Les médecins généralistes désormais autorisés à le prescrire :

Sida : la Prep, le traitement préventif pour éviter la contamination


Publié / Actualisé
Depuis le 1er juin 2021, les médecins généralistes sont autorisés à prescrire de la prophylaxie pré-exposition, plus connue sous le diminutif "PreP". Administré comme traitement préventif contre le sida, la Prep était jusqu'ici uniquement prescrite en hôpital et dans les centres de prévention des infections sexuellement transmissible. Elle est désormais plus facilement accessible. Mais la PreP, c'est quoi exactement ?
Depuis le 1er juin 2021, les médecins généralistes sont autorisés à prescrire de la prophylaxie pré-exposition, plus connue sous le diminutif "PreP". Administré comme traitement préventif contre le sida, la Prep était jusqu'ici uniquement prescrite en hôpital et dans les centres de prévention des infections sexuellement transmissible. Elle est désormais plus facilement accessible. Mais la PreP, c'est quoi exactement ?

Le traitement existe depuis la fin des années 2000, mais n'a commencé à être prescrit en France en 2016 seulement. "C'est un traitement préventif, qui permet d'éviter une contamination au VIH. Il est efficace à 100%, si le traitement est suivi correctement" détaille Johnny Mézino, intervenant au Planning familial 974.

Peu connu du grand public, le traitement ne concerne pourtant pas que les publics dits "à risque". "Nous avons identifiés des populations plus exposées au VIH, notamment les personnes homosexuelles ou les travailleurs et travailleuses du sexe, mais la PreP peut être prise par n'importe quelle personne ayant des relations sexuelles à risque" indique Johnny Mézino. C'est-à-dire toutes les personnes ayant plusieurs partenaires et qui ne se protègent pas forcément à chaque rapport. Les personnes en couple avec une personne séropositive sont aussi concernées.

- Ce n'est pas un bouclier aux autres MST -

"Il faut par contre garder en tête que prendre la PreP n'est pas un pass pour ne pas se protéger : c'est un moyen de prévention parmi d'autres. Si elle protège du VIH, elle ne protège pas des autres infections et maladies sexuellement transmissibles" avertit l'intervenant. Les personnes sous traitement sont d'ailleurs suivies régulièrement par leur médecin et sont dépistées tous les trois mois.

"Ce suivi permet souvent d'entamer un processus de responsabilisation des patients. Beaucoup d'entre eux ne se faisaient pas forcément dépister régulièrement avant la PreP, et ne réalisaient pas forcément les risques à ne pas se protéger. A force de dépistages, ils réalisent que d'autres maladies existent, et qu'ils peuvent être contaminés. Ils finissent souvent par arrêter la Prep car ils ne prennent plus de risque" observe-t-il.

La PreP associe deux antirétroviraux contre le VIH : l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil. Ce médicament est commercialisé sous la marque Truvada et existe aussi en versions génériques. "Il y a deux façons de prendre le traitement : quotidiennement, ce qui est généralement l'option choisie par les patients bien qu'elle soit contraignante, soit en prévision d'un rapport à risque" explique Johnny Mézino. Le traitement comporte tout de même quelques effets secondaires durantt les premières semaines : nausées, maux de tête, fatigue.

La seconde option demande donc de prévoir un rapport, le traitement devant être pris 24 heures avant celui-ci. Dans ce cas, la personne devra prendre deux cachets la veille, un cachet le jour-même, un le lendemain, et un dernier le surlendemain. "Cela demande de l'organisation, c'est pour cela que l'on conseille généralement un traitement quotidien. Mais il faut le suivre correctement afin d'assurer son efficacité" souligne l'intervenant.

Le traitement reste cependant largement méconnu du public. "Je n'ai pas de réponse précise à pourquoi il n'est pas plus connu, mais je pense que le fait que certaines personnes aient l'impression que promouvoir la Prep signifie promouvoir des relations sexuelles non protégées a joué" avance Johnny Mezino, qui espère que cette nouvelle autorisation de prescription fera avancer les choses.

- Des chiffres encourageant à l'international -

"Plusieurs indices semblent montrer que la Prep a eu un effet sur la baisse des contaminations : à San Francisco, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 49 % entre 2012 (année où la Prep a été autorisée aux États-Unis) et 2016 ; au Royaume-Uni, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 18 % entre 2015 et 2016. Cette baisse est encore plus impressionnante chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à Londres : - 29 %" affirme en tout cas l'association Aides, qui lutte contre le VIH.

"Dans ces deux cas, la baisse du nombre de découvertes de séropositivité au VIH est inédite dans l’histoire de la maladie. Il est probable qu’elle soit également imputable à un meilleur dépistage et aux traitements des personnes vivant avec le VIH qui empêchent la transmission du virus et qui sont prescrits de plus en plus rapidement après le diagnostic. En France, l’étude ANRS-Prévenir qui a débuté en 2017 a justement pour objectif d’évaluer l’efficacité de la Prep sur la dynamique de l’épidémie en Île-de-France" précise l'association. "Chez les personnes recevant un traitement continu de Truvada® pendant plusieurs années, on a pu observer une fréquence faible des altérations de la fonction rénale ou de la densité minérale osseuse" rajoute le média spécialisé VIH.

A La Réunion, ce sont 1.025 personnes qui étaient diagnostiquées séropositives en 2019. "Il faut d'ailleurs noter que depuis l'apparition du Covid-19, les Réunionnais.es se font moins dépister contre le VIH et les différentes MST et IST. On peut aussi ajouter à cela un certain désintérêt dans la prévention depuis la baisse du nombre d'infections" regrette Johnny Mézino. Et pourtant, le VIH est toujours là.

La communauté internationale se donne pour objectif d'avoir enrayé le virus d'ici 2030. "Pour l'heure, il me semble que seule l'Australie maintient ses objectifs. En France, on est loin de les avoir atteints" explique l'intervenant. "En tout cas, maintenant que les médecins généralistes peuvent aussi préscrire le traitement, on peut espérer une généralisaiton de celui-ci : il est plus facile pour certains de s'adresser à un médecin connu plutôt qu'à un centre de prévention" conclut-t-il.

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Fafa, Posté
Envoyer la bonne nouvelle au pr Raoult il peut garder espoir pour l' HCQ + MACROlide pour dans 20 ans Merci a notre leader MACROLIDE II