C'est le taux le plus bas des Outre-mer :

Un Réunionnais sur dix présente un syndrome ou état dépressif


Publié / Actualisé
En 2019, avant le début de la pandémie de Covid-19, 11 % des habitants de La Réunion de 15 ans ou plus présentent un syndrome ou état dépressif : 7 % un syndrome modéré et 4 % un syndrome sévère, tout comme en France métropolitaine, indique l'Insee dans une étude publiée ce mardi 29 juin 2021. Dans les autres départements et régions d'outre-mer (Drom), l'état dépressif est nettement plus répandu. En particulier, les syndromes dépressifs sont deux fois plus fréquents à Mayotte. Nous publions l'étude complète ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
En 2019, avant le début de la pandémie de Covid-19, 11 % des habitants de La Réunion de 15 ans ou plus présentent un syndrome ou état dépressif : 7 % un syndrome modéré et 4 % un syndrome sévère, tout comme en France métropolitaine, indique l'Insee dans une étude publiée ce mardi 29 juin 2021. Dans les autres départements et régions d'outre-mer (Drom), l'état dépressif est nettement plus répandu. En particulier, les syndromes dépressifs sont deux fois plus fréquents à Mayotte. Nous publions l'étude complète ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les Réunionnais sont moins affectés que les autres domiens par les neuf symptômes de la dépression. Seuls les Guadeloupéens présentent une prévalence plus faible pour l’envie de se faire du mal, ou équivalente pour d’autres symptômes comme les troubles de l’appétit. La fatigue et le manque d’énergie sont les symptômes les plus fréquents, évoqués par 17 % de la population réunionnaise. De plus, 10 % estiment s’être sentis " tristes, déprimés ou désespérés " dans les deux semaines précédant l’enquête. De même, 10 % des Réunionnais déclarent avoir eu " peu d’intérêt ou de plaisir à faire les choses " sur cette même période.

 

Les personnes souffrant d’un syndrome dépressif n’ont pas forcément conscience de leur état. Ainsi, seuls 37 % des Réunionnais en état dépressif sévère reconnaissent avoir connu une dépression au cours des 12 derniers mois. C’est le cas de 13 % de ceux en état dépressif modéré.

- L’état de santé général, le premier facteur lié aux états dépressifs -

L’état de santé général des personnes est le facteur le plus fortement associé à leur santé mentale, toutes choses égales par ailleurs Pour comprendre. Ainsi, 37 % des Réunionnais se déclarant en mauvaise santé présentent un syndrome dépressif, contre 9 % de ceux se déclarant en bonne santé. En particulier, le fait d’être limité dans ses activités quotidiennes par des douleurs physiques ou un handicap est souvent associé à un état de santé mentale dégradé : 30 % des Réunionnais porteurs de handicap ou souffrant de douleurs invalidantes présentent les symptômes de la dépression.

L’intérêt que les personnes perçoivent de leur entourage est par ailleurs significativement lié au fait de présenter un syndrome dépressif : le risque pour une personne d’être affectée par un trouble dépressif est d’autant moins élevé qu’elle perçoit de l’intérêt de son entourage.

La vie en couple a également un lien significatif avec la santé mentale. Ainsi, 8 % des Réunionnais vivant en couple sont concernés par un syndrome dépressif modéré ou sévère, contre 14 % de ceux ne vivant pas avec un partenaire. Vivre seul accroît en effet les risques d’anxiété et de troubles de l’humeur [Jacob et al, 2019]. Les personnes ne vivant pas en couple évoquent notamment plus souvent des troubles du sommeil et une tristesse importante.

Les personnes en situation de maigreur ou au contraire d’obésité souffrent d’une santé mentale plus dégradée : 20 % des Réunionnais en état de maigreur et 15 % de ceux en situation d’obésité sont concernés par un syndrome dépressif, contre 8 % de ceux de corpulence dite normale. Le trouble de l’appétit est en effet un symptôme de la dépression. La qualité de l’alimentation est par ailleurs reliée à une diminution du risque de dépression [Bugaud, 2019].

Les personnes pauvres, faisant partie des 40 % de Réunionnais aux revenus les plus faibles, sont deux fois plus concernés par les syndromes dépressifs (15 %) que les plus aisés. Le symptôme le plus courant chez les plus pauvres est le trouble du sommeil, en lien avec des conditions de vie et de logement plus défavorables : 18 % des personnes pauvres en ont souffert au moins la moitié des jours dans les deux semaines précédant l’enquête, contre 12 % des plus aisés. Vient également la fatigue et le manque d’énergie (18 %). Ces symptômes sont d’ailleurs les plus fréquents chez les plus aisés (16 %), qui exercent plus fréquemment un emploi.

Si le chômage est fréquemment associé à une santé mentale plus dégradée [Blasco, 2016], la situation de recherche d’emploi ne ressort cependant pas comme un facteur significativement lié aux états dépressifs à La Réunion, contrairement au niveau de vie. Le chômage touche une part importante de la population à La Réunion (21 % en 2019, contre 8,4 % au niveau national).

Par ailleurs, un quart des Réunionnais ayant subi un accident important au cours des 12 mois précédant l'enquête sont concernés par un syndrome dépressif, en lien avec les séquelles ou le traumatisme de cet accident. Ils évoquent notamment bien plus fréquemment une perte d’intérêt (24 %) et des troubles du sommeil (24 %). Ils sont également bien plus nombreux à avoir envisagé de mourir ou de se faire du mal au moins quelques jours durant les deux semaines précédant l’enquête (16 %).

- Les femmes et les personnes âgées davantage concernées par la dépression -

En 2019, 10 % des Réunionnais et 12 % des Réunionnaises présentent un syndrome de la dépression. La prévalence de ces troubles est plus importante chez les femmes que chez les hommes à chaque âge, sauf entre 35 et 49 ans. En particulier, les jeunes femmes et les femmes plus âgées sont bien plus concernées que les hommes aux mêmes âges.

Les personnes de 25 à 34 ans sont moins touchées par la dépression (3 % des hommes et 5 % des femmes). La prévalence augmente au contraire fortement chez les plus âgés : 16 % des hommes et 18 % des femmes de 75 ans ou plus sont concernés.

Les femmes et les personnes âgées sont plus touchées par la dépression car elles présentent plus souvent des caractéristiques la favorisant. Les personnes âgées sont ainsi plus fortement limitées par des douleurs physiques : 33 % des 75 ans ou plus sont concernés. Elles vivent également plus fréquemment seules : c’est le cas de 36 % des Réunionnais de 75 ans ou plus, contre 28 % des 65-74 ans et moins de 10 % des moins de 50 ans. Les femmes sont quant à elles par exemple plus souvent en état de maigreur (7 %) ou d’obésité (20 %) que les hommes (respectivement 5 % et 12 %).

- Un plus fort recours aux soins pour les personnes dépressives -

Le recours aux professionnels de santé est plus important pour les habitants de l’île présentant un syndrome dépressif. Dans l'année précédant l'enquête, ces derniers ont en moyenne eu recours à 60 % de consultations de plus chez un médecin généraliste ou spécialiste que les Réunionnais ne déclarant aucun syndrome dépressif.

Par ailleurs, une personne sur cinq présentant un syndrome sévère a consulté un professionnel de la santé mentale (psychologue, psychothérapeute ou psychiatre) au cours de cette même période. C’est quatre fois plus que pour les personnes sans syndrome. Mais si les Réunionnais souffrant d’un syndrome dépressif sévère consultent plus que les autres, ils sont aussi plus nombreux à renoncer à des soins, signe qu’ils auraient besoin de plus de consultations encore. En effet, 49 % des Réunionnais souffrant d’un syndrome dépressif sévère indiquent avoir renoncé à des soins dont ils avaient pourtant besoin dans l’année précédant l’enquête. C’est le cas de seulement 24 % des personnes sans syndrome dépressif. Le manque d’énergie est fréquemment associé au fait de renoncer à des soins : 20 % des personnes renonçant à des soins déclarent ce symptôme, contre 16 % de celles n’y renonçant pas.

Au niveau des raisons évoquées, 21 % des Réunionnais souffrant d’un syndrome dépressif sévère indiquent avoir renoncé à se soigner pour une question de transports, contre 5 % des personnes sans syndrome ou avec un syndrome modéré. Ceci pourrait notamment être dû au fait que les états dépressifs sont liés au niveau de vie : 46 % des Réunionnais souffrant d’un syndrome dépressif sévère sont pauvres, contre 38 % de ceux sans syndrome. Ils sont donc potentiellement plus fréquemment sans moyen de transport personnel, ce qui limite les déplacements, notamment pour ceux vivant dans les Hauts de l’île.

Les personnes dépressives renoncent également plus fréquemment à des soins pour des questions financières, ce qui est notamment fréquent pour les soins dentaires. Ainsi, 15 % des Réunionnais en état dépressif modéré ou sévère ayant eu besoin de ce type de soins y ont renoncé dans l’année précédant l’enquête, contre 10 % des personnes sans syndrome. De même, 9 % des personnes en état dépressif ont renoncé à des consultations ou à des soins médicaux (médecins généralistes ou spécialistes, chirurgiens, etc.) par manque de moyens, contre 4 % des personnes sans syndrome.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Jo97456, Posté
Normal que quasiment personne ne déprime. Quand on ferme les yeux sur l'alcoolisme, la drogue, l'errance animale, l'obésité, les violences conjuguales, l'environnement.... On en peut que bien se sentir. Mais si on creuse un peu, c'est la cata.
Bien vu Chaban, Posté
49 % des électeurs doivent sortir du fénoir. Toute vérité est bonne à dire.
CHABAN, Posté
Et pourtant 49% des votants ont voté pour robert. N'y a-t-il pas un problème IMAZ '