Des records inquiétants :

Dengue : une épidémie qui dure depuis trois ans déjà


Publié / Actualisé
La dengue connaît des chiffres inédits sur l'île. Avec une reprise épidémique pourtant plus lente qu'en 2019 et 2020, le virus du moustique atteint des pics inquiétants avec près de 2.000 cas hebdomadaires et des formes sévères aggravées. Les médecins de l'ouest le disent, ils sont débordés face à une épidémie qui ne cesse de grandir depuis 2018. Retour sur l'évolution d'un virus désormais bien ancré à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La dengue connaît des chiffres inédits sur l'île. Avec une reprise épidémique pourtant plus lente qu'en 2019 et 2020, le virus du moustique atteint des pics inquiétants avec près de 2.000 cas hebdomadaires et des formes sévères aggravées. Les médecins de l'ouest le disent, ils sont débordés face à une épidémie qui ne cesse de grandir depuis 2018. Retour sur l'évolution d'un virus désormais bien ancré à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

La dengue est tenace sur le département et il semble désormais acté par la population qu'il faut vivre avec les opérations de démoustication et les répulsifs à utiliser quotidiennement… Les chiffres le prouvent, cette année l'épidémie est plus violente.

• Des pics jamais atteints en 2021

Preuve en est avec les chiffres du mois. Du 10 au 16 mai, ce sont 2.074 cas de dengue qui ont été recensés. C'est la première fois que la barre des 2.000 cas hebdomadaires est franchie. Et du 17 au 23 mai, ce sont un décès et 1.949 cas qui ont été confirmés.

 

Le début d'année avait pourtant commencé plus doucement que les années précédentes : 134 cas ont été recensés en janvier, puis 438 en février. Un démarre épidémique plus lent qu'en 2019 et 2020 où en février par exemple, ce sont respectivement 764 et 534 cas qui avaient été recensés.

Mais l'épidémie a explosé au mois de mars, alors que celle du Covid-19 gagnait elle aussi du terrain. 2.658 cas ont été recensés ce mois-ci, contre moins de 1.400 en mars 2020, le confinement de l'an dernier ayant sans doute joué sur les chiffres. Hausse exponentielle en avril où 7.165 cas ont été enregistrés, contre 3.944 en avril 2020.

Lire aussi - Dengue : l'autre épidémie qui frappe La Réunion

Le pic épidémique est-il atteint ? Les autorités ne savent pas encore le dire, mais il faut l'espérer, au regard des chiffres enregistrés ces deux dernières années. Une fois le mois de mai passé, les courbes n'ont fait que descendre.

• Une épidémie en route depuis 2018

Ce qui est certain cependant c'est que l'épidémie ne faiblit pas. Présente sur le territoire depuis le début des années 2000, la dengue circule de façon active depuis plus de trois ans maintenant.

C'est en 2012 que le virus de la dengue émerge à nouveau, lui qui n'avait pas circulé sur l'île depuis 2004. Le premier cas autochtone a été recensé en mars 2014 à La Réunion, le début d'une propagation difficile à contrôler.

Début 2018 la hausse des cas est bien réelle, après plusieurs montagnes russes. Dans toutes les têtes, marquées par le chikungunya, on craint "un deuxième chik". Alors que les autorités se mobilisent pour tenter de contrer le virus, la circulation de la dengue se confirme peu à peu. Une circulation qui ne s'était pas vue depuis 1978. Le 27 mars 2018, le préfet de l'époque, Amaury de Saint-Quentin, décrète le statut d'épidémie sur le territoire.

A ce moment-là, le niveau 3 du dispositif ORSEC est déclaré pour une épidémie déclarée de "faible intensité". Il ne fallait pas que la dengue surpasse l'hiver… ce fut un échec. 2018 marque donc le début d'un cycle épidémique qui ne s'est jamais arrêté et qui continue depuis, à des intensités variées, reprenant de plus belle lors de chaque été.

En avril 2019, c'est la première fois que plus de 1.000 cas sont dépassés en une semaine. Un nouveau record pour la dengue. Plus tard au mois de juin, la Métropole sera confrontée à ses premiers cas de dengue en région Provence-Alpes-Côtes d'Azur (Paca). De quoi inquiéter les autorités locales.

• Trois sérotypes en circulation

La fin de l'année 2019 amène avec elle un deuxième "type" du virus, appelé sérotype. Désormais les types 1 et 2 de la maladie circulent dans l'île et l'on peut être atteint deux fois par la maladie. A ce moment-là, depuis le début de l'épidémie en 2018, l'ARS dénombre plus de 75.000 personnes contaminées par la dengue. 20 malades sont décédés.

Puis le 24 décembre, drôle de cadeau de Noël : le sérotype 3 est détecté sur l'île, alors que quatre sont en circulation dans le monde. C'est toujours le cas cette année. Fin 2020, l'ARS dénombre 16.011 cas positifs confirmés dans l'année.

• Des formes sévères inquiétantes

Ce qui inquiète plus que jamais les autorités sanitaires et les médecins, ce sont les apparitions complications liées à la dengue. D'abord à partir de juillet 2020, des problèmes de vue ont été identifiés chez des patients. Les malades témoignent alors de perte brutale et sévère de l'acuité visuelle, ou encore d'apparition de taches noires.

Début mai, on parle pour la première fois de "choc de dengue", forme particulièrement sévère du virus, jamais observée jusqu'ici à La Réunion. Une complication pouvant être mortelle, qui provoque de l'hypotension, des malaises, parfois des crises de tachycardie. Dans ce cas, le corps ne fonctionne plus.

Alors que l'on compte 12 morts depuis le début de l'année, une mortalité plutôt stable comparée aux bilans précédents, l'inquiétude monte dans les hôpitaux, notamment le CHOR, alors que 70% des cas de dengue sont regroupés dans l'ouest.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

5 Commentaire(s)

Alienor, Posté
Je constate que la dengue s'est développée depuis la diminution de la fréquence du passage des poubelles...
Cousin, Posté
il y a beaucoup de gros dégueulasses qui jettent tout dans les ravines ou en bord de route,la dengue les remercie.je suis dégoutté par l humain makote.
John , Posté
L'ARS peu dire pleins choses comme des mensonges aussi vous êtes parti sur le terrain pour faire les comptes '
Missouk, Posté
L'ARS ne fait à peu près que relayer des chiffres.Son action concrète sur le terrain : démoustication, lâchers de moustiques stériles est quasi inexistante. Ce sont souvent les communes qui mettent en place des actions. Il serait quand même grand temps que ça bouge...
John , Posté
C'est des chiffre transmis par des Gaulois normal lol Que des mensonges pour faire peur à la population et remplir les poches des docteurs souvent des Gaulois, des pharmacies souvent des Gaulois, des laboratoires pharmaceutiques qui appartiennent et des élus complices.Il faut arrêter avec tous ces médicaments chimiques dans notre corp et en plus qui est fabriqué par des entreprises privés qui sont là pour faire de l'argent sur la tête des gens lol Les gens qui sont cons consomment des médicaments et les gens qui sont intelligents lol consomment des tisane ou autres...