Les syndicats défilent à Saint-Denis :

Covid-19 et 1er mai : le crépuscule de la lutte sociale...


Publié / Actualisé
1er mai rime avec jour chômé mais surtout avec défilé. Contrairement à 2020 où aucun cortège n'avait pu avoir lieu en plein confinement, les syndicats et les citoyens pourront cette année descendre dans la rue. Cela pour porter et défendre leurs revendications. Le nombre des manifestants devrait être faible compte tenu des restrictions sanitaires... mais aussi d'une érosion de la mobilisation amorcée dans le monde d'avant le coronavirus. L'effet Covid-19 précipitera-t-il le crépuscule de la lutte sociale ? Les éléments de réponse seront contenus dans la mobilisation de ce samedi( Photo rb/www.ipreunion.com)
1er mai rime avec jour chômé mais surtout avec défilé. Contrairement à 2020 où aucun cortège n'avait pu avoir lieu en plein confinement, les syndicats et les citoyens pourront cette année descendre dans la rue. Cela pour porter et défendre leurs revendications. Le nombre des manifestants devrait être faible compte tenu des restrictions sanitaires... mais aussi d'une érosion de la mobilisation amorcée dans le monde d'avant le coronavirus. L'effet Covid-19 précipitera-t-il le crépuscule de la lutte sociale ? Les éléments de réponse seront contenus dans la mobilisation de ce samedi( Photo rb/www.ipreunion.com)

Elles sont loin les scènes de manifestation où des centaines voire des milliers de personnes descendaient dans la rue pour défendre leur droit. Chacun se souvient du Cospar (Collectif des organisations syndicales et politiques de La Réunion), en 2009, qui avait rassemblée près de 20 000 personnes dans les rues dionysiennes  pour défendre le pouvoir d’achat des Réunionnais. C’était le 5 mars 2009.

Lire aussi : Mobilisation "historique" : 20 000 opposants à la vie chère

 On se souvient plus récemment du mouvement des gilets jaunes et des rassemblements journaliers sur les routes nationales, mais aussi de cette foule à Gillot, vêtue de jaune, autour de la ministre des Outre-mer Annick Girardin à son arrivée à La Réunion le 28 novembre 2018 pour tenter de désamorcer la crise.

Depuis un an, force est de constater que les rues sont désespérément vides, que les manifestations n’ont plus la côte. On a certes pu voir quelques mobilisations, les professionnels du tourisme ou de la restauration pour manifester contre l’impact des décisions relatives à la crise sanitaire, les avocats pour défendre leur profession, le BTP pour alerter sur la situation de crise de son secteur ou encore les professionnels de santé déçus par les promesses annoncées concernant l’amélioration de leur condition de travail et leur revalorisation.

Mais qu’en est-il des luttes sociales historiques ? Le pouvoir d’achat des Réunionnais, l’emploi, le temps de travail, l’insertion des jeunes, les petits retraits etc. Hormis deux manifestations, l’une très discrète le 5 décembre 2020  et un premier rassemblement de l’intersyndicale depuis le confinement, le 4 février 2021, dans le cadre d’un appel à la grève nationale, ça bouge très peu.

Aujourd’hui, les Réunionnais, et plus généralement les Français, semblent regarder ailleurs. En attendant, le gouvernement fait voter ses lois tranquillement, même les plus critiquées et critiquables telles que la loi sécurité globale qui avait mobilisé en Métropole en fin d’année 2020, pour finalement s’essouffler et laisser un boulevard aux partisans de cette loi.

D’aucuns diront que c’est la faute du Covid-19 et c’est une réalité. Se rassembler par centaines ou milliers dans les rues actuellement est une pure folie qui risquerait d’aggraver une situation sanitaire déjà tendue.

Heureusement, le 1er mai pointe aujourd’hui le bout de son nez, rappelant l’importance de l’engagement dans la lutte sociale.

Cette année, six syndicats seront présents dans la rue : CGTR, CGR-FP, FO, FSU, SAIPER et Solidaires, appelant les salariés à " descendre dans la rue pour défendre leurs droits et rappeler leurs revendications ". Ces revendications, elles sont nombreuses : déplorer les différentes réformes du gouvernement telles que la réforme de l’assurance chômage, la suppression de postes d’enseignants, la suppression de lits dans les hôpitaux, la dignité de l’emploi, des salariés, des retraités, la revalorisation du SMIC etc.

Mais l'on peut légitimement s’interroger sur la portée de ce défilé après cette crise sanitaire qui semble avoir littéralement étouffé toutes velléités de lutte sociale et sociétale. Une journée de défilé ne suffira pas à faire bouger les lignes…

Le Covid-19 a-t-il définitivement eu raison de la lutte sociale ou saura-t-elle trouver un second souffle une fois la crise passée ?

De la réponse à cette question dépend l'avenir tout le mouvement de résistance sociale...

www.ipreunion.com / [email protected]

   

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