Lutte contre la dengue :

Moustiques stériles : un nouvel insectarium inauguré à Sainte-Clotilde


Publié / Actualisé
L'institut de recherche pour le développement (l'IRD) a inauguré ce mardi 29 juin 2021 un nouvel insectarium, adapté à une production locale de moustiques mâles stériles à une plus grande échelle, dans le but de réduire le nombre de cas de dengue à La Réunion. Un nouveau lâcher de moustiques stériles est prévu à Sainte-Marie à partir du 22 juillet 2021 (Photo jb/www.ipreunion.com)
L'institut de recherche pour le développement (l'IRD) a inauguré ce mardi 29 juin 2021 un nouvel insectarium, adapté à une production locale de moustiques mâles stériles à une plus grande échelle, dans le but de réduire le nombre de cas de dengue à La Réunion. Un nouveau lâcher de moustiques stériles est prévu à Sainte-Marie à partir du 22 juillet 2021 (Photo jb/www.ipreunion.com)

L’institut de recherche pour le développement (l'IRD) s'est installé au Cyroi (cyclotron réunion océan indien), à Sainte-Clotilde et s'est doté d’un insectarium d’élevage de 84 m2, disposant de quatre salles dédiées aux différentes phases d’élevage. Le dispositif est financé par l’État, la Région et l’Union européenne sur les fonds européen de développement régional (FEDER) pour un montant de 422.000 euros.

A l'intérieur, les larves mâles sont séparées des moustiques femelles : "nous n'allons garder que les moustiques mâles pour notre étude, les femelles seront éliminées", affirme Pascale Chabanet, représentante de l’IRD de La Réunion. Après cette séparation, les moustiques vont être stérilisés par radiation. Ils sont ensuite nourris, blanchis et logés au sein de l'insectarium, en attendant leur relâchement dans la nature. "Ils se nourrissent essentiellement de sucre et de sang. Pour cela nous avons du sang de bœuf". Découvrez l'insectarium en images :

- Lâcher de moustiques le 22 juillet 2021 -

Un nouveau lâcher de moustiques stériles aura ensuite lieu dans le quartier Duparc à Sainte-Marie à partir du 22 juillet 2021. Chaque semaine, ce sont plus de 150.000 moustiques stériles mâles qui seront relâchés, pendant 12 mois.

L'objectif de cette étude n’est pas l’élimination totale du moustique tigre, mais il s’agit de diminuer sa population de telle sorte qu’elle ne constitue plus une menace pour la santé et la sécurité des habitants sur la zone traitée, indique l'IRD.

Le ratio est de de dix mâles stériles relâchés pour un mâle sauvage présent dans la nature, et la quantité de moustiques à relâcher sera ajustée en fonction de la densité de population observée selon la saison. Le mois de juillet a été choisi car la population de moustiques tigres sauvages est habituellement moins dense en hiver austral.

Cette étude nécessite une organisation bien particulière. "Il est important de rappeler que seules les moustiques femelles piquent. En stérilisant les moustiques mâles, à l'aide de la méthode de la radiation par rayon X, nous allons réduire la transmission de la dengue. Le moustique stérile se reproduira en effet avec la femelle qui fera des œufs qui ne verront jamais le jour. La femelle deviendra quant à elle moustique toute sa vie. Cette méthode permet alors de réduire la reproduction de moustiques", présente Louis-Clément Gouagna, le directeur de recherche sur le projet TIS (technique de l'insecte stérile). A savoir qu'une femelle peut pondre plus de 100 œufs par portée. Louis-Clément Gouagna explique le procédé, regardez :

Après le lâcher de moustiques stériles, l’équipe de chercheurs procèdera ensuite à l’évaluation de la population de moustiques, de manière régulière, afin de comparer avec les relevés des précédentes années en fonction de la capacité de survie et de dispersion des mâles stériles mais aussi du taux de stérilité induite dans la population naturelle de moustiques femelles.

Les résultats de cette phase du projet TIS seront restitués fin 2022, après la période des 12 mois consécutifs de lâchers et une phase d’analyse des données.  

- Une méthode complémentaire -

Martine Ladoucette, la directrice de l’agence régionale de santé (ARS) de La Réunion a tenu à rapeler que cette méthode ne pourra pas entièrement éradiquer le moustique tigre, et donc l'épidémie de la dengue. "Il faut continuer notre travail, c'est une mesure qui viendra en complément des méthodes déjà effectuées", note cette dernière.

Si l’efficacité de la technique TIS classique est prouvée en milieu naturel, celle-ci pourra venir en complément des méthodes de lutte anti-vectorielle actuellement mises en place par les autorités sanitaires.

 jb/www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Mayaqui , depuis son mobile , Posté
C'est trop lent à mon avis '. Faut augmenter les capacités et foncer !!! Les populations vont continuer à être malade et mourrir pendant que vous agissez comme des rêveurs !!!!
Oté, Posté
Une mise en place tellement lente. Une compétence locale pas très représentative. Partout ailleurs dans le monde la stérilisation se fait beaucoup plus vite.
Missouk, Posté
Enfin des bonnes nouvelles !