A l'époque plus de 126 millions de francs avaient été attribués :

Repairs, le site qui répertorie les anciens propriétaires d'esclaves


Publié / Actualisé
Depuis le vendredi 7 mai 2021, le projet Repairs a lancé le site esclavage-indemnites.fr. Il donne accès à une base de données répertoriant tous les propriétaires d'esclaves indemnisés au moment de l'abolition de l'esclavage. De La Réunion, aux Antilles, à Haïti en passant par le Sénégal et Madagascar, les internautes peuvent rechercher par noms les anciens propriétaires d'esclaves et le montant des indemnités perçues par ces derniers. Lancé trois jours avant la journée nationale des mémoires de l'esclavage, le projet a été construit par une équipe de chercheuses et de chercheurs pendant plus de deux ans.
Depuis le vendredi 7 mai 2021, le projet Repairs a lancé le site esclavage-indemnites.fr. Il donne accès à une base de données répertoriant tous les propriétaires d'esclaves indemnisés au moment de l'abolition de l'esclavage. De La Réunion, aux Antilles, à Haïti en passant par le Sénégal et Madagascar, les internautes peuvent rechercher par noms les anciens propriétaires d'esclaves et le montant des indemnités perçues par ces derniers. Lancé trois jours avant la journée nationale des mémoires de l'esclavage, le projet a été construit par une équipe de chercheuses et de chercheurs pendant plus de deux ans.

Ce projet Repairs a pour objectif "de faire une étude de l’indemnité, des réparations et des compensations au titre de l’esclavage, à la fois globale et située entre le XIXe et le XXIe siècle, sous l’angle de la philosophie politique, de l’histoire, de la sociologie et des sciences politiques" décrivent ses créateur.ice.s.

Le site esclavage-indemnites.fr est une base de données géantes, qui répertorient les noms, l'histoire et le nombre d'esclaves possédés, ainsi que les indemnités perçues. On peut rechercher ces propriétaires par date d'indemnisation : en 1825 pour Haïti – Saint-Domingue à l'époque de la colonisation française, et en 1849, après que la France a aboli l’esclavage pour la seconde fois, pour les territoires de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Sénégal, Sainte Marie et Nosy Be. 126 millions de francs ont été versés, sous forme de titres "répartis en trois postes : du numéraire la première année, une rente, et sur cette rente, une participation à une banque de prêt, pour soutenir l’économie des colonies" explique le site.

Repairs répertorie par ailleurs de nombreuses données chiffrées : on apprend par exemple qu'à La Réunion, l'indemnité calculée sur la valeur d’un esclave était fixée à 671,79F. "Pour obtenir un titre de rente, les propriétaires devaient se présenter aux commissions locales en justifiant de leur ancienne propriété" détaille le site.

En recherchant dans cette base de données, on apprend aussi que l'homme le plus indemnisé, Louis Marie Gabriel Lecoat de Kervéguen, a reçu 1.900.514,92F et a possédé jusqu'à 1788 esclaves. C’est le plus gros indemnitaire de la base, et sans doute l’un des plus gros propriétaires d’esclaves. Plus de 168 pages sont disponibles juste pour La Réunion.

Le projet analyse à la fois "les institutions et les acteurs historiques et contemporains autour des notions de droit, de justice, de mémoire, d’égalité qui définissent une nouvelle forme de citoyenneté" précisent les chercheurs.euses. .

- Rappel historique -

La France a aboli l’esclavage et indemnisé les propriétaires d’esclaves à deux reprises. Le soulèvement de Saint-Domingue - plus tard Haïti - en 1792 ouvre la voie, malgré un rétablissement deux ans plus tard avec l’arrivée de Bonaparte au pouvoir de l'esclavage. Le Haïtien Toussaint Louverture remporte une victoire contre la France, rendant l'indépendance au pays mais le contraignant à payer une dette aux colons, en vertu d’un traité signé en 1825.

Lorsque la France abolit l’esclavage pour la seconde fois le 27 avril 1848, elle accorde dans le même temps une indemnité aux anciens propriétaires d’esclaves de l’Empire français. La loi du 30 avril 1849 et son décret d’application du 24 novembre 1849 leur attribuent 126 millions de francs, selon des modalités différentes pour chacune des colonies.

En tête de file des défenseurs de l'indemnité se trouvent les anciens propriétaires, dont la diversité de profils est "insoupçonnée" d'après les recherches. En effet, en y regardant de plus près, les auteurs du projet ont relevé que d'anciens propriétaires d'esclaves étaient eux-mêmes des descendants d'esclaves, ou bien qu'environ 30% de ces anciens propriétaires étaient des femmes, contrairement à l'imaginaire collectif.

"À leurs côtés, les marchands et créanciers coloniaux constituent le second groupe dans l'attente. Tous ont plébiscité des arguments juridiques et économiques pour justifier cet octroi. Face à eux, les abolitionnistes présentent l'esclavage comme contraire à la morale, et certains vont même jusqu'à suggérer une indemnisation à destination des nouveaux libres. Aucunes propositions n'aboutirent dans ce sens" détaille Repars.

L'État a tenté de préserver ses grands intérêts économiques dans les colonies, dont la possession s'est trouvée menacée. "D'un côté, les colons menacaient de quitter les territoires, de l'autre, la menace d'une révolte inspirée par l'exemple haïtien a poussé les législateurs à adopter cette mesure d'indemnisation permettant la mise à l'oeuvre du processus d'abolition. L'indemnité coloniale apparaît comme une condition sine qua non à l'abolition" expliquent les chercheurs.

La mesure est encore discutée aujourd'hui. En 2016, des députés ont proposé "une réparation morale du préjudice subi par les esclaves en abrogeant les dispositions relatives à l'indemnisation des colons". La loi a finalement été abrogée par la loi du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté.

A noter que l'esclavage à La Réunion n'a été aboli que le 20 décembre 1848, jour où 62.000 esclaves ont été libérés, contrairement aux Antilles où l'abolition a eu lieu en mai.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

8 Commentaire(s)

Surveyah, Posté
je voudrais présenter un dossier pour obtenir des indemnités financières au titre des réparations les békés devraient y contribuer
Mayaqui , depuis son mobile , Posté
L'histoire de France n'est pas faite que de belles choses ; mais parler d'indemnisation, comme cela ete fait en 2017, etait une aberration ; on n'oublie pas mais la page est tournée.
Alain, Posté
Tiens, j'ai loupé une info, la marine est déjà élue' les migrants du blog d'en face commencent le grand remplacement'Sinon pour les incultes d'extrême droite, je vous prie de noter que Madame TAUBIRA s'écrit avec AU et non O
7AC, Posté
Hier, ils étaient arrachés de force dans leurs pays respectifs, aujourd'hui, ils entrent de force dans le pays des esclavagistes. Y'aurait pas comme un antagonisme là dedans '
Jojo le merou , Posté
Cela se complique pour les Kerveguen quand on sait que certains proches étaient abolitionnistes ... Cela se complique encore quand certains propriétaires appelés " grands Blancs " étaient ... Noirs . Un peu de rigueur historique ne nous ferait pas de mal.
Jojo le merou, Posté
Ce qui serait magnifique serait de répertorier les familles des chefs africains qui ont participé à la traite en vendant leurs frères . Mais mieux encore, ce serait de répertorier les familles des Turcs et autres Arabes qui ont réduit en es l'âge des milliers d'Africains et d'européens. Quant aux royaumes malgaches, on pourrait aussi leur demander des comptes .
Cdoma63, Posté
je suis bien d'accord avec toi ,Jeanbon, mais un ancienne ministre continue, elle, a remuer la merde. Mme TOBIRA, pour pas la citer, le 10 mai, lors de l'émission commémorative, s'est emportée sur ce sujet. C'est tout juste si les descendants de propriétaires ne devaient pas rembourser cette dette aux descendants d'esclavage. Alors, ceux de Kerveguen doivent 162 ' à 1788 descendants d'esclavage. LAISSONS CE SALE PASSÉ OÙ IL EST mais continuons nos actions pour ne pas oublier cette partie infâme de l'histoire de France.
Jeanbon, Posté
Il y a 168 ans, aucun nom sur la liste encore en activité ou vivant sur l'Ile, à quoi bon cultiver la taye, culture du misérabilisme 'Pour ceux qui auraient la nostalgie de cette sale époque, sachez que dans beaucoup de pays du moyen orient, l'esclavage en encore à la mode.C'est là bas que vous devriez combattre !