Délibéré le 21 mai (actualisé) :

Musées régionaux : 15 mois de prison avec sursis et 3 ans d'inéligibilité requis contre Didier Robert


Publié / Actualisé
Après une très longue journée d'audience, le parquet a requis 15 mois de prison avec sursis et une inéligibilité de trois ans à l'encontre de Didier Robert. Le président du Conseil régional comparaissait devant le tribunal correctionnel pour des faits supposés de prise illégale d'intérêt dans l'affaire des musées régionaux. Il lui est notamment reproché d'avoir porté son salaire à 6.800 euros en tant que président de la SPL sans avoir consulté le conseil d'administration au préalable et alors que plusieurs salariés ont été licenciés, et d'avoir augmenté celui d'une amie, Christiane Clain, juste avant sa rupture conventionnelle. Six mois de prison avec sursis ont été requis contre elle. Le délibéré sera rendu le 21 mai prochain. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Après une très longue journée d'audience, le parquet a requis 15 mois de prison avec sursis et une inéligibilité de trois ans à l'encontre de Didier Robert. Le président du Conseil régional comparaissait devant le tribunal correctionnel pour des faits supposés de prise illégale d'intérêt dans l'affaire des musées régionaux. Il lui est notamment reproché d'avoir porté son salaire à 6.800 euros en tant que président de la SPL sans avoir consulté le conseil d'administration au préalable et alors que plusieurs salariés ont été licenciés, et d'avoir augmenté celui d'une amie, Christiane Clain, juste avant sa rupture conventionnelle. Six mois de prison avec sursis ont été requis contre elle. Le délibéré sera rendu le 21 mai prochain. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Huit heures d'audience ont été nécessaires ce jeudi 22 avril 2021 pour aborder l'ensemble des griefs qui sont reprochés à Didier Robert : "prise illégale d'intérêts par chargé de mission de service public, abus des biens ou du crédit d'une société par actions par un dirigeant à des fins personnelles, concussion par chargé de mission de service public".

Le président Bernard Molie a donné le ton dès le début en s'adressant à Christiane Clain : "je suis désolé mais vous allez jouer les seconds rôles dans cette affaire j’espère que vous ne m’en voudrez pas. C'est monsieur Robert qui va occuper l’avant scène".

- "Que vaut la parole d'un politique ?" -

Et ce fut le cas. Pendant un long interrogatoire, le président n'a pas lâché le mis en cause. Lorsque Didier Robert indique que ce n'est pas lui en 2016 qui a signé la délibération de la commission permanente du Conseil régional qui portait sur son salaire du PDG de la SPL, mais son "cachet témoin" sans qu'il ait le document entre les mains, le président lance "moi je suis président du tribunal de commerce, on m’a proposé un cachet tampon, j’ai dit non, je signe tous les documents".

A plusieurs reprises, le président revient à la charge, ne lésine sur aucun détail, et pousse Didier Robert dans ses retranchements qui, visiblement agacé, en vient à se pincer la lèvre ou émettre un sourire gêné sans répondre. "J’ai cru comprendre que vous êtes entouré par des juristes, des collaborateurs, la question que je pose est : ils se débrouillent comme des manches ?" a attaqué le président. "Très franchement monsieur Robert je ne comprends pas comment vous avez pu vous laisser embrigader dans une telle affaire".

Sur la hausse inexpliquée de son salaire à hauteur de 6.800 euros - 52% de plus que son prédecesseur - sans consulter le conseil d'administration de la SPL, le président a reproché à Didier Robert d'avoir agi "en missouk". "Que vaut la parole d’un politique monsieur Robert ? Vous dites que vous ne voulez pas être payé et finalement vous voulez un salaire ?" a-t-il demandé.

L'occasion pour lui de rappeler que cette affaire a été longuement abordée dans la presse, une certaine presse du moins, que Didier Robert n'a pas hésité à tacler : "si la question est de savoir si dans cette salle il y a des médias qui me sont hostiles, la réponse est oui". "Certains diront que la presse s’est acharnée sur Didier Robert. Ici, nous ne jugerons pas à l’aune des campagnes médiatiques mais sur un dossier" rétorquera plus tard le procureur Eric Tuffery.

Au moment d'aborder la hausse de salaire de Christiane Clain, également mise cause et présente à la barre ce jeudi, le président dit ne pas comprendre : "le conflit d’intérêts ça vous dit quelque chose ? Vous auriez dû vous déporter de ce dossier du fait de votre amitié avec madame Clain. Je vous repose la question monsieur Robert : quel crédit peut-on vous accorder ?".

- "Le parquet ne poursuit pas monsieur Robert pour l'exemple" -

Des rémunérations qui sont augmentées, alors que sept salariés sont licenciés, face aux "difficultés financières" de la SPL. Anticor réclame donc 5.000 euros de dommages et intérêts tandis que le syndicat UR 974, qui représente les salariés licenciés de la SPL demande 6.800 euros de dommages et intérêt qui seront partagés entre tous les anciens salariés. Clara Derfla, secrétaire générale du syndicat, s'est dite satisfaite des réquisitions à l'encontre de Didier Robert. "Il a fixé lui-même son salaire, il a doublé celui de son amie, alors qu'en parallèle des salariés se faisaient licencier. Il est normal qu'il soit condamné" a-t-elle estimé.

Le procureur, au moment de présenter ses réquisitions, a affirmé que "le parquet ne poursuit pas monsieur Robert pour l’exemple, mais pour des faits commis. Le général de Gaulle payait lui-même ses factures de téléphone lorsqu’il était Président de la République". Pour rappel, ce procès arrive alors que le jeudi 25 mars dernier, Olivier Rivière, maire de Saint-Philippe, et Marie-Paule Balaya, vice-présidente du Département, ont été condamnés par la Cour d'appel, pour des faits en partie similaires à ceux reprochés à Didier Robert.

Maître Jean-Jacques Morel, premier avocat de Didier Robert, a malgré tout demandé la relaxe de son client pour l'ensemble des sept chefs d'accusation. Il a rappelé que Didier Robert a remboursé la SPL de tous les salaires perçus, estimé qu'il n'y a "pas de prise illégale d’intérêt puisque Didier Robert n’a pas pris part au vote et n’a même pas assisté à la réunion de la commission permanente qui a attribué un salaire au président de la SPL", et ajouté que le montant de 6.800 euros aurait très bien pu être le salaire d'une personne recrutée en extérieur.

Concernant l'oubli de sa déclaration de patrimoine sur le site de la haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), "il pensait que quelqu’un d’autre allait le faire, il était de bonne foi" a précisé l'avocat. "Didier Robert n’est pas quelqu’un qui a l’appât du gain."

Le bâtonnier Djalil Gangate, second avocat du président de Région, s'est attaché à démontrer que la SPL est une société de droit privé, afin que les poursuites soient reconnues infondées par le tribunal. “Monsieur Robert n’était pas chargé d’une mission publique, sa rémunération a été fixée par le conseil d’administration“ assure-t-il. "Il n’y a donc pas d’infraction" a-t-il ajouté.

Concernant l’augmentation de salaire de Christiane Clain, le montant est justifié selon maître Gangate : "4.500 euros, plus les 4.000 euros correspondant à la moitié de salaire de l’ancien directeur délégué : on arrive aux 8.500 euros, et alors où est les problème ? C’est autorisé". Il a lui aussi demandé la relaxe totale de son client.

Didier Robert qui pour sa part n'a souhaité faire aucun commentaire à la sortie de la salle d'audience. Il a cependant, comme il l'avait fait avant le début du procès, publié un long message sur les réseaux sociaux pour s'expliquer. "J’ai toujours servi La Réunion et je n’ai jamais été dans la recherche de gain personnel" rétorque-t-il sur sa page Facebook.

Le rendez-vous est désormais donné dans un mois, le 21 mai. Le président de Région sera alors fixé sur son sort. L'issue de ce procès pourrait alors un impact sur le calendrier politique, alors que trois ans d'inéligibilité sont requis contre lui, également candidat à sa propre succession, et ce à quelques semaines des élections régionales. Celles-ci sont prévues les 20 et 27 juin prochains.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

17 Commentaire(s)

C pas moi c mon cousin , Posté
' c'est pas moi , c'est mon cousin, c'est pas moi c'est ma secrétaire, c'est pas moi ... c'est la collectivité " : tout est résumé. Triste spectacle de la politique.
Ombré de l Est, Posté
Bon ok li la augmente son salaire.. combien y critique mais n aurait fait autant..Mais.creole oublie pas tout ca voyage zotte la gagner pr aller en france , vacance , vanguer,, avec le.bon la region.. la prime gilet jaune, que l entreprise la.touché tout ca le pas obliger..Mais la prend.mm.. la voyager mm.. aster y critique .. na point un seul moune laa laa un membre de son famille la pas benificie la dom.. si nana l honneur comme bcp y dit.. rembourse la region.. et soyer fier de n etre redevable a persone.. la apres iu cause..
Quidam, depuis son mobile , Posté
A qui vas t il faire avaler cette cette couleuvre dire en toute bonne foi je ne savais pas lui diplômé en gestion , un sénateur qui valide les lois de l assemblée nationale et un de ses proches élus et avocat qui le défend je penses qu il devrait être poursuivie pour conflit d intérêts il a sauvé selon lui la spl qui selon lui était au nord du gouffre sa solution augmenter son salaire drôle de méthode pour redresser une situation financière catastrophique il n était pas à son coup d essai après la commune du tampon et la gestion calamiteuse de la NRL
Patel , Posté
Ça c'est de la presse - bravo bravo à votre organe de presse
Matt, Posté
Moin mi félicite , la justice po juge ce boug la , et encore mi trouve lu là pas gagne assez , dire que ces un boug comme sa i gère la région
CHABAN, Posté
2021 l'année où les masques tombent (hors covid): foutage de gueule à tous les niveaux, sans retenue, sans complexe ! Du grand art !
Manu , Posté
Le mec tellement imbus de sa personne fait un ecrit de remerciements sur Facebook / les réseaux sociaux et la presse: non mais il y a 3 pelées qui te soutiennent et uniquement avec des pseudos car ils ont honte d'afficher leur identité. Ça soutient ! Prenez-nous population réunionnaise pour des imbéciles, en juin nous allons vous montrez comment on va vous sanctionner
Pour résumer Didier Robert :, Posté
Copinage, incompétence, volonté d'enrichissement personnel, et la crème de la crème le sentiment d'impunité !Que la justice le condamne et qu'il disparaisse du paysage politique !
RIPOSTE974, Posté
Où en est l'enquête pour emplois fictifs contre Robert Didier '
John , Posté
ENFIN UNE BONNE CHOSE
Creol la cour , Posté
Il fo condane a li quan ou lé président, tu devrais donner des bon exemple, plis ou na larzen ou vé même lé pa bon regard tou ça domoune la poin larzen zot la mète a ou en place , vo mieu ou porte pi a ou pour les prochaines élections.
Zébu fou dand fond, Posté
Mi té conné pas bouger la i connaît pas quand lu recrute la femme d'un ami de l'école militaire, et en plus le mari de Christine clain té au cabinet de la rzgion de 2012 à 2016, zot i vé foto Imazpress '
Gabouillat, Posté
Heureusement qu'il a pas l'appât du gain a 6.800 euros a mi temps sans oublier le salaire de président de région et avantages,plus quelques jetons de présence et autre menu monnaie...eh faut pas déconner
Contribuable , depuis son mobile , Posté
Je crains que le 21 mai seras la relaxe tout simplement s il était de bonne foi pourquoi mobiliser au frais du contribuable autant d avocats sa sois disante bonne foi ne plaide pas en sa faveur confirmation du verdict pour moraliser la vie publique .
Porte blindée , Posté
C'est un premier dossier robert, d'autres arrivent.... et oui ! Karma monsieur et malédiction que vous portez
CHABAN, Posté
IMAZ vous étiez sur place.Je ne sais pas, je n'ai pas lu.... Ils se foutent du monde, non '(C'est vous qu le dites, Chaban, c'est vous ui le dites... Et vous avez (trsè) souvent raison ^^Très belle journée - Webmaster)
Jeanbon, Posté
"Que vaut la parole d'un politique '" Zéro calebasse, soit autant que l'intelligence de ceux qui les élisent !