Une étude de l'Iedom :

A La Réunion le surendettement est moins important qu'en Métropole, mais la précarité est plus grande


Publié / Actualisé
A La Réunion le surendettement en 2020 a été moins important qu'en Métropole, mais les ménages sont en en situation plus précaire, indique l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (Iedom) dans une analyse synthétique publiée ce jeudi 27 mai 2021. Nous publions le communiqué de l'institut ci-dessous (Photo d'illustration rn/www.ipreunion.com)
A La Réunion le surendettement en 2020 a été moins important qu'en Métropole, mais les ménages sont en en situation plus précaire, indique l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (Iedom) dans une analyse synthétique publiée ce jeudi 27 mai 2021. Nous publions le communiqué de l'institut ci-dessous (Photo d'illustration rn/www.ipreunion.com)

- En 2020, le nombre de dossiers de surendettement diminue avec le confinement -

1 102 dossiers de surendettement ont été déposés en 2020 à l’IEDOM qui assure le secrétariat de la commission de surendettement. Ce nombre est en baisse de 15 % sur un an, en raison des restrictions de déplacement pendant la période de confinement. Le montant des dettes est inférieur à 16 000 euros pour la moitié des dossiers.

Sur ces dernières années, le nombre de ménages surendettés réunionnais évolue autour de 1 200 dossiers par an. Leur part dans la population est plus faible à La Réunion qu’en métropole, alors que la population y est plus pauvre. Ce paradoxe apparent peut s’expliquer par des spécificités socioculturelles réunionnaises (notamment une solidarité familiale ou communautaire plus forte). Par ailleurs, les ménages à faibles revenus, plus nombreux à La Réunion, ont moins accès au crédit bancaire (qui nécessite un minimum de solvabilité) majoritairement présent dans les situations de surendettement.

- Moins d’accumulation de crédits à la consommation, mais plus de difficultés face aux charges courantes -

Si le nombre de dossiers progresse peu ces dernières années, les situations qu’ils dépeignent évoluent. On constate notamment une baisse des situations de surendettement liées à l’accumulation de crédits à la consommation depuis dix ans. En 2020, 58 % des dossiers présentent au moins une dette à la consommation à La Réunion, contre 78 % en 2011. Dans l’Hexagone cette proportion est plus élevée (74 % en 2020), en baisse également sur dix ans. Ces évolutions reflètent les actions menées pour réduire le risque de surendettement par les crédits à la consommation (lois Lagarde 2010 et Hamon 2014).

En revanche, les dettes de charges courantes sont en hausse, révélant des difficultés accrues pour certains ménages à faire face aux charges de la vie quotidienne. Ces dettes (loyers impayés, impôts, factures etc.) sont présentes dans 9 dossiers de surendettement sur 10 en 2020. L’endettement moyen lié à ces dettes a doublé depuis 2011 passant de 3 700 euros à 7 500 euros en 2020.

- La typologie des ménages surendettés témoigne de la vulnérabilité d’une partie de la population -

Au fil des années, la procédure de surendettement se concentre sur des personnes plus fragiles financièrement. Ceci est plus marqué à La Réunion, reflétant une plus grande précarité de la population. La proportion de chômeurs parmi les personnes surendettées est ainsi deux fois plus élevée sur l’île que sur l’Hexagone (49 % contre 26 % en 2020) à l’image du taux de chômage global. Cette situation se reflète sur les capacités de remboursement : 63 % des ménages surendettés réunionnais n’ont ainsi aucune capacité de remboursement en 2020, contre 50 % en métropole.

Cette fragilité financière concerne par ailleurs davantage les femmes seules qui représentent 45 % des ménages surendettés à La Réunion (dont 27 % des mères seules avec enfant contre 18 % en métropole) contre 29 % pour les hommes seuls et 22 % pour les couples.

Plus de détail ici

Pour rappel, l'Iedom assure le rôle de banque centrale dans les cinq départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), ainsi que dans les collectivités de Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint Barthélemy et Saint-Martin, dont la monnaie est l’euro. Société immatriculée au RCS Paris, il exerce ses missions de banque centrale " au nom, pour le compte et sous l’autorité de la Banque de France ". L'Iedom exerce également des missions de service public qui lui ont été confiées par l’État. Par ailleurs, il assure le rôle d’observatoire économique et financier des économies ultramarines.
 

   

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