La pluie bat des records :

Avril 2021, le plus gris des mois d'avril depuis 30 ans


Publié / Actualisé
Ce n'est pas un scoop, il a beaucoup plu en ce mois d'avril 2021. Si bien qu'à Sainte-Rose un record a été battu : 2.215 mm de précipitations enregistrés en un mois seulement, le seuil de 1991 a été largement dépassé. Idem côté ensoleillement : le mois d'avril 2021 est le plus gris depuis au moins 30 ans. Une météo qui était attendue après les sécheresses de 2019 et 2020, mais qui d'un côté ne suffit pas à combler le manque de pluies de ces dernières années, et dont l'intensité, brève mais violente, fait des dégâts dans les cultures des maraîchers. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce n'est pas un scoop, il a beaucoup plu en ce mois d'avril 2021. Si bien qu'à Sainte-Rose un record a été battu : 2.215 mm de précipitations enregistrés en un mois seulement, le seuil de 1991 a été largement dépassé. Idem côté ensoleillement : le mois d'avril 2021 est le plus gris depuis au moins 30 ans. Une météo qui était attendue après les sécheresses de 2019 et 2020, mais qui d'un côté ne suffit pas à combler le manque de pluies de ces dernières années, et dont l'intensité, brève mais violente, fait des dégâts dans les cultures des maraîchers. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Météo France l'affirme clairement : cette pluie d'avril "n'est pas classique", surtout pour les habitants du Sud. Les précipitations enregistrées sont bien au-dessus des normales de saison. Seule la zone Plaine des Palmistes – Cilaos – Plaine des Cafres montre une pluviométrie légèrement inférieure à l moyenne. Ailleurs, elle est excédentaire.

"Elle est parfois deux fois supérieure à la moyenne du mois d'avril comme à la Crête, à Saint-Pierre" indique Jacques Ecormier, chef prévisionniste à Météo France. "Là-bas, on a dépassé les 1.300 mm, la deuxième valeur la plus élevée depuis 1968." La station de Sainte-Rose enregistre même un record absolu pour un mois d'avril : 2.215 mm de pluies, alors que le mois n'est pas encore terminé. Un total qui dépasse le précédent record de 1991, où 2.168 mm avaient été enregistrés en un mois.

"Avec une moyenne de 502 mm sur la Réunion, soit plus de deux fois la normale, le cumul de pluie de ce mois d’avril se classe au troisième rang des plus élevés de ces 50 dernières années. Il talonne avril 1987 (539 mm) et avril 2009 (522 mm)" note Météo France dans son bulletin mensuel.

Lire aussi - Sainte-Rose : record de précipitations pour un mois d'avril

- Peu d'ensoleillement -

A noter également que ce mois-ci, le soleil n'a pas beaucoup brillé. Ainsi avril 2021 est le plus gris depuis au moins 30 ans. "Lundi 26 et mardi 27 avril, nous avons eu zéro minute d'ensoleillement sur Gillot" remarque Jacques Ecormier. Le soleil a fait une brève apparition ce jeudi et devrait être plus présent en cette fin de semaine. Au total, 143 heures d'ensoleillement ont été enregistrés sur le mois à Gillot, contre 213 en moyenne.

Cette météo pluvieuse et orageuse est due à de l'air chaud et humide venant des alizés, rappelle Météo France. "Comme la température de l'océan est supérieure, on a beaucoup d'humidité donc beaucoup de possibilités de formations de nuages d'orages." Les vigilances fortes pluies/orages se sont enchaînées, l'une d'elles a duré trois jours pleins, du 20 au 23 avril, et a repris de plus belle les 27 et 28 avril cette semaine, pour être relancée à nouveau ce vendredi 30 avril.

Rappelons tout de même que les intempéries ont fait des dégâts notamment le mercredi 21 avril où 13.000 usagers se sont réveillés sans électricité à Saint-Joseph et Saint-Philippe. 200 impacts de foudre avaient alors été enregistrés dans la nuit. Les conséquences des intempéries peuvent aussi se faire sentir sur les routes. Au-delà des bouchons, celle de Salazie a été fortement marquée ce mois-ci par la météo instable, occasionnant un premier éboulement conséquent, avec la chute d'un bloc rocheux de 250 tonnes, puis un second éboulement entraînant la fermeture de la route ce mercredi 28 avril.

- Bon pour la terre, pas pour les tomates -

Alors que 2019 et 2020 ont été des années avec un fort déficit pluviométrique, la pluie de ce début d'année 2021 fait du bien mais manque de douceur… "C'est bon pour la sécheresse mais pas pour les consommateurs de tomates" note Jacques Ecormier.

Dans les hauts comme dans les bas, "les pluies ont fortement impacté les cultures, les tomates, mais aussi les brèdes, les salades ou encore les courgettes", indique Frédéric Vienne, président de la Chambre d'Agriculture. Des produits qui seront immanquablement plus rares dans les semaines à venir.

Résultat : des prix qui flambent sur les étals. Selon plusieurs témoignages d'acheteurs les tomates sont montées à 5 euros le kilo. Actuellement elles se vendent sur le marché de gros à 3,5 euros le kilo, indique la Chambre d'Agriculture.

Les terrains gorgés d'eau peuvent aussi entraîner un retard sur les futures plantations. Il faut attendre le retour du soleil, pour assécher les terres. En attendant, les événements météorologiques ne sont pas assez conséquents pour justifier d'une aide économique pour les agriculteurs concernés.

"Après la sécheresse, la pluie est la bienvenue mais là c'est la double peine avec les dégâts que la pluie cause sur les légumes. Ce sont des aléas auxquels sont hélas habitués les agriculteurs, qui travaillent de plus en plus sous serre pour protéger leurs cultures" explique Frédéric Vienne.

- La Réunion a encore besoin d'eau -

Les mois de décembre, janvier, février et mars ont été déficitaires en eau, rappelle Météo France. En janvier notamment, le déficit enregistré est de 60%. Les pluies actuelles "retardent l'arrivée de la sécheresse" mais elles ne résolvent pas tout, selon Jacques Ecormier. Du côté de l'Office de l'eau, on confirme : "ce ne sont pas quelques gouttes d'eau qui vont combler 10 ans de déficit", estime Julien Bonnier, chef de service à l'Observatoire de la ressource en eau et de la biodiversité aquatique.

"Ce sont des pluies soutenues, oui, mais mais les problèmes d'eau continuent. Elles sont superficielles et ne suffisent pas à recharger les systèmes profonds" ajoute-t-il. Les réserves sont basses et la seule solution pour palier ce problème est de revenir à un régime de pluies plus régulier. "Les sources profondes dans les hauts, comme Takamaka ou Langevin, ont du mal à se recharger. Le risque c'est que les secteurs sensibles soient confrontés à des coupures d'eau dans l'année" ajoute Julien Bonnier.

Une pluie encore insuffisante, donc. Elle a toutefois permis quelques spectacles tels que ceux offerts au Tremblet, à Saint-Philippe. Les cascades éphémères, qui ne se forment qu'en cas de fortes pluies, ont attiré plus d'un curieux le week-end dernier.

Lire aussi - Cascade éphémère au Tremblet : un spectacle magnifique

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Jeanbon, Posté
Et quand on dépassera les 1 million d'habitants, qu'est ce qu'on boira, l'eau de mer ' Sans oublier que la bétonisation et le goudronnement des terres empêchera l'eau de plus de pénétrer les sols, pour alimenter les nappes phréatiques.Bon, mais on s'en cogne, ce qui compte le plus, c'est qu'on soit le plus nombreux possible, afin de toucher le plus de subventions, destinées à engraisser nos politiques.