La procréation médicalement assistée reste inaccessible aux personnes transgenres :

Loi bioéthique : une victoire en demi-teinte pour les militant.e.s


Publié / Actualisé
Ce mardi 29 juin 2021, l'Assemblée nationale a voté en faveur du projet de loi bioéthique, qui permet entre autres l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes homosexuelles et les femmes seules. S'il s'agit sans aucun doute d'une grande avancée en faveur de l'égalité d'accès aux droits, la victoire reste tout de même incomplète aux yeux de nombreuses associations de lutte pour les droits LGBTQIA+.
Ce mardi 29 juin 2021, l'Assemblée nationale a voté en faveur du projet de loi bioéthique, qui permet entre autres l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes homosexuelles et les femmes seules. S'il s'agit sans aucun doute d'une grande avancée en faveur de l'égalité d'accès aux droits, la victoire reste tout de même incomplète aux yeux de nombreuses associations de lutte pour les droits LGBTQIA+.

Plusieurs mesures phares ont en effet été supprimées du texte de loi final, notamment l'accès à la PMA pour les personnes transgenres, et la fin des mutilations génitales des enfants intersexes (personnes nées avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques de "femme" et "homme" ; ndlr). "Si c'est une grande avancée, j'avoue être choqué.e par le retard de la France face à l'accès à la PMA" s'étonne Brandon Gercara, artiste et miltant.e réunionnais.e.

En effet, la PMA pour toutes les femmes est possible dans plusieurs pays de l'Union européenne depuis plusieurs années déjà. Jusqu'ici, les couples lesbiens ou les femmes seules se rendaient généralement en Espagne, en Belgique ou encore au Danemark pour pouvoir bénéficier de la PMA. "La loi française était clairement lesbophobe (discrimination contre les femmes lesbiennes ; ndlr), je suis forcément content.e que la loi a été votée. Pour autant, on est aujourd'hui sur une loi qui est transphobe" observe Brandon Gercara.

Des amendements pour inclure les hommes transgenres avaient pourtant été déposés par des députés de la majorité, ainsi que des députés socialistes et "insoumis". Cette possibilité a finalement été rejetée par l’Assemblée nationale en septembre 2019. Les femmes transgenres ne pourront par ailleurs pas donneur leurs gamètres. "Il n'y absolument rien qui justifie cette décision, à part de la transphobie. Les hommes transgenres peuvent biologiquement porter leur enfant, pourquoi leur empêcher de le faire ?" s'interroge le/la militant.e.

Un avis partagé par une partie des associations de défenses des personnes LGBTQIA+. "Même si une partie des personnes queers de France respire mieux ce soir, nombreux-ses sont celles qui se voient encore refuser l'accès à la parentalité, notamment les personnes trans, qui figurent parmi les grandes perdantes du projet de loi" note en effet l'association locale Orizon sur ses réseaux sociaux.

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- Mutilations sur les enfants intersexes -

Autre sujet qui fâche : les mutilations génitales des enfants intersexes. Nés avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques de "femme" et "homme", ils subissent souvent des opérations chirurgicales pour leur assigner un genre défini. D'après certaines associations de défense des personnes intersexes, l'âge moyen de cette opération est de 9 mois. " Les personnes intersexes n'ont toujours pas récupéré la souveraineté sur leur corps. Les chirurgies normatives mutilantes pourront donc continuer sur des bébés et des enfants" s'indigne Orizon.

Au niveau local, l'unique élu à avoir voter en faveur du projet de loi est la députée Karine Lebon. "Je suis très satisfaite de la loi que nous avons votée, bien que je regrette que les mutilations des enfants intersexes ne fasse pas partie de celle-ci, je suis en faveur de cette interdiction" indique-t-elle. Concernant les personnes transgenres, la députée élude cependant la question, indiquant uniquement qu'elle "comprend que certaines associations soient déçues".

La plupart des autres député.e.s de La Réunion se sont abstenu.e.s. David Lorion et Nathalie Bassire, eux, ont voté contre ce projet de loi. Rien d'étonnant pour la seconde, celle-ci ayant participé à la marche du collectif Liberté, égalité, paternité, farouchement opposé à l'ouverture de la PMA aux femmes lesbiennes.

- Le combat n'est pas terminé -

Et si la loi a en effet été votée, elle n'est pour l'heure pas officielle. Des recours ont en effet été déposés de la part de députés Les Républicains auprès du conseil constitutionnel pour tenter de bloquer le projet, qui avait d'ailleurs été rejeté en bloc par le Sénat. Ces recours retardent désormais la proclamation de la loi, chose que le Président Emmanuel Macron est supposé faire dans les quinze jours suivant le vote.

C'est seulement après cela que la loi pourra être publiée au Journal officiel. Une fois tout ce procesus terminé, la PMA sera enfin accessible aux femmes lesbiennes ou seules. D'autres mesures discriminantes ont par ailleurs été supprimées, notamment l'obligation pour les hommes homosexuels de ne pas avoir de rapports sexuels pendant quatre mois afin de pouvoir faire don de leur sang. A leur majorité, des enfants nés de PMA auront par ailleurs accès à des données non identifiantes (âge, caractéristiques physiques, etc.) du donneur et, s'ils le souhaitent, à son identité. A l'avenir, un donneur de sperme devra obligatoirement accepter que son identité puisse un jour être révélée à l'enfant né de ce don.

En attendant, la loi reste en suspens.

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as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Neurone 974, Posté
" En effet, la PMA pour toutes les femmes est possible dans plusieurs pays de l'Union européenne depuis plusieurs années déjà. "Gratuitement 'L'homosexualité ou toutes les autres sexualités ne sont pas des maladies. Pourquoi en France l'assurance maladie va-t-elle prendre en charge ces PMA ' Est-ce qu'elle les prend en charge pour des hétérosexuels qui veulent procréer sans avoir de rapport sexuel '
Jose, Posté
Notre civilisation continue à sombrer dans la profonde déliquescence !