Un phénomène classique en début de saison :

Les baleines à bosse encore très discrètes : pas d'inquiétude pour le moment


Publié / Actualisé
Depuis l'observation de la première baleine à bosse de la saison le 26 mai dernier, les nouveaux individus se font rare. Dans l'eau ce sont surtout les dauphins qui font le show. Pour les baleines, il faut encore être patient. L'association Globice ne s'inquiète pas et rappelle que le phénomène est classique en début de saison. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Depuis l'observation de la première baleine à bosse de la saison le 26 mai dernier, les nouveaux individus se font rare. Dans l'eau ce sont surtout les dauphins qui font le show. Pour les baleines, il faut encore être patient. L'association Globice ne s'inquiète pas et rappelle que le phénomène est classique en début de saison. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les premières observations de baleines autour de la fin mai ont laissé les Réunionnais.e.s penser que les géantes des mer étaient arrivées plus tôt cette année. Mais aujourd'hui, les baleines à bosse sont discrètes. Depuis sa première photo-identification de caudale le 29 mai dernier, Globice ne reçoit que de rares signalements. Le dernier remonte au jeudi 24 juin, vers Saint-Leu.

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Des individus sociables, faciles à approcher notamment dans l'ouest. Durant plusieurs jours, une baleine a attiré les curieux.ses au large de Saint-Gilles, avant de repartir vers les profondeurs marines. "Ces individus arrivent en précurseurs, ce sont souvent des juvéniles qui arrivent avant les autres" indique Jean-Marc Gancille, responsable sensibilisation de l'association.

- Un "creux" tout à fait classique -

Pour autant, "pas d'inquiétude" rassure-t-il. "Traditionnellement on observe un "creux" après le passage de ces premières baleines. C'est frustrant mais c'est habituel. Si cette phase de silence dure encore plus de 15 jours, oui là on pourrait peut-être commencer à s'inquiéter" avoue-t-il. Dans les rangs des fins observateurs de baleines, on remarque que lorsque les arrivées des géantes sont plus tardives, la saison s'annonce souvent meilleure... légende ou réalité, il faudra attendre encore quelques semaines pour le vérifier.

"Les gens se basent encore sur les années 2017-2018 qui peuvent pas être des années de référence, tant elles étaient exceptionnelles. En 2019 et 2020 nous avons eu finalement des saisons plutôt classiques" rappelle Jean-Marc Gancille. En moyenne Globice dénombre environ 90 individus par an.

- Des prévisions meilleures que l'an dernier -

Si les membres de Globice restent prudents dans leurs pronostics, ils observent leurs modèles statistiques avec attention et les prévisions semblent plutôt satisfaisantes. "On est un peu joueurs il faut le dire, mais en étudiant la présence de chlorophylle (ressource alimentaire du krill en Antarctique, la nourriture principale des baleines, ndlr) on obtient des tendances plutôt "meilleures" que l'année dernière" indique Jean-Marc Gancille. Si cette concentration en chlorophylle A est faible, 30 mois plus tard on peut s'attendre à ce que la fréquentation des baleines soit faible elle aussi.

Cette fréquentation plus forte, si elle se confirme, permettrait aux scientifiques de poser les fameuses balises Argos, visant à suivre la migration des baleines quand elles quittent La Réunion et repartent vers les côtes malgaches avant de gagner l'Antarctique. Depuis 2019 déjà, 15 balises devaient être posées : une seule a pu l'être cette année-là. Impossible de poser les 14 autres en 2020, car l'experte américaine censée les apporter a été bloquée à cause de la crise sanitaire. "Cette année rien ne s'y oppose. Il est indispensable qu'on avance dans le programme cette année, mais tout dépendra du nombre d'individus observés" indique Jean-Marc Gancille.

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mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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