

Dengue : 7.480 gîtes larvaires éliminés depuis le début de l'année


Publié / Actualisé
Alors que la circulation de la dengue s'accélère une nouvelle fois à La Réunion, la préfecture fait le point ce lundi 19 avril 2021 sur les mesures prises pour tenter d'endiguer l'épidémie. 80 agents de l'ARS, 40 pompiers, 40 militaires de la sécurité civile et 15 contractuels sont mobilisés sur le terrain, soit 175 personnes au total. Depuis le début de l'année, 7.480 gîtes larvaires ont été éliminés . L'arrondissement ouest compte à lui seul plus de 80 % du total des signalements reçus à l'échelle de l'île. Nous publions le communiqué complet ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alors que la circulation de la dengue s'accélère une nouvelle fois à La Réunion, la préfecture fait le point ce lundi 19 avril 2021 sur les mesures prises pour tenter d'endiguer l'épidémie. 80 agents de l'ARS, 40 pompiers, 40 militaires de la sécurité civile et 15 contractuels sont mobilisés sur le terrain, soit 175 personnes au total. Depuis le début de l'année, 7.480 gîtes larvaires ont été éliminés . L'arrondissement ouest compte à lui seul plus de 80 % du total des signalements reçus à l'échelle de l'île. Nous publions le communiqué complet ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

La dengue circule à La Réunion depuis 2017, avec l’apparition de vagues épidémiques en période d’été austral. Entre 2018 et 2020, plus de 40 000 malades ont été identifiés par le dispositif de surveillance (pour 120000 infections estimées) entraînant plus de 1 700 hospitalisations et 42 décès.

En 2021, la circulation de la dengue s’est à nouveau accélérée. Durant l’été austral, le nombre de cas enregistrés est plus important qu’en 2020 sur la même période. Contrairement aux années précédentes, seul le sérotype 1 est identifié à ce stade, dans le cadre de la surveillance spécifique mise en place sur le territoire. Ce dernier a été en 2020 à l’origine de complications ophtalmiques chez plusieurs patients pouvant aller jusqu’à la cécité partielle. Des complications ophtalmiques sont de nouveau rapportées cette année.

L’arrondissement ouest compte à lui seul plus de 80 % du total des signalements reçus à l’échelle de l’île. La commune du Port est la plus touchée, avec plus de 50 % des cas rapportés. Les communes adjacentes de la Possession et de Saint-Paul sont aujourd’hui également concernées par une circulation active de la dengue.

Dans l’arrondissement Sud, la ville de St-Joseph est la plus touchée. On constate également une recrudescence significative du nombre de malades à Saint-Pierre.

Les arrondissements Nord et Est restent impactés dans une moindre mesure, avec la présence de nombreux cas isolés et et l’apparition récente de foyers sur les quartiers de la Bretagne et Sainte Clotilde. Par ailleurs, des circulations isolées sont identifiées dans plusieurs communes de l’île.

Perspectives

Le pic épidémique coïncide avec la recrudescence saisonnière de la densité de moustiques durant l’été austral. Les interventions de lutte anti-vectorielle et l’arrivée progressive de l’hiver austral devraient faire diminuer la circulation du virus. Les années précédentes, le pic épidémique a été franchi aux alentours de la fin avril, voire début mai.

La période inter-épidémique se situe fin juillet, avec le retour à un niveau faible de circulation du virus pendant l’hiver.

La Réunion face à 2 épidémies : dengue et Covid-19

La dengue provoque une augmentation des passages aux urgences (518 du 1er janvier au 1er avril) et des hospitalisations (178 sur la même période). Dans un contexte marqué par une forte tension sur le système hospitalier, en raison de l’épidémie de Covid-19, la pression sur le système hospitalier est encore augmentée.

La lutte contre l’épidémie de dengue revêt donc cette année un enjeu tout particulier, pour préserver le système de soins et l’état de santé des réunionnais.
 
Des femmes et des hommes mobilisés au quotidien

La gestion de cette épidémie mobilise un grand nombre d’acteurs : services de l’Etat, l’ARS, professionnels de santé, collectivités, associations.... Conformément au plan de lutte contre les arboviroses (disposition spécifique du plan ORSEC départemental), l’ARS est chargée de coordonner les actions des équipes d’intervention de la lutte anti-vectorielle (ARS, SDIS, Sécurité Civile).

Des équipes de lutte anti-vectorielle coordonnées par l’ARS

Cette coordination repose sur les données transmises par le dispositif de surveillance. En effet, les résultats positifs pour la dengue sont adressés par les laboratoires d’analyses médicales à l’ARS. Les enquêtes épidémiologiques réalisées auprès des malades permettent d’identifier les lieux nécessitant des interventions et de mettre en évidence l’apparition de nouveaux foyers.

Chaque jour, à l’issue de cette analyse, les interventions de lutte anti-vectorielle sont programmées pour les équipes de l’ARS, du SDIS et de la Sécurité Civile afin de limiter la propagation du virus.

Pour chaque zone programmée, les équipes d’intervention ont pour mission :

- d’informer les personnes rencontrées sur le risque de transmission de la dengue et les moyens de s’en prémunir : éliminer les gîtes larvaires, consulter un médecin dès les premiers signes évocateurs et se protéger contre les piqûres de moustiques ;

- de rechercher d'éventuels nouveaux malades, en les incitant à consulter rapidement un médecin ;

- d’éliminer dans les cours et les jardins toutes les situations de développement de larves de moustiques (pots, soucoupes, déchets, ...) et traiter celles ne pouvant être éliminés;

- de procéder à des traitements insecticides contre les moustiques adultes dans les cours et jardins en journée, complétés au besoin par des traitements visant à éliminer des larves de moustiques. Le cas échéant, des pulvérisations insecticides de nuit peuvent être programmées sur les foyers actifs.

Un renforcement des moyens d’intervention

Dès les premiers cas de dengue identifiés en début d’année 2017, les équipes de Lutte Anti- Vectorielle (LAV) de l’ARS ont été déployées sur le terrain. Pour faire face à la recrudescence de l’épidémie, les effectifs pérennes du service de lutte anti- anti-vectorielle de l’ARS La Réunion, sont actuellement renforcés:

- déploiement de l’effectif total des agents de traitement de lutte anti vectorielle de l’ARS : 80 agents.
- recrutement de contractuels pour le traitement : 15 personnes.
- renfort pompier sur le terrain : passage de 20 pompiers depuis le 15 février à 40 pompiers depuis le 15 mars.<
- renfort national de la sécurité civile activé le 31 mars : 40 militaires.

Ce sont donc 175 personnes qui interviennent chaque jour autour des cas de dengue déclarés. Le déploiement des renforts opérationnels est aujourd’hui à son seuil maximal. Ces effectifs permettent de poursuivre une stratégie basée sur des interventions systématiques et réactives autour de l’ensemble des cas isolés et foyers émergents, complétées de traitements de pulvérisation de Bti dans les zones de circulation virale les plus actives. Près de 2 000 visites domiciliaires sont actuellement réalisées chaque jour.

Depuis le début de l’année :

- 3 254 zones d’intervention ont été programmées,

- 28 047 visites de cours et jardin ont été réalisées, - 3 821 maisons avec des gîtes,

- 7 480 gîtes larvaires éliminés.

Tous les acteurs institutionnels, collectivités locales, associations, grand public, entreprises privées sont également investis au côté de l’Etat pour déployer des interventions de salubrité publique au plus proche des foyers identifiés.

Les équipes de la Sécurité Civile : un renfort du niveau national

Les sapeurs-sauveteurs sont des militaires mis à disposition du ministère de l'intérieur pour intervenir sur des catastrophes naturelles et technologiques, en France et à l'étranger. Ils sont principalement répartis dans 3 unités, les unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile n°1 (à Nogent-le-Rotrou en Eure-et-Loir), n°5 (à Corte en Corse) et n°7 (à Brignoles dans le Var). Ils sont formés pour les feux de forêts, les tremblements de terre, les inondations, les tempêtes mais aussi pour intervenir face aux risques chimiques et radiologiques.

Certains sapeurs-sauveteurs engagés cette année pour la lutte anti-vectorielle connaissent le territoire car ils sont intervenus lors des feux du Maïdo (2010-2011 et 2020), le cyclone Bejisa (2014) ou le chickungunya.

Les équipes de la Sécurité Civile sont mobilisées pour la seconde fois à la Réunion dans le cadre de la lutte contre la dengue. Intervenues durant deux mois en 2019 au plus fort de l’épidémie, elles sont à nouveau présentes pour limiter la propagation du virus de la dengue jusqu’à la fin du mois de mai.

Les 40 personnels se sont très vite appropriés les modes d’intervention et contribuent aujourd’hui activement au dispositif de réponse.

- Les équipes du SDIS mobilisées depuis 3 ans -

Mobilisé sur les vagues épidémiques survenues ces 3 dernières années, le SDIS est à nouveau engagé aux côtés de l’ARS depuis le mois de février. L’effectif initial de 20 sapeurs-pompiers volontaires a été doublé depuis le 15 mars. Ce sont donc actuellement 80 personnels qui se relaient pour permettre quotidiennement une mobilisation de 40 sapeurs-pompiers.

Ces agents du SDIS seront engagés sur le terrain jusqu’à l’arrivée de l’hiver austral. Le SDIS est aujourd’hui un partenaire majeur du dispositif concourant à la bonne mise en œuvre et à l’efficacité du dispositif de gestion de l’épidémie à La Réunion.

   

1 Commentaire(s)

Apprenti sorcier, Posté
Arrêtez de balancer des insecticides sans contrôle in situ de leur efficacité. la méthode est très simple et pourtant rien n'est fait. Par contre leur nocivité contre l'environnement est connu contre es oiseaux, les batraciens, les caméléons, les lézards, les poissons, les abeilles...qui sont pour la plupart cités des prédateurs des moustiques. Je suis prêt à communiquer à l'ARS la technique de contrôle d'un goyave pays.