Tribune libre de parlementaires Réunionnais :

Situation inquiétante face aux traitements des déchets dangereux


Publié / Actualisé
Madame la ministre de la transition écologique, nous avons été alertés par différents acteurs de La Réunion sur la situation inquiétante relative à la collecte et au traitement des déchets dits dangereux sur notre territoire. Suite aux crises successives que nous avons connues depuis fin 2018, nous assistons impuissants à une dérégulation du trafic maritime : ports saturés ou fermés, équipages contaminés, priorisation des marchandises de première nécessité, etc. Le nombre de rotations de bateaux depuis La Réunion a été diminué.
Madame la ministre de la transition écologique, nous avons été alertés par différents acteurs de La Réunion sur la situation inquiétante relative à la collecte et au traitement des déchets dits dangereux sur notre territoire. Suite aux crises successives que nous avons connues depuis fin 2018, nous assistons impuissants à une dérégulation du trafic maritime : ports saturés ou fermés, équipages contaminés, priorisation des marchandises de première nécessité, etc. Le nombre de rotations de bateaux depuis La Réunion a été diminué.

Les impacts sont considérables puisque toute la filière de traitement des déchets est aujourd’hui menacée. Comme vous le savez, la réglementation internationale sur les déchets dangereux est très stricte. Sur un territoire insulaire exigu comme le nôtre, elle engendre d’énormes contraintes avec des opérateurs uniques en bout de chaîne.

D’une part, une seule entreprise privée s’occupe de la récupération et du stockage des déchets dangereux à La Réunion. Elle assure quasiment une mission de service public alors que son financement reste principalement issu de prestations commerciales (collectivités locales, écoorganismes, clients privés).

D’autre part, nous souffrons d’une totale dépendance au fret maritime vers les pays de l’OCDE, majoritairement les pays européens. Une seule compagnie maritime accepte le transport de ces déchets depuis La Réunion, ce qui la place en situation de “monopole”. Aujourd’hui, nous constatons malheureusement la criticité de la situation. Les compagnies maritimes rencontrent de véritables difficultés à charger les conteneurs de déchets dangereux compte tenu des incertitudes pour garantir une ligne maritime fiable liée à la situation sanitaire mondiale.

En conséquence, les stocks de déchets dangereux s’accumulent et atteindront bientôt leur capacité maximale prévue pour les sites ICPE. Cela fragilise ainsi leur collecte auprès des déchetteries intercommunales et des entreprises. Si une demande de hausse rapide des capacités de stockage a été proposée, celle-ci se heurte néanmoins à une obligation parallèle d’augmentation des capacités de sécurité incendie. Nous avons pourtant besoin d’une dérogation en ce sens et de nouvelles zones de stockage temporaires.

Madame la ministre, la situation problématique dans laquelle se trouve notre île est sans doute due à une impréparation autant locale que nationale. C’est donc collectivement que nous devons trouver des solutions car l’avenir, et notamment la fin prévue des véhicules thermiques, aura comme conséquence la hausse du nombre de batteries de véhicules électriques à exporter. Alors qu’on vise la sécurité énergétique et alimentaire, nous avons omis l’autonomie de gestion des déchets.

Nous comptons donc sur votre plein soutien pour accompagner dans l’urgence notre territoire. Nous sollicitons donc un entretien avec vous, le ministre des Outre-mer, le ministre délégué chargé des transports et les parlementaires de La Réunion dès cette semaine pour travailler ensemble sur les solutions pour notre territoire.

   

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